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Présentation zoomée d'Eartblade

Maddy Thorson lève le voile sur son nouveau titre : Earthblade

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Après Celeste, et le succès qu’on lui connaît, l’équipe d’Extremely OK Games a rendu public le développement qui les occupe depuis déjà trois ans. Il est baptisé Earthblade, a poussé son premier cri avec une OST de Léna Raine et nous a montré son beau visage grâce au poster de Pedro Medeiros.

 

Une communication timide pour Earthblade

Earthblade a encore besoin de grandir auprès de sa famille à Vancouver. Il ne donne pas à voir énormément de lui en l’état des choses. Cela prendra cinq ans, voire plus, un temps de gestation aussi long qu’il le faudra, selon Maddy Thorson. Un texte très modeste a suivi la communication du nouveau titre, comme un faire-part qui livre les informations les plus importantes. C’est donc un tweet qui est parvenu sur la toile le 19 avril pour annoncer le divin enfant :

“Un jeu d’explor-action en 2D, dans un monde fluide en pixel art. Voici la prochaine sortie de l’équipe de Celeste, pour 20xx.”

 

Riche en peu de mots

Trois informations sont condensées en un seul tweet. On y découvre la tulipe 🌷, un emblème qui sent bon la récompense ou la quête symbolique. Ensuite, le ton général est donné en un mot-valise : explor-action. Entre un Hyper Light Drifter et un Hadès peut-être, on abandonne quoiqu’il en soit les traditionnelles plateformes auxquelles le studio nous avait habitués avec Towerfall et Celeste. Enfin, on apprend que ce nouveau monde baignera dans un pixel art fluide. Il faut entendre par là que les mondes seront générés sans chargements, à la façon d’un Ori par exemple.

Un son introduit l’atmosphère qui habite Earthblade, aux airs de violon et aux paroles éthérées bien étranges. Celles-ci sont chantées par vocaloid, et ont été écrites par Léna Raine dans une langue inconnue à ce jour.

Le poster, lui, dirige notre regard, comme s’il nous engageait dans l’aventure. De la petite cabane cachée dans les bois, on glisse vers un personnage qui se prépare au danger, l’épée à la main. C’est alors qu’on découvre un horizon peuplé de menaces, qui prend les airs d’une ville grandiose, mais qui sous-tend à la fois une étouffante présence. Le logo peut produire lui-même cette ambivalence, l’épée et la tulipe enracinées ensemble, comme liés dans leur combat. Ce dessin de Medeiros suppose déjà les thèmes d’Earthblade : un conflit entre une nature très sauvage et une cité envahissante.

 

Une apparition fantôme

Enfin, si l’on creuse les archives de l’équipe, on tombe sur un petit trésor qui faisait déjà office de teaser du projet (alors nommé Exok4 à l’époque). La Game artist Amora Bettany, qui avait déjà tiré les traits délicieux de Madeline à l’époque, a offert l’aperçu d’un personnage. Comme un rapprochement aux tulipes, les fleurs couvrent la cape de cet individu. Il est attifé dans son ensemble de vêtements amples, lui permettant de cacher son apparence ou son visage, comme un guerrier furtif. Une cicatrice bleutée tranche d’ailleurs sa joue gauche.

Concept art de personnage d'Earthblade

 

La tulipe de Versailles

Un indice de la culture queer

Difficile d’en dire plus avec si peu de choses. Et pourtant, une image suffit parfois à elle seule pour en impliquer d’autres. Cet entrelacement de l’épée et de la fleur n’est pas sans rappeler une création des années 1970 : La Rose de Versailles. Ce manga mettait en scène une femme travestie, membre de la garde royale lors de la Révolution française. En France, on se rappellera notamment de Lady Oscar, qui était l’adaptation en anime de ce manga. La série a par ailleurs rencontré un certain succès dans l’hexagone : en atteste sa première diffusion en 1986, renouvelée en 1998, et enfin ses trois rediffusions dans les années 2000.

Cette œuvre de Riyoko Ikeda a inspiré tout un mouvement queer et féministe au Japon dans les années qui l’ont suivie. Elle a été un déclencheur fort, qui s’est ensuite fait ressentir dans d’autres créations. Outre Utena, la fillette révolutionnaire, c’est plus récemment la série Steven Universe qui a revendiqué la filiation. Cette série pour enfants s’est démarquée, avec des choix de la part de sa créatrice Rebecca Sugar tournés vers la communauté LGBTQIA+. Rien de très étonnant pour Extremely OK Games alors d’évoquer un tel rapprochement (si mon hypothèse est correcte). Le studio compte en effet plusieurs personnes trans et s’attache à faire transparaître la culture queer dans ses créations.

Un potentiel rappel écologique

On retrouve également un environnement très similaire à Nausicaä de la vallée du vent d’Hayao Miyazaki. Dans ce manga japonais, on y découvrait un monde au bord de la destruction. La nature est à l’agonie, corrompue dans ses fondations, alors que les cités humaines ne cessent de prendre de l’envergure. Cette illustration d’Earthblade se rapproche fortement de ce concept, et rejoint aussi des images emblématiques de l’anime. Cette crevasse prise dans les racines, où l’on devine des coins de moisissure, semble être un marais fragile. Au loin, ce sont des tours qui semblent vouloir s’ériger près des nuages, traversées de ballons et de dirigeables.

Triptyque Earthblade, Nausicaa et la Rose de Versailles

 

Extremely OK Games : d’extrêmes bonnes ondes

L’ambition avec humilité

En outre, il faut noter que Maddy Thorson et son équipe partent pour une aventure complètement inédite. Elle avoue qu’une certaine hésitation s’est posée entre plusieurs prototypes qui se seraient trouvés trop ambitieux pour leurs compétences et moyens actuels. Earthblade est donc le quatrième prototype, finalement bien dosé pour ce qu’il est censé devenir. Maddy Thorson évoque en effet le difficile équilibre qui soutient toute création. Entre l’inconnu, et la zone de confort, il faut savoir se plonger dans ce que l’on ne connaît pas, et y apporter néanmoins suffisamment de méthodes et façons déjà usées pour contrôler sa création. Maddy renchérit :

C’est tentant en tant qu’artiste de s’immerger plus loin dans l’inconnu, dans un projet qui ne se finira pas étant données les contraintes de vos circonstances (budget, temps, motivation, appétit pour l’échec). Cela peut aussi être très facile d’être bloqué dans votre zone de confort, à produire un travail sans âme, particulièrement quand il y a beaucoup de pression financière. Je suis tombé dans les deux pièges auparavant […] on sent avec Earthblade que l’on a instauré un bon compromis entre ces deux tendances.

Faire peau neuve sans rien changer

Concernant l’inconnu, l’équipe porte un nouveau nom depuis septembre 2019, mais ne change rien à sa conception. Ce changement intervient pour deux raisons.

Avec la réussite de Celeste, le studio a pu s’offrir un nid assez spacieux à Vancouver pour accueillir tout le monde. Composé de brésiliens, américains et canadiens, Extremely Ok Games avait besoin de rassembler tous ces fuseaux horaires différents pour plus d’efficacité, sans pour autant multiplier les heures de travail. L’équipe met en effet en avant sa volonté d’éviter à tout prix la méthode de travail dite crunch. Elle entend alors, avec cet achat de locaux, prendre le temps de développer ses jeux avec sérénité.

Enfin, l’ancien nom du studio MattMakeGames prenait des allures d’anachronisme, Maddy Thorson ayant rendu publique sa transition en Août 2019. Son ancien nom était donc voué à mourir et il était étrange de le voir conservé dans la nomination du studio.

Equipe d'Extremely ok games

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Phebus

J'aime me plonger jusqu'à l'os dans des choses que je ne connais absolument pas, pour rester curieux de tout, toujours le poing levé comme disait une chanteuse de mes folles années de jeunesse. Sinon je fais partie de cette secte, toujours plus réduite, qui croit en la sortie d'un Half-life 3 depuis vingt ans. J'ai cependant d'autres religions comme Dear Esther, Denis Villeneuve, Alien, les chats, le Japon ou la cuisine. Touche-à-tout en jeux vidéo, j'ai tout de même mes limites quand il s'agit de taper dans le ballon rond ou m'infliger du golf ô combien dynamique. Entre toutes ces choses, j'aime malgré tout un peu d'instinct primaire, en me défoulant sur un FPS en ligne, ça finit toujours une journée en beauté. J'aime à penser que j'aurai pu faire une carrière inimaginable dans l'Esport et devenir celui qui connaît le jeu vidéo mieux que tout le monde (pathétique fierté humaine).

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