Hiroshi Matsuyama

Rencontre avec Hiroshi Matsuyama : “Je ne peux pas être seulement satisfait de jeux compétitifs”

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La première journée de la Japan Expo se termine doucement avec la diffusion d’un film. Ce fut une reprise sur les chapeaux de roues pour l’un des plus grands salons français dédié à la culture geek. À cette occasion, nous avons rencontré Hiroshi Matsuyama, CEO de CyberConnect2, les développeurs derrière Dragon Ball Z Kakarot, Naruto Shippuden et Demon Slayer pour ne citer qu’eux. Mais, ce n’est pas pour parler de ces jeux de combat que notre invité japonais était sur place. En 2012, lui et son studio ont sorti leur premier jeu autoproduit, Fuga : Melodies of Steel, un RPG japonais, une première pour le studio ! C’est à son stand sur lequel il vendait des goodies de son dernier “enfant” que nous avons échangé avec lui. 

Hiroshi Matsuyama, pouvez-vous vous présenter ? Pouvez-vous nous présenter votre travail ?

Je m’appelle Hiroshi Matsuyama, j’ai cinquante-et-un ans et je suis le CEO de CyberConnect2. CyberConnect2 est un studio de développement de jeux vidéo né il y a 26 ans, en 1996, au Japon.

Aujourd’hui, la compagnie compte trois studios différents dont un à Montréal. Dans le passé, j’ai travaillé sur des jeux à licence comme Dragon Ball, Jojo’s Bizarre Adventure, Demon Slayer. 

Vous avez longtemps travaillé sur des adaptations de licence de manga. Y avait-il une envie particulière derrière ce choix ?

À l’origine, CyberConnect2 était bon pour développer des jeux originaux, mais il y avait une autre chose dans laquelle on était bon. J’ai donc décidé de mettre en forme cette aptitude que le studio avait, cette force, c’est le pouvoir des mangas du type Shonen Jump.

Le shonen jump est un magazine de prépublication de mangas hebdomadaire. Je lis Shonen Jump depuis l’âge de six ans, aujourd’hui ça fait quarante-six ans. Cette envie est venue il y a vingt ans avec la série des Naruto sur laquelle j’ai travaillé. 

Hiroshi Matsuyama en super forme pour la Japan Expo

Qu’avez-vous tiré de cette expérience ?

Toutes ces créations m’ont permis de comprendre une chose. À une époque, au Japon, il y avait énormément de jeux vidéos dont les personnages étaient de mauvaise qualité. Je n’étais pas du tout satisfait et les clients de cette industrie ne l’étaient pas non plus. Afin de changer fondamentalement les choses, CyberConnect 2 a décidé de créer une toute nouvelle série de jeux de combat avec des personnages tirés d’un manga bien connu.

C’est la série des Naruto ! 

Comment vous est venu l’idée de vous lancer en indépendant ?

Au cours de la dernière décennie, la façon dont se comporte l’industrie du jeu vidéo a radicalement changé. On connaît d’une part, et actuellement, une polarisation des jeux style AAA, réalisés par un grand nombre de personnes et prenant beaucoup de temps. D’un autre côté, nous avons les studio indépendant qui développent des jeux (indépendants), ceux-ci sont créés par un plus petit nombre de personnes, mais qui prennent parfois tout autant de temps.

Il fut un temps où les jeux japonais restaient au Japon et ne passaient pas les frontières. C’était assez rare et /ou compliqué. Aujourd’hui, avec la diffusion mondiale d’internet, les réseaux sociaux, il est devenu possible de livrer des jeux tout en restant au Japon. 

Hiroshi Matsuyama stand

Hiroshi Matsuyama en direct de son stand, qui répond à nos questions via un traducteur sur son téléphone !

Vos titres précédents comptent beaucoup de jeux de combat, pourquoi être parti sur un RPG ?

À l’origine, CyberConnect2 était une entreprise particulièrement compétente dans les jeux d’action et de baston. Dragon Ball Z Kakarot, Naruto Shippuden, Demon Slayer ce sont tous des jeux de combat, des jeux très compétitifs. Je suis très satisfait de ce que nous avons créé, mais je ne peux pas, être seulement satisfait de jeux compétitifs. J’ai alors décidé de lancer la création d’un jeu du type RPG.

Les RPG japonais sont reconnus dans le monde entier, je savais donc qu’il y avait beaucoup de fans de ce genre de jeux que ce soit dans notre pays ou ailleurs. J’ai ainsi décidé de créer un RPG japonais, c’est comme ça qu’est né Fuga : Melodies of Steel, il est sorti en 2021. 

Une façon de créer et de consommer le jeu vidéo qui a changé, les AAA sont toujours plus présents et font difficilement de la place aux jeux indés. Cependant, certains arrivent à se frayer un chemin sur le devant de la scène grâce à une histoire ou un gameplay original. Hiroshi Matsuyama, notre sympathique invité en tout cas, lui, n’est pas prêt d’arrêter de créer, peu importe que l’industrie ait changé ou non. 

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