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Derrière l’écran – Lucrezia Romeo, étudiante en Game Art

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Lors de la journée de la femme digitale, nous avons pu interviewer plusieurs femmes du monde du numérique et des jeux vidéo. Lucrezia Romeo, étudiante en Game Art a accepté de répondre à nos questions. Bonne lecture !

 

Peux-tu faire une présentation de toi et de ton parcours à nos lecteurs ?

Coucou ! Je m’appelle Lucrezia, je viens d’avoir 20 ans, et je suis actuellement en 2ème année en Game Art dans une école de jeu vidéo. J’y suis rentrée directement après mon bac ES.
J’ai toujours aimé dessiner, et j’ai commencé très tôt à dessiner numériquement sur ordinateur à l’aide d’une tablette graphique. J’ai entre autre appris à utiliser des logiciels comme Photoshop. Souvent accrochée à mon ordinateur, j’ai également joué à de nombreux jeux vidéo. J’ai beaucoup appris grâce aux nombreux forums et tutoriels disponibles sur internet !

dessin

@oxeen_art

Qu’est ce qui t’a amenée à vouloir travailler dans le monde du jeu vidéo ?

J’ai pensé à combiner ces deux passions, le dessin et les jeux vidéo, pour en faire mon métier : Game Artist. Je ne pensais pas que des formations spécifiques existaient, donc je voulais d’abord faire des études dans l’animation avant de pouvoir déboucher sur le jeu vidéo. J’avais été acceptée dans une prépa d’animation, mais j’ai finalement pu intégrer directement mon école en 1ère année en Game Art. Je trouve que le jeu vidéo peut toucher de manière très sensible un joueur, de fait de l’immersion qu’il offre. On peut littéralement défier les lois de la physique et de la logique. Il n’y a pas de limite dans des univers vidéoludiques, c’est ça qui me fascine dans les jeux vidéo. D’autant plus que les contraintes techniques sont de plus en plus réduites.

 

C’est quoi exactement ta spécialité dans tes études ? Tu peux nous en parler un peu ?

En tant qu’étudiante en Game Art, on nous amène à faire plein de choses. Nous avons deux gros projets semestriels où l’on crée un vrai jeu vidéo en groupe, et en parallèle nous avons des cours variés avec des rendus notés. En tant que Game Artist, les débouchés sont tellement nombreux que l’établissement ne nous amène pas vraiment à nous spécialiser mais plutôt à découvrir l’étendue des possibilités qu’offre le milieu. Cependant cela amène également des cours dont l’utilité reste à trouver.

En première année, nos projets semestriels étaient un jeu de plateau puis un jeu de plateformes en pixel art, et en deuxième année un jeu Rogue-like en top view en pixel art, et un Zelda-like dont la technique est libre. Ce projet est d’ailleurs encore en cours. Etant lassés du pixel art, avec mon groupe nous avons décidé de nous essayer à le faire en 3D. Ces projets de groupe nous amènent à travailler avec les Game Designer, qui codent et créent les mécaniques et niveaux du jeu. Cela nous apprend énormément sur la gestion d’un projet. On nous apprend beaucoup de techniques et de logiciels. Cette année on nous a d’ailleurs appris à coder un peu et à faire de la génération procédurale ainsi que beaucoup de shaders.

 

En tant qu’étudiante en Game Art et donc en tant qu’artiste, quelles sont tes principales influences vidéoludiques ou autres ?

En terme d’affordance et de lisibilité des éléments de gameplay, les grands classiques comme Mario sont une référence récurrente. Sinon League of Legends a un univers extrêmement riche, et est une grande inspiration pour le chara design. Les illustrations sont magnifiques, et les animations et VFX sont super beaux et fonctionnels aussi.

 

A côté de tes études, tu as déjà travaillé sur des projets plus ou moins proches du jeu vidéo ?

Oui, j’ai eu l’occasion de travailler pour du pixel art pour le monde de la pub. J’ai été assistante dans l’animation d’une petite pub en pixel art pour la sortie d’un ordinateur de la marque Asus : Republic of gamers. Au-delà de ça, les études sont très prenantes et on manque pas mal de temps pour faire des projets persos. C’était d’ailleurs assez dur de faire ce travail en parallèle des rendus.

 

Peux-tu nous parler des jeux vidéo que tu as créés ou qui sont en cours ?

Tales of shadow

Screenshot de Tales of Shadow

En première année, nous avons fait un jeu de plateforme dans un monde steampunk corrompu. C’était notre premier jeu vidéo, qu’on a dû créer majoritairement à distance puisque l’on était confinés. Il se nomme Tale Of Shadows (et a d’ailleurs une page twitter @TaleOfShadows_).

Cette année, nous avons créé un Rogue Like inspiré par la mythologie grecque et les univers Cyberpunk. Il est très déjanté et coloré, et s’appelle Olympus Rush. Actuellement pour notre second projet, nous faisons un jeu en 3D où l’on incarne un astronaute infirmier qui vient sauver ses camarades sur une planète sauvage, en chemin vers une mégastructure minière devenue complètement hostile.

3D

En exclusivité les premières images d’Olympus Rush

As-tu déjà une idée précise de ce que tu aimerais faire ? Pour qui tu aimerais travailler ?

Absolument pas, il y a plein de choses que j’aime beaucoup, mais très différentes. J’aime bien le pixel art, la 3D et le texturing, les VFX mais aussi le digital painting. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose de ne pas se spécialiser pour l’instant puisqu’on est amené à travailler en petite équipe. Les studios triple A me font de moins en moins envie, notamment à cause de leur culture du crunch. Les équipes sont tellement grandes que l’on ne se retrouve pas forcément dans le jeu produit. J’aimerais beaucoup fonder ma propre boite indé un jour.

 

Très récemment, Libération et Gamekult ont sorti une série d’article dénonçant le sexisme, l’harcèlement et les conditions de travail choquantes dans le milieu des écoles de jeu vidéo, y as-tu déjà été confrontée ?

Concernant les conditions de travail, j’ai parfois déjà l’impression de travailler en entreprise. Avant le premier confinement, j’avais pour habitude de rester travailler tous les jours, weekend compris jusqu’à la fermeture de l’école à minuit. Cependant c’était aussi agréable car il y a une bonne ambiance dans la classe et c’est l’occasion de passer du temps avec ses amis. Le confinement a un peu cassé ce rythme. Aujourd’hui avec le couvre feu l’école ferme tôt, à 18H30, donc cela me pousse à travailler moins tard le soir. Cependant avec le confinement c’était plutôt l’extrême inverse, où je travaillais jusqu’à l’aube. L’école ne force pas vraiment au crunch, c’est plutôt qu’il existe tout de même car il est récompensé. Il y a pas mal de compétition comme dans n’importe quel milieu artistique.

Les notes suivent parfois un barème très flou, et s’étalonnent sur la classe plutôt que suivre un barème qui pourrait permettre à plusieurs d’avoir des bonnes notes. Donc forcément plus on y passe de temps et y accorde de l’effort, meilleure seront la note et le rendu. C’est assez délicat surtout quand on sait que parfois c’est vraiment juste une question de temps, et que si on y passe des dizaines d’heures le rendu sera forcément mieux, on doit décider soi-même de quand s’arrêter. Généralement je m’arrête quand le rendu m’a lassée. Je suis cependant assez impatiente, et n’aime pas forcément passer des heures sur un rendu. J’ai l’impression d’apprendre beaucoup d’un coup, trop parfois. Entre le début et la fin d’un rendu je ne peux plus regarder le projet car je n’y vois que les défauts.

L’école nous répète que le crunch est dû au manque d’organisation des étudiants, sous l’excuse de la passion, alors que ce n’est pas entièrement notre faute : il y a un grand manque de coordination et de communication entre les nombreux intervenants. Par exemple, au dernier semestre, on s’est retrouvés à avoir plus d’une dizaine de rendus en même temps, à rendre sur un peu plus d’une semaine. C’était en hiver vers la fin du semestre et des gens dans la classe ont fait des burn out et des dépressions. On a communiqué à la pédagogie les résultats d’un questionnaire sur le moral et le rythme de la travail et ils ont tenté d’alléger les rendus, mais cela a été fait un peu trop tard. Ce semestre est un peu plus léger, mais nos plaintes ont beaucoup de mal à être entendues.

Concernant le sexisme, il y en a surtout dans les promo des Game Designer, dans lesquels il y a seulement 1 ou 2 filles par classe. Personnellement j’ai eu la chance de ne pas beaucoup ressentir ce sexisme, à part peut-être une légère « bro culture » comme le mentionne les articles, et j’ai entendu des profs faire des remarques très limites. J’ai beaucoup de chance que ce ne soit pas le cas dans ma classe et que les gens soient respectueux. Cependant je ressens souvent le fait que ce milieu est très masculin.

 

Qu’aimerais-tu changer dans le monde de l’entreprise vidéoludique ?

D’abord j’interdirais le crunch ! Certes c’est un métier de passion mais c’est vraiment important de prendre du temps pour soi, déjà pour sa santé mentale mais surtout pour acquérir de la culture et s’améliorer. Depuis le début de mes études en Game Art, paradoxalement, je n’ai plus du tout le temps de jouer à des jeux vidéo. Ensuite j’abolirais le sexisme bien sûr.

 

Une petite sélection de tes jeux préférés pour finir ?

Alice Madness Returns, Little Nightmares, Hades, Portal 2, Assassin’s Creed Odyssey, Monster Hunter World !

assassin's creed

Fanart d’Assassin’s Creed que vous pouvez retrouver sur la page instagram @oxeen_art

Merci beaucoup à Lucrezia pour avoir accepté cette interview. Vous pouvez suivre ses travaux sur ses réseaux : @oxeen_art sur Twitter et Instagram. On te souhaite un maximum de réussite dans tes études et on espère te revoir très vite sur Jeu.vidéo !

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JeanThib

Après une Playstation 2 gagnée sur une obscure machine chez Leclerc à l'âge de 6 ans (quel background !) je n'ai plus vraiment lâché la manette... Élevé dans une famille très joueuse : jeux d'action, de stratégie, d'énigmes ou autres party game, tout y est passé ! Je suis également très féru de lecture et de tout ce qui touche à l'audiovisuel. Mes activités vaquent entre tenter de speedrunner du Céleste et finir les oeuvres de Maupassant. Joueur console mais Master Race d'ici peu, j'ai hâte de partager ma plume et mon engouement pour le jeu vidéo dans de futurs articles !

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