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Grand Mountain Adventure – La réinvention poétique du sport de glisse

Au commencement, il y avait Tennis for Two. Puis l’univers vidéoludique s’est étendue vers d’autres planètes : Table Tennis, Pong ou Super Soccer. La relation entre les jeux vidéo et le sport semblait indéniable, marquant ce lien à chaque J.O. avec de nouvelles franchises, jusqu’à un effondrement du genre dans les années 1980. Aujourd’hui, le genre est dominé par les géants EA Sports et Konami, avec FIFA ou Pro Evolution Soccer, avec de côté des indépendants qui peinent à livrer une alternative. Avec Grand Mountain Adventure, le studio suédois Toppluva souhaite montrer qu’il est encore possible de réinventer le genre en le resituant dans son époque et en le dotant d’une poésie normalement anormale pour ce type de jeu.

 

Loin des jeux, près de la réalité

La première chose qui tombe en évidence, lorsqu’on s’intéresse à ce petit jeu de ski indépendant, c’est que le studio Toppluva a manifestement mis beaucoup de son expérience personnelle dans cette mise en scène virtuelle du sport de montagne. Guidés par un esprit fraternel, Viktor, Sebastian et Alexander Sehr ont intégré dans Grand Mountain Adventure leur passion pour la glisse, les frères suédois pratiquant le ski et le snowboard depuis leur enfance. Les montagnes d’Europe sont encore aujourd’hui leur terrain de jeu et dans leur création vidéoludique, c’est au travers de 8 montagnes qu’ils souhaitent nous emmener dans leur aventure.

Allant du Danemark à la Suisse en passant par la France, les rocheuses enneigées à descendre restent de pures inventions, mais qui gardent un lien fort avec le réel grâce à des couleurs locales marquées, des types de forêts ou de lacs reconnaissables ou bien encore pour la culture des villages montagnards. Cette prise avec le réel passe a priori inaperçue lorsqu’on découvre pour la première fois Grand Mountain Adventure, en cause un environnement graphique minimaliste et poétique. Pourtant, manœuvrer d’élégants virages à l’aide des bâtons de ski et glisser en zigzags incessants n’a jamais autant rappelé nos premières expériences en tant que 1er flocon.

C’est aussi le cas des va-et-vient entre les pistes et les télésièges. Chaque circuit ou remontée mécanique est d’ailleurs payante, à l’aide de forfaits de ski qu’on peut trouver éparpillé sur l’ensemble de la montagne, nous invitant par la force des choses à l’exploration.

Aux premières sensations, on constate immédiatement que la proposition des frères Sehr va au-delà du traditionnel jeu de sport. La vitesse peut être appréciable, mais elle est remise à sa place en tant qu’accessoire fantasmé du ski, tout comme on préférera aux éréthismes du sport extrême la lente mais parfaite maitrise de la technique.

Une montagne dans Grand Mountain Adventure, immense et relevant de nombreux en défis

La montagne de Saint Luvette

 

La montagne ça se gagne

L’exigence des premiers moments

Cette technique est peut-être l’intérêt central du jeu, puisqu’elle contient quelques difficultés s’avérant déterminantes pour qu’on prenne du plaisir par la suite. Les contrôles s’apprivoisent ainsi en une grosse demi-heure, pas qu’ils soient particulièrement nombreux, mais il y a du défi à absorber la simple méthode de progression sur la neige. Toujours dans ce lien au réel, le studio Toppluva propose ainsi d’avancer en toute maitrise en alternant les virages brefs, allant parfois jusqu’à déconseiller la ligne droite passive sous peine de perdre le contrôle de ses skis.

Si la descente peut sembler douce, elle n’en reste pas moins fidèle à une expérience authentique où, dans une situation de glisse, chaque mouvement doit demeurer précis. Progressivement, des techniques plus avancées sont proposées, comme le drift ou le dérapage, afin de complexifier certains parcours de descente. Enfin, quelques figures d’acrobatie sont enseignées lors des sauts de ski, pour permettre d’acquérir des points lors de circuits destinés à cette discipline. En ce qui concerne ces circuits, chaque montagne en compte un certain nombre, avec des défis qui sont souvent renouvelés par la venue de situations géographiques et géologiques différentes selon les montagnes. Il peut s’agir de courses contre la montre, de parcours avec des cercles à franchir, de sauts de ski ou de figures acrobatiques à réaliser.

Un gif montrant un slalom de ski dans Grand Mountain Adventure

 

Poétique de la répétition

Assez rapidement, on comprend que notre expérience de Grand Mountain Adventure sera assez répétitive. Malgré tout, des tentatives sont réalisées pour saborder cette répétitivité, avec des facteurs qui interviennent pour différencier les parcours ; c’est le cas d’une crevasse, de la courbure d’une falaise, de la présence d’animaux dangereux ou d’avalanches récurrentes. Et finalement, cette critique de la répétition serait à faire au sport alpin lui-même, le ski comportant en son sein une certaine proportion à répéter indéfiniment la même aventure. C’est pourtant dans ces descentes et ces remontées que notre rapport culturel à la montagne puise son sens, avec une absurdité avouée pour répéter ce geste. Grand Mountain Adventure rappelle ce mouvement poétique, dans ses télésièges et pistes, mais aussi en l’avoisinant à la maitrise des techniques vidéoludiques par la répétition.

Un télésiège dans Grand Mountain Adventure

Attendre son télésiège comme tout le monde

 

On ne peut décemment reprocher au studio Toppluva d’être répétitif, alors que son ambition est dans le vraisemblable en même temps que le poétique. En outre, la maitrise de la technique offre par la suite une liberté jouissive, qui permet des sensations de glisses très agréables, mais aussi valorisantes personnellement, puisqu’elles offrent la possibilité d’explorer la montagne et de s’en emparer. Il est tout à fait possible, en effet, de se détourner des pistes pour créer sa propre aventure personnelle, à l’instar d’un monde ouvert. Une montagne étant assez immense, son exploration peut prendre une vingtaine de minutes, en découvrant les forêts, les villages ou la vie géologique et animale.

Pour apporter du contenu vidéoludique, le studio Toppluva propose également de réaliser tout cela en multijoueur local, avec la possibilité d’attiser la compétition en se lançant des boules de neige ou en mettant des obstacles sur la piste. Ce contenu devrait cependant être à destination des joueurs avertis qui ont obtenu les félicitations du jury en solo avant de se lancer ainsi dans la mêlée. Sans cela, l’expérience sera pénible et difficile. Pour peu qu’un skieur ne suive pas ses comparses, la caméra ne saura plus où donner de la tête et la tranquille aventure alpine prendra alors des allures chaotiques.

4 joueurs sur la piste dans Grand Mountain Adventure

 

Les charmes d’une boule à neige

Un sport intimiste

Ce qu’il en ressort finalement, c’est que Grand Mountain Adventure a pris la pente douce, s’éloignant de ses ancêtres sportifs où glisser rimait avec voiture de course. Les ambitions du gameplay peuvent paraître légères, mais elles sont à recontextualiser avec les intentions des frères Sehr : produire un espace intimiste pour un moment voué à la relaxation. C’est d’une évidence claire lorsqu’on apprécie le travail qui a été fait sur les paysages, qui oscillent entre art graphique naïf et calme épuré.

Cela se retrouve également dans le travail des textures, en particulier la neige qui procure une sensation adorable et réaliste lorsque nos skis s’y enfoncent. Selon le pays dans lequel se situe la montagne que l’on a choisie, l’environnement peut légèrement évoluer, choisissant parfois un biome rappelant les fjords scandinaves ou les forêts des alpes françaises. Autrement dit, la mise en scène se veut minimaliste, installée dans l’apaisement propre à l’hiver, afin de ménager une expérience de la montagne.

Grand Mountain Adventure ne trouvera donc probablement pas grâce aux yeux d’amateurs de sport extrême. En tant qu’expérience basée sur la relaxation et l’introspection, on est assez éloigné des classiques du genre comme Steep (2016) ou Snow (2013) qui reproduisaient brillamment les pirouettes et intensités sportives auxquelles on s’attend habituellement. Adieu les sponsors publicitaires qui peuplent les pistes de ski ou la musique mi-électro mi-énervée . Grand Mountain Adventure préfère jouer un piano de quelques accords, au doux rythme de nos plantés de bâtons.

Paysage relexant de Grand Mountain adventure

 

Miniaturiser pour rendre compte du grandiose

Et c’est tant mieux. Une proposition pareille, suffisamment osée et unique, mérite d’être saluée, surtout lorsqu’elle réussit aussi bien à agencer l’ensemble de ses envies de façon harmonieuse. Il faut ajouter que les montagnes à explorer ont le charme des minimondes, la distance avec la caméra rendant tout assez petit.

Cela peut être un inconvénient, en revanche, lorsqu’on travaille sa précision sur les pistes, la visibilité des détails étant amoindrie, mais on se rend compte que ce problème est vite résolu avec suffisamment d’acharnement. Un inventaire, très réduit, vient confirmer cette affection pour la nature montagneuse, notamment un télescope qui permet d’observer son environnement. Une boule à neige permet d’effacer les traces que l’on a laissées sur la montagne, filant la symbolique du monde miniature.

Notons que cette appréciation du paysage hivernal est confirmée par un questionnaire, portant sur les enjeux écologiques de nos jours. S’il rassemble les bonnes réponses, celui-ci permet d’accéder à une montagne secrète, une initiative qui marque la relation de l’équipe avec cet univers.

Enfin, un mode zen vient parfaire l’expérience, pour ceux qui souhaiteraient se détourner complètement des pistes ou des challenges, afin de simplement flâner sur la neige. Un des frères Sehr évoquait déjà en 2019 cette envie de resituer le ski dans sa relation à la montagne :

“La perspective isométrique donne au paysage un effet de monde miniature, mais conserve en même temps une profondeur vertigineuse. Beaucoup de gens utilisent comme référence la vue de drones. […] Nous avons réalisé beaucoup de tentatives en situant la caméra derrière le joueur, plutôt qu’à l’avant, mais on en est venu à la conclusion que cela réduisait les sensations qu’on pouvait avoir en montagne.”

Un village de Grand Mountain Adventure

 

Grand Mountain Adventure transforme le sport en une expérience écologique et poétique

Débutant sur mobiles, Grand Moutain Adventure a joué sur des ambitions technologiques modestes, pour finalement permettre l’émergence d’une réinvention du sport alpin. Il se démarque profondément de ses pairs en la matière, choisissant l’apaisement et la lenteur quand ceux-ci se plongent dans la frénésie et le spectacle extrême. Bien entendu, il pourra étonner pour ces choix et fera difficilement l’unanimité auprès des amateurs de sport vidéoludique traditionnel.

Pour autant, malgré un calme relatif, Grand Mountain Adventure suggère une technique dense, faisant de ses premiers abords une difficile ascension. Cependant, la chaleur qui se dégage de son environnement saura raviver nos plaisirs, comme une intimité retrouvée avec l’hiver. Au cœur de tout, c’est finalement la montagne qu’on célèbre chez Toppluva, faisant du ski un outil pour arpenter ses merveilles. On peut dire que, d’une certaine façon, Grand Moutain Adventure est destiné à un public de fin de journée, qui trouvera dans la glissade un moment de répit relaxant.

De ce point de vue, il est davantage à rapprocher d’Alto’s Adventure (2015) qui partage avec ce dernier le charme d’une balade. Grand Moutain Adventure a certes quelques difficultés avec la caméra ou la répétition de ses défis, mais on prend autant de plaisir à replonger dans ses montagnes qu’à s’extraire du monde en s’emmitouflant dans une chaude couverture. Sa proposition sincère et familiale saura marquer la façon dont on envisageait jusqu’à alors le sport dans le jeu vidéo, transformant l’habituelle compétition en un remarquable geste écologique et poétique.

Les frères Sehr de Toppluva en photo

Photo de l’instagram des frères Sehr à la montagne, attendant l’ouverture de la piste avec impatience

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Phebus

J'aime me plonger jusqu'à l'os dans des choses que je ne connais absolument pas, pour rester curieux de tout, toujours le poing levé comme disait une chanteuse de mes folles années de jeunesse. Sinon je fais partie de cette secte, toujours plus réduite, qui croit en la sortie d'un Half-life 3 depuis vingt ans. J'ai cependant d'autres religions comme Dear Esther, Denis Villeneuve, Alien, les chats, le Japon ou la cuisine. Touche-à-tout en jeux vidéo, j'ai tout de même mes limites quand il s'agit de taper dans le ballon rond ou m'infliger du golf ô combien dynamique. Entre toutes ces choses, j'aime malgré tout un peu d'instinct primaire, en me défoulant sur un FPS en ligne, ça finit toujours une journée en beauté. J'aime à penser que j'aurai pu faire une carrière inimaginable dans l'Esport et devenir celui qui connaît le jeu vidéo mieux que tout le monde (pathétique fierté humaine).

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