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Prisme 7 – lorsque l’art contemporain rencontre le jeu vidéo

Prisme 7 Éducatif

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Après la BnF (avec son visual novel intitulé Le royaume d’Istyald), c’est au tour du Centre Pompidou de proposer Prisme 7, son propre jeu vidéo afin de faire découvrir aux plus jeunes, de façon ludique, le patrimoine mondial. Quoi de mieux que le format jeu vidéo pour amener la culture auprès du plus grand nombre d’enfants ? On parle ici d’Art Moderne et Contemporain, l’idée est de faire découvrir à travers un circuit parsemé d’épreuves les œuvres majeures du musée. Une idée tout à fait louable, mais fonctionne-t-elle réellement ? C’est ce que nous allons découvrir.

Le jeu est disponible sur téléphone et PC, pour ce test il a été réalisé sur smartphone.

 

Est-ce que collectionner des œuvres est un enjeu suffisant ?

IMG_5190Dans prisme 7, vous êtes une forme éthérée qui se déplace, dans un premier temps, parmi les pièces du Centre Pompidou. Le but du jeu est d’interagir avec les espaces et de récupérer des orbes rouges qui vous aident à modifier votre environnement. Chaque niveau vous permet d’appréhender le concept de création en faisant interagir les couleurs et les lumières. Conçu par des artistes du numérique, vous découvrez une quarantaine d’œuvres emblématiques du Musée National d’Art Moderne disséminées dans le jeu et qu’il vous faudra collectionner comme dans la vidéo ici présente.

prisme 7Comme nous l’avons vu, le but du jeu est plutôt simple, il consiste en une déambulation de niveaux en niveaux à la recherche des œuvres d’art tout en déjouant les épreuves, en manipulant les espaces et les couleurs dans un souci d’“observation, de compréhension, de déconstruction pour enfin créer”. Telle est la promesse du jeu. En ceci, elle est plutôt remplie. Cependant je me suis demandée si l’enjeu était suffisant pour y prendre plaisir.

 

L’histoire comme élément essentiel du jeu vidéo…

prisme 7Le gameplay est simple, du doigt vous déplacez votre forme. De petits tutoriels sont proposés tout au long du jeu à chaque fois qu’une nouvelle mécanique entre en ligne : tapoter, maintenir, balayer. Il est donc très facile de comprendre ce qu’il faut faire et comment aller au bout du niveau. En effet, la promesse n’est pas dans le challenge mais bien dans la découverte de la relation entre couleur et environnement pour expliquer le processus artistique de création. Il est à noter que la maniabilité n’est pas toujours au rendez-vous. Je me suis retrouvée à certains moments bloquée, parce que l’écran était buggé, ou désintégré, parce que la sensibilité était trop forte là où le jeu demande précision et dextérité.

prisme 7Mais le plus gros point noir selon moi est l’absence d’histoire, vous l’aurez compris. Je me suis demandée ce qui rendait un jeu addictif ou mémorable. Et même pour aller plus loin, qu’est-ce qui peut donner envie de jouer à un jeu ? Est-ce qu’une déambulation dans de beaux espaces (à l’image d’une visite de musée) ou collectionner des objets sont des éléments suffisants pour créer un jeu vidéo ? Je suis convaincue que pour accrocher un joueur il faut avant tout une histoire avec un objectif principal. Sans cela, on en oublie la notion de base du jeu vidéo qui est le côté ludique. Un jeu se doit d’être une “Activité d’ordre physique ou mental, non imposée, ne visant à aucune fin utilitaire, et à laquelle on s’adonne pour se divertir, en tirer un plaisir ” (Cf. Larousse). Et où se trouve le plaisir lorsqu’il n’y a pas d’histoire ou d’objectif pour nous donner envie d’aller au bout de l’expérience ?

Selon moi, le plus gros écueil des jeux éducatifs est qu’ils oublient d’être des jeux pour ne plus être qu’éducatifs. L’histoire n’a pas besoin d’être compliquée ou racontée pour exister ou pour faire passer des émotions comme c’était l’envie (qui était un bon point de départ) de Prisme 7. L’histoire et l’enjeu peuvent aussi très bien être diffusés dans les non-dits, les illustrations, le lore et l’univers comme cela est remarquablement fait dans Rime et Gris. Dans ces deux jeux, aucun contexte ou peu, pas de dialogue, et peu de cinématiques mais l’histoire est bien présente et si forte qu’elle transmet des émotions qui ne peuvent vous laisser insensible.

 

Prisme 7 est avant tout éducatif

Le jeu a été conçu en priorité pour les enseignants dans un but pédagogique. Sur la page dédiée au jeu, il est clairement énoncé comme suit :

ENSEIGNANTS

Ludique et pédagogique, Prisme 7 a été conçu pour sensibiliser les publics jeune et adolescent à la création moderne et contemporaine.

Afin d’accompagner un usage pédagogique du jeu, des contenus additionnels sont disponibles depuis la plateforme Éduthèque du Ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse :

  • Un document de présentation du jeu avec un tutoriel pour débloquer les niveaux du jeu, ainsi que les notices d’œuvres pour que les enseignants puissent parcourir l’ensemble du jeu aisément.
  • Des pistes d’ateliers et d’exploitations pédagogiques conçues en lien avec les programmes scolaires du cycle 4 et du lycée, valorisant des exploitations transdisciplinaires et permettant des pratiques pédagogiques novatrices, telle la classe inversée.
  • L’accès aux croquis préparatoires du jeu vidéo (storyboards) qui s’insère dans une logique de mise en lumière du processus de réflexion et de conception du jeu.

Les supports éducatifs ne sont pas disponibles pour ceux qui ne relèvent pas du corps enseignant, il ne m’a donc pas été possible de les voir. Je suis cependant curieuse de savoir si les enseignants vont parvenir à s’approprier ce nouveau genre d’outil éducatif et quelles exploitations ils parviendront à en tirer. J’espère sincèrement que cela pourra déclencher des appétences chez certains.

 

Une conclusion mitigée

Je suis embêtée de ne pas avoir été conquise par l’initiative du Centre Pompidou. Je trouve l’idée de départ très intéressante, faire découvrir l’art moderne et contemporain par le biais d’un média qui plaît aux plus jeunes : le jeu vidéo. Que le jeu ait été créé par des artistes numériques semblait aussi être une très bonne idée car qui est le mieux placé pour faire passer sa méthode de conception, son processus créatif que l’artiste lui-même ? Je ne peux regretter qu’un écueil qui n’est pas des moindres et qui a tendance à être oublié de certains studios (notamment dans le jeu éducatif), qui est celui de l’histoire. Les scénaristes jouent eux aussi un rôle primordial dans la construction d’un jeu vidéo, il serait bien de ne pas les oublier…

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Shaelle

Gameuse, auteure, lectrice et sérievore, mes journées ne sont pas assez longues pour satisfaire toutes mes passions surtout qu’il faut aussi y caler mon temps de travail. Je joue essentiellement sur PS4 et Switch. Je suis une grande fan de The witcher, Zelda et Horizon, car j’aime être transportée dans l’histoire et époustouflée par l’univers. Je râle beaucoup en jouant mais ça fait partie du jeu, non ?

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