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News quantic dream perd un procès contre ex-employé

Quantic Dream perd l’un de ses procès face à un ex-employé

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L’affaire Quantic Dream refait parler d’elle depuis quelques jours. Plusieurs ex employés avaient pointé du doigt les pratiques managériales douteuses et une ambiance malsaine régnant au sein du studio et perpétré par des membres de l’équipe. Cinq anciens salariés du Studio français à l’origine du récent Detroit : Become Human ont engagé des actions en justice à l’encontre de leur employeur suite à leur départ. Un verdict a été rendu par le tribunal des prud’hommes de Paris pour l’un d’entre eux et lui a donné gain de cause.

 

Procès Quantic Dream: rappel des faits

News quantic dream jugeFin 2017, cinq employés rompent leurs contrats de travail avec Quantic Dream, leur employeur. La raison principale ? La présence et la diffusion de nombreux photomontages mettant en scène les membres du studio dans des situations insultantes et portant atteinte à la dignité : blagues douteuses, propos haineux, images pornographiques dégradantes, tout y passe.

Le premier à avoir pris les rennes de l’appareil juridique est le directeur du service informatique de la société Quantic Dream. Lorsqu’il découvrit que des images diffamantes incluant sa personne, les membres de son service ainsi que la quasi totalité de l’effectif du studio étaient diffusés dans les locaux, ce dernier vit rouge. La direction n’ayant, selon, lui pas pris les mesures adéquates, il décida de quitter son emploi et de prendre contact avec le conseil des prud’hommes. Il sera suivi par le reste de ses collègues: c’est donc l’intégralité du service informatique qui a alors pris la poudre d’escampette en décidant de prendre les rennes de l’appareil judiciaire à leur tour.

En début d’année, une enquête commune menée par Le monde, Mediapart et Canard PC avait rendu cette affaire publique, rapportant les éléments apportés au cours de la première audience par les deux parties opposées. Les membres du conseils des prud’hommes sollicités ont eu la stupeur de découvrir une sélection de fichiers parmi 600 images, confectionnées par un salarié au goût douteux, en poste depuis près de 15 ans dans l’entreprise parisienne. L’individu, disposant d’une ancienneté confortable était connu de la direction pour ses “innocents montages” affichés parfois au milieu de l’espace de travail.

A ce jour, parmi les 5 procédures en cours actuellement, l’une d’elle a donné raison à l’un des anciens salariés du studio. En conséquence, la fin de contrat perpétrée à la suite de ce litige a été requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec toutes les conséquences financières que cela entraîne (indémnités rétroactives, reprise de cotisations et indemnisations chômage, etc…). La conséquence la plus lourde pour Quantic Dream demeure l’impact sur sa réputation vis à vis du public ainsi que sa crédibilité aux yeux des professionnels du milieu.

Quantic dream objection

Néanmoins, bien qu’une décision ait été rendue en première instance, le studio est en droit de faire appel, il est donc prématuré d’affirmer que nous connaissons le fin mot de l’histoire. Notons qu’à ce jour, les cas d’autres plaignants sont également en cours d’étude, deux d’entre eux ont été déboutés et doivent faire appel. Concernant le cas du directeur du secteur informatique, le dossier a été porté en départage : l’audience principale n’a pas permis d’arriver à un accord complet des tous les conseillers présents, il a donc été remis entre les mains d’un magistrat de carrière qui devra démêler les tenants et aboutissants de l’affaire. Au vu de la gravité des faits, on peut en effet comprendre que l’affaire revêt un caractère particulièrement complexe. On peut également supposer que d’autres éléments sont également pointés du doigt par le demandeur, l’instruction risque donc de prendre un très long moment.

 

Le Crunch: pas de bras, pas de chocolat !

quantic dreams news procès locauxLes articles parus dans Médiapart et Le Monde il y a quelques mois, rapportaient divers témoignages qui ont soulevé d’autres critiques concernant Quantic Dream. D’autres membres ayant préféré garder l’anonymat dénonceraient également des pratiques très rudes, de très longues périodes de Crunch particulièrement éprouvantes et un respect douteux de la législation relative aux contrats de travail (licenciements conclus avec accords verbaux, documents antidatés, etc…). A ce sujet, David Cage n’a pas l’intention de se laisser traîner dans la boue en restant de marbre et n’a pas tardé à faire savoir qu’il poursuivra ces deux médias pour diffamation. Un litige qui risque de faire couler beaucoup d’encre dans les mois et années à venir, si les faits sont avérés.

Si David Cage s’est dit choqué de ses accusations et réfute le fait que son entreprise inspire une ambiance nuisible à la sérénité de ses équipes, il est cependant conscient que les périodes de Crunch sont difficiles pour tout le monde mais inévitables dans le domaine du jeu vidéo. Il se défend en précisant que lui même passe de nombreuses nuits et week-end au bureau et que les heures supplémentaires de l’équipe reposent uniquement sur la base du volontariat, toute heure travaillée étant rémunérée.

Effectivement, la pratique du Crunch, période de travail intensive maintenue afin de respecter des délais courts, est monnaie courante parmi les acteurs majeurs et les triple A. Quantic Dream n’est donc qu’un acteur parmi d’autres. Néanmoins, l’actualité récente nous fait une nouvelle fois réfléchir sur la pertinence de ce mode d’organisation. Si en effet, dans la plupart des cas, les salariés sont volontaires pour sacrifier des heures afin de boucler leur projet, l’obligation reste implicite.

Mauvaise publicité detroit become human

Une mauvaise publicité qui ne trouble pas le succès

Difficile de résister à la pression sociale d’être perçu comme le mouton noir en faisant moins d’heures que les autres, la production vidéoludique étant un travail d’équipe, ses membres n’hésitent pas à s’investir plus que de raison par respect pour l’implication de ses collègues. Le risque étant également de se faire mal voir par la direction et de craindre pour son poste, en particulier dans un secteur d’activité présentant un turnover très important des ressources humaines.

Comme Canard PC le souligne, la question du salaire est intimement lié à ce problème d’heures supplémentaires intenses. La rémunération des salariés dans le secteur des jeux vidéos est assez basse comparativement à la quantité de travail requis. A ce titre, comment ne pas accepter de faire des heures supplémentaires si le salaire de base dépasse les SMIC de quelques centaines d’euros à peine ?

 

Je rêve d’une boîte…

David cage quantic dreamA bien des égards, les pratiques managériales dans le jeu vidéo sont souvent décriées et confèrent généralement une mauvaise image pour ceux intéressés pour y bâtir une carrière. Les grandes structures se heurtent toujours à des difficultés quant à la gestion des ressources humaines et de communication, et ce dans tous les secteurs confondus. Néanmoins, ce sont les entreprises les plus importantes qui se doivent de montrer l’exemple en s’efforçant d’améliorer les conditions de travail de leurs collaborateurs. Espérons que l’avenir sera porteur de nouvelles plus positives et amènera les principaux acteurs à élaborer des méthodes de management en ce sens.

Dans l’état actuel des choses, le secteur d’activité du jeu vidéo a encore du pain sur la planche, à commencer par les inégalités Hommes-Femmes qui le caractérise particulièrement en matière d’effectifs et d’écart salarial. Mais ça, c’est un tout autre débat, un combat tout aussi titanesque.

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Pargonis

Tombé dans le jeu vidéo depuis tout petit, j'ai connu Kirby avant qu'il ne devienne rose, une époque ou Sonic ne savait pas encore parler et où les micro-ordinateurs étaient les consoles de jeu du futur. Grand fan de Nintendo à la base, mais joueur acharné sur tous les supports possibles, j'offre ma plume au service de l'art vidéoludique sous toutes ses formes. J'aime analyser, spéculer, rager, écrire tout un tas de choses et partager ma passion à chaque occasion. Parfois ronchon et de mauvaise foi in-game mais souvent grozours à l'écrit.

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