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Menu de présentation dans Mila

Le jeu Mila Learn s’attaque aux troubles de l’apprentissage

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Anciennement nommée bMotion, l’entreprise Mila se destine à parfaire les outils venant en aide aux enfants rencontrant des difficultés dans l’apprentissage et le langage (troubles “DYS” ou TSLA). Ces difficultés résultent ainsi de troubles cognitifs dont l’appellation est les dys. Par exemple, comme difficulté, nous retrouvons la dyslexie, dispraxie et dysphasie notamment. Après une rencontre en Polytechnique en 2017, Kenneth Burns et François Vonthron lancent ce projet, mêlant équipes médico-scientifiques et développeurs de jeux vidéo. Avec près de 26 employés aujourd’hui, l’équipe de Mila travaille à distribuer très bientôt un logiciel sur tablette tactile, Mila-Learn. Ainsi, il viendrait amorcer une prise en charge rapide d’enfants porteurs des troubles dyslexiques (difficulté de lecture), dysphasiques (compréhension difficile de la parole ou du langage) ou dyspraxiques (coordination difficile des mouvements notamment).

Un enfant tenant une tablette et jouant à Mila Learn

Jouer pour lutter contre les troubles DYS

Culture vidéoludique et musicale

À l’aide d’une interface tactile et munie d’une écoute sonore, Mila-Learn espère assister une prise en charge des troubles TSLA, autrement dit “les troubles spécifiques du langage et des apprentissages”. En ligne de mire, c’est particulièrement la dyslexie qui est visée dans cette lutte. Les enfants âgés de 7 à 11 ans peuvent alors participer à des exercices quotidiens. Les défis comportent un suivi du rythme musical, la reconnaissance de certaines tonalités, la reproduction de mélodies, ou bien engage parfois l’enfant à s’exprimer oralement, voire à chanter.

Un petit cyclope nommé Bleu accompagne ces péripéties musicales, un avatar qui pourra revêtir des vêtements, un chapeau ou des accessoires pour en faire un élément personnalisable. Dans le village de Quinoa, les habitants Yuhen, Bonnie ou Joe ont été enlevés par Diabolus qui manifestement a perdu la tête. Cette intrigue suffit à développer un certain nombre de challenges, qui malgré tout n’ont pas grand-chose à voir avec un jeu vidéo.

Elodie Bernard, directrice marketing, rappelle ainsi que ces séances ne dépassent jamais plus de 25 minutes. Ainsi, elles ne sollicitent pas l’attention de l’enfant trop longtemps sur l’écran. Se définissant dans la gamme des jeux sérieux, Mila-Learn suit ainsi les recommandations qui encadrent les prises en charge d’orthophonie, pour lesquelles un exercice quotidien de 10 à 30 minutes est bienfaiteur. En outre, c’est aussi une manière de respecter les conseils de santé du CSA qui préconisent un temps d’écran inférieur à 30 minutes par jour pour cet âge.

D’un point de vue musical, l’application propose des mélodies inédites. Elles sont créées de toute pièce par l’équipe. Mais, il s’agit aussi de sonorités plus connues, dont l’entrée dans le logiciel a été permise par des partenariats avec de grands labels, entre autre Disney ou Kids United.

Plusieurs images présentant les parcours dans Mila Learn

Le faisceau arqué comme soudure du langage

En faisant appel à la culture musicale de l’enfant, et en apportant une innovation basée sur le ludisme, Mila-Learn espère ainsi provoquer l’engagement personnel de l’enfant. Réfléchi comme un outil totalement autonome, le logiciel n’a en effet pas besoin de la supervision d’un parent ou d’un professionnel. Des serveurs sécurisés s’occupent d’analyser les données, les prennent en compte pour les prochaines séances, afin de garantir une expérience évolutive et adaptative.

L’approche de Mila vers la musique a, certes, des vertus ludiques et artistiques, mais repose sur des recherches scientifiques. Les co-fondateurs assoient en effet le développement du logiciel sur les théories de Michel Habib, neurologue spécialiste dans les troubles de l’apprentissage, et notamment l’importance de solliciter et muscler le faisceau arqué.

“Ce sont des câbles de connexion entre les zones visuelles, auditives et motrices. Les personnes dyslexiques ont précisément une organisation déficiente de ce faisceau, comme si la partie du cerveau qui sert à connecter les différentes zones importantes pour lire était mal structurée.”

D’autres études ont démontré qu’il existait des liens entre le développement de ce nerf cognitif linguistique et la musique. On constate ainsi un meilleur développement des zones de la communication chez les musiciens professionnels et une taille plus importante du faisceau arqué. Daniele Schön, chercheur au CNRS, rapportait ainsi en 2016 :

“La pratique de la musique repose sur l’anticipation et sur une prédiction temporelle très précise. […] Et cet aspect de garder la pulsation, de garder le tempo, de savoir anticiper ce qui va se passer est très important aussi dans la perception de la parole et aussi dans la lecture parce qu’il faut toujours savoir anticiper ce que quelqu’un va dire”.

Notons par ailleurs que Michel Habib a accompagné les co-fondateurs sur la création de Mila, afin de garantir le développement d’un outil efficace et multimodal.

Les personnages Blue et Diabolus dans Mila Learn

Mila répond à certains manques

En ce moment, Mila-Learn existe en tant qu’étude clinique, aux côtés de la Pitié Salpêtrière, dans le but de “démontrer la véracité scientifique de son approche“. Une fois les résultats rassemblés, et si ceux-ci sont concluants et validés par la communauté scientifique, il est possible de voir le processus numérique inclus dans la prise en charge thérapeutique. Cela amènerait le dispositif Mila-Learn, l’application et la tablette, à être remboursable, en prenant la forme d’une prescription par le médecin spécialiste.

Le co-fondateur François Vonthron rapporte à ce titre l’importance d’un tel dispositif, qui viendrait pallier le manque de prise en charge :

Mila est intervenue en réaction des listes d’attente impressionnantes, de 6 à 18 mois, que rencontrent les parents actuellement d’enfants dys pour avoir une prise en charge.

En France, on constate en effet depuis quelques années une pénurie importante de pratiquants orthophonistes, qui compte 36 professionnels en moyenne pour 100 000 habitants. Certaines zones rurales témoignent d’un abandon presque total et en 2020 la fédération nationale des orthophonistes alertait déjà sur cette situation. C’est particulièrement dommageable dans le cadre de thérapies liées au langage, la prise en charge montrant sa pleine efficacité lorsqu’elle est précoce.

Un outil comme Mila-Learn vient compenser ce manque de moyens, en proposant un dispositif qui a l’avantage d’être rapide dans sa mise en place. C’est aussi une façon de distribuer un soin à distance, c’est-à-dire une solution pour les zones dites de “désert médical”, ou pour des milieux sociaux qui ne profitent pas de la même accessibilité aux soins.

Menu du jeu Mila

Les data et l’analyse IA dans les futurs parcours de soin

Avec une prédominance de plus en plus manifeste des outils numériques dans nos vies et la mise en évidence de certaines lacunes dans l’aménagement du parc hospitalier, un outil comme Mila-Learn est une béquille bienvenue dans le traitement des troubles TSLA. Il est d’autant plus remarquable que ce jeu sérieux a été construit en bonne intelligence avec des travaux récents sur le sujet, issus de spécialistes éprouvés comme Michel Habib.

En aménageant ainsi une interface qui lie musique et apprentissage du langage, l’équipe de François Vonthron cherche à appliquer au mieux les recherches scientifiques sur le fonctionnement cognitif de l’enfant. Il rappelle à ce sujet que Mila-Learn s’utilise en parallèle d’un parcours de soin orthophonique classique, suggérant qu’il y a, avant tout, une urgence à former de nouveaux praticiens. Pour sûr, les confinements de 2020 et 2021 ont joué dans la balance, mettant en exergue un manque de solutions matérielles pour les personnes atteintes de troubles.

En février 2022, l’agence britannique Thymia avançait le même constat, avec une pénurie qui touchait cette fois les psychanalystes face à la vague de pathologies dépressives liées à l’épidémie de Covid. Indubitablement, il faut s’attendre à ce qu’à l’avenir des outils de ce genre émergent de plus en plus. Mila-Learn est ainsi une forme d’appareil thérapeutique accompagnateur, mais qui révèle la possibilité d’une prise en charge différente, pour un parcours de soin qui ne se construira peut-être pas uniquement avec le spécialiste, mais avec une plus large gamme d’acteurs, prenant en compte les serveurs d’analyses de données.

Kenneth Burns et François Vonthron

Kenneth Burns et François Vonthron

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Phebus

J'aime me plonger jusqu'à l'os dans des choses que je ne connais absolument pas, pour rester curieux de tout, toujours le poing levé comme disait une chanteuse de mes folles années de jeunesse. Sinon je fais partie de cette secte, toujours plus réduite, qui croit en la sortie d'un Half-life 3 depuis vingt ans. J'ai cependant d'autres religions comme Dear Esther, Denis Villeneuve, Alien, les chats, le Japon ou la cuisine. Touche-à-tout en jeux vidéo, j'ai tout de même mes limites quand il s'agit de taper dans le ballon rond ou m'infliger du golf ô combien dynamique. Entre toutes ces choses, j'aime malgré tout un peu d'instinct primaire, en me défoulant sur un FPS en ligne, ça finit toujours une journée en beauté. J'aime à penser que j'aurai pu faire une carrière inimaginable dans l'Esport et devenir celui qui connaît le jeu vidéo mieux que tout le monde (pathétique fierté humaine).

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