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Mortal Kombat : une triste guerre des mondes

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Alors que la licence Mortal Kombat fêtera ses 30 ans l’année prochaine, un nouveau film tiré de la saga de jeu de combat est disponible en VOD depuis le 12 mai. Un long métrage qui ne rend pas vraiment justice à la série, faute de savoir vraiment comment la traiter.

Dans sa tonalité comme dans son style graphique, Mortal Kombat est un pur produit des années 90. Avec son style gore et ses combattants photoréalistes, le titre se voulait à l’époque comme une œuvre plus adulte destinée à un public en pleine crise d’adolescence désireux de rompre avec les codes d’un jeu vidéo souvent considéré comme enfantin. Plus que la qualité réelle du jeu à l’époque, c’est son ultra-violence qui a fait son succès. Un triomphe qui a ouvert les portes du cinéma à la franchise.

 

De Christophe Lambert à SonicFox

En 1995, Mortal Kombat sort sur grand écran et réalise une performance plus qu’honorable au box-office. Le film, dirigé de Paul W.S Anderson, devient même culte auprès d’un certain public, notamment grâce à la prestation de Christophe Lambert dans le rôle de Raiden.

Mortal Kombat n’était pas un chef-d’œuvre mais il y avait une réelle fidélité au matériau d’origine, de l’enjeu et des combats intéressants. Dans une décennie marquée par les films d’action et d’arts martiaux, l’adaptation ne jure pas et trouve son public.

D’un point de vue critique, c’est peut-être le film le plus fidèle de Paul W.S Anderson, à qui l’on doit notamment toutes les horribles adaptations de Resident Evil ou même le dernier Monster Hunter.

 

Aujourd’hui, le statut de la saga n’a plus grand-chose à voir avec celui qu’elle arborait dans les années 1990. Après une traversée du désert de plusieurs années, Mortal Kombat a changé de dimension avec le reboot de la franchise développé par Netherealm Studios en 2021.

Grâce à une direction artistique soignée, un lore approfondi et un gameplay de plus en plus technique, les jeux Mortal Kombat sont progressivement devenus incontournables dans le genre du jeu de baston et même de la scène eSport. L’un des meilleurs athlètes des jeux de combat, Dominique “Sonic Fox” McLean, a connu ses premiers succès sur Mortal Kombat X et a contribué à la renommée de la licence. L’ultra-violence et les fatalités sont toujours là mais ne constituent plus les seules qualités des différents épisodes.

SonicFox

Sonic Fox, lors de sa victoire au Final Kombat, le 8 mars 2020

 

Test your might

Le contexte était donc idéal pour “MK” de venir à nouveau frapper le grand écran de toute sa puissance. Ou presque. Crise sanitaire oblige, c’est finalement en VOD que le film est arrivé chez nous au mois de mai.

Le long-métrage, réalisé par Simon McQuoid, suit l’aventure de Cole Young, un ancien champion de MMA qui gagne sa vie en participant à des minables combats de rue. Ce que ne sait pas Cole, c’est qu’il fait partie d’un groupe de combattants élus par le destin pour représenter le royaume terrestre face à l’Outre-monde dans un tournoi : Le Mortal Kombat.

Ce tournoi s’est déjà produit neuf fois, pour autant de victoires remportées par l’Outre-monde. Avant chaque édition, Shang-Tsung, chef de l’Outre-monde, envoie ses troupes assassiner les élus de la Terre pour gagner le tournoi par forfait. L’histoire semble se répéter quand Cole est prévenu par Jax et Sonya, deux militaires chevronnés, du sort du funeste qui l’attend.

 

 

Une licence vidée de sa substance

Vous n’aurez donc pas de Mortal Kombat dans ce Mortal Kombat. Pas de tournoi, ni de duels rangés. En réalité, Mortal Kombat n’est pas vraiment un film d’arts martiaux. Nous ne sommes plus dans les années 90 mais dans une décennie toute différente marquée par la toute-puissance du Marvel Cinematic Universe. Cole, Jax, Liu Kang et Kung Lao ne sont pas de simples combattants émérites mais des êtres dotés de super pouvoirs qu’ils doivent désormais éveiller pour combattre l’outre-monde.

Mortal Kombat Cole Young

Cole Young, personnage crée pour le film, est le héros de ce Mortal Kombat © Mark Rogers/NEW LINE CINEMA/WARNER BROS

 

L’intrigue s’intéresse à la révélation de ces pouvoirs à travers une série de mini “origin stories” toutes bardés de poncifs sur la colère, l’amour et l’amitié. Et comme il faut aussi faire du fan service et des petites références, le film accumule les jeux de mots ridicules et les punchlines gênantes portées par des personnages à l’épaisseur invisible à l’œil nu. Un choix qui pourrait passer si le film ne se prenait pas autant au sérieux, comme pour signifier aux joueurs que le réalisateur et les scénaristes respectent l’héritage d’une saga reconnue. Un grand écart scénaristique. Arrivé au dernier quart d’heure, le long métrage réalise qu’il ne reste plus beaucoup de temps pour les combats et les mets tous bout à bout dans un final indigeste.

Tout n’est pas à jeter dans le film. Bien que de qualité inégale, les effets spéciaux ont bénéficié d’un soin particulier et les chorégraphies de certains combats sont assez satisfaisantes. Les coups spéciaux cultes de la franchise sont au rendez-vous, tout comme les fatalités. Ces efforts sont desservis par une mise en scène plate, des décors en CGI fades, un rythme lent et chaotique à la fois. Aucune folie, ni démesure, et pas de réelle tension dans des combats trop rapidement expédiés.

Mortal Kombat Sub Zero

Le glacial Sub Zero occupe une plate centrale dans le film © Mark Rogers/NEW LINE CINEMA/WARNER BROS

 

Mortal Kombat succombe à la fatalité d’Hollywood

Mortal Kombat oscille donc entre plusieurs camps mais n’est ni un nanar assumé, ni un film d’arts martiaux, ni une bonne adaptation et n’a certainement pas les épaules pour être le blockbuster qu’il ambitionne d’être.

Le Mortal Kombat de 1995, avec deux fois moins de budget – 20 millions de dollars contre 55 pour le film de 2021- offrait un vrai dépaysement, des combats rythmés, tout en proposant une adaptation (un peu trop) formelle du jeu vidéo. Ce Mortal Kombat édition 2021 est avant tout un film américain sur le destin d’un super héros choisi par la destinée et n’essaye jamais de capturer l’essence de la saga.

Avec plus de onze jeux sortis sur trois décennies, la source d’inspiration était abondante mais Hollywood en a décidé autrement. Le film est devenu un pur produit de l’ère post-MCU, sans en avoir les standards et au mépris de son héritage. C’est l’affrontement de deux époques et de deux médias qui se joue dans la bataille des deux mondes. Et à ce jeu-là, aucun spectateur n’est gagnant. Cole Young et ses camarades trouveront sûrement leur public mais ce Mortal Kombat représente une cruelle occasion manquée de consacrer le travail réalisé par les équipes Netherealm Studios depuis dix ans.

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Sgtkabukimen

Prêtre gamer du Soleil Levant depuis deux décennies, j’aime manier la gunblade, le megabuster, et le fouet pour faire des passes d’armes avec des Cyborg Ninja Vampire dans les ruines de Neo Tokyo. Je délaisse de temps en temps mon cher Japon pour me livrer aux joies du jeu indépendant et exterminer des hordes d’aliens avec l’unité XCOM.

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