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africa legends 2 - un désir d'innovation au message hétéroclite

L’Afrique et le jeu vidéo – partie 1 : un désir d’innovation au message hétéroclite

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Malgré ses cinq cents millions de joueurs, l’Afrique est souvent bien peu représentée dans le paysage vidéo-ludique. A l’occasion de la Paris Games Week et grâce à l’initiative de Paradise Game, la rédaction de Jeu.Video est allée à la rencontre de douze studios du continent pour évoquer avec eux l’état actuel de l’industrie du jeu vidéo en Afrique, ses influences et ses perspectives pour l’avenir. Un dossier en plusieurs parties que nous vous ferons découvrir au cours des prochaines semaines.

 

Ils viennent de Tunisie, du Bénin, de Madagascar, du Kenya, d’Afrique du Sud ou encore du Ghana, n’ont pas le même parcours, mais sont liés par la passion du jeu vidéo et la volonté de mettre en avant la culture de leur pays dans ce média à l’importance croissante. Inspirés par le boom du jeu mobile et la montée en puissance de la réalité virtuelle, les studios ont vu dans ces technologies de nouveaux moyens pour faire du jeu « à l’africaine ».

Sur le stand de l’Africa Corner de la Paris Games Week, nous avons découverts leurs jeux et nous avons cherché à en savoir plus sur ce qui a motivé et fait naître leurs projets.

 

Valoriser le patrimoine local

Les développeurs du studio malgache Lomay sont d’abord « des gamers, pas des professionnels » mais l’envie de parler de leur pays et des problématiques locales les ont poussés à développer des jeux. En effet,

« le jeu vidéo a toujours été présent dans nos vies. Il n’y a pas d’école de jeu vidéo à Madagascar mais nous sommes des passionnées et c’est la cause dont nous voulions parler qui nous a motivé à créer le studio Lomay et notre jeu Dahalo », souligne Hera Tenny Randrianirina.

Le titre du soft fait référence aux groupes de bandits du même nom qui s’attaquent régulièrement aux élevages de zébus dans le sud de l’île. Un fléau méconnu du grand public et contre lequel les autorités ont du mal à lutter. Si la démarche de Lomay est politique et engagée, elle témoignage aussi de la démarche de créer des jeux ancrés dans la culture locale.

C’est également ce désir qui anime Digital Culture Experience. Ce studio tunisien est « né d’une envie de valoriser le patrimoine et la culture tunisienne, maghrébine, africaine et méditerranéenne », notamment à l’aide de la réalité virtuelle et de la reconstitution numérique. Leur jeu Carthage VR, présenté sur le salon, permet au joueur de s’immerger dans la fameuse ville antique qui se trouvait dans les environs de l’actuelle ville de Tunis. Une initiative inédite qui a reçu le soutien du CNCI (NDLR: Centre National du Cinéma et de de l’Image).

 

carthage vr2

Carthage VR permet une visite virtuelle de la cité antique au IIe siècle avant J.C

 

Des histoires made in Africa

Même son de cloche chez Leti Arts. Fans de jeu video et de comics, les développeurs de ce studio ghanéen ont décidé de créer un univers complet, peuplé de héros et de méchants représentant les différents pays et culture de l’Afrique, du vaudou au Zulu en passant par les sapeurs ou les Dogons. Des héros que l’on retrouve dans leur jeu Africa’s Legends mais aussi des des comics disponibles sur une application dédiée. Ainsi,

« J’ai grandi avec les comics, les jeux vidéo, les héros du monde entier. Je connais presque mieux les héros des mythes étrangers que les héros africains. L’Asie a apporté sa touche culturelle au jeu vidéo, les Etats-unis et l’Europe ont suivi et maintenant c’est au tour de l’Afrique », explique Eyram Tawia, CEO de Leti Arts.

africas legnds

Pour GreyParrot Interactive , studio ghanéen, créer des jeux vidéo made in Africa fut une envie avant de devenir une réelle cause :

« Nous nous sommes rendus compte que même si on jouait beaucoup, il n’y avait pas de jeux africains, avec des histoires africaines et surtout pas de personnages auxquels on pouvait réellement s’identifier. Nous nous sommes dit que ce serait vraiment bien pour les enfants ghanéens d’avoir des héros africains qui leur ressemblent », indique Serri “Setriakor” Nyomi.

Dans cet esprit, le studio développe actuellement Mancala Plus, une version virtuelle du Mancala, jeu local réputé pour être l’un des plus anciens de l’histoire de l’humanité.

 

Une volonté de dynamiser l’industrie

D’après Eyram Tawia, « Aucun jeu africain existant n’a encore vraiment généré de revenu réel ». Les studios doivent donc trouver d’autres activités pour se financer comme du consulting ou du développement d’applications. Faire du jeu vidéo une activité rentable en Afrique, c’est pourtant un défi qui a motivé les béninois du studio DASCO.

« Au Bénin, l’industrie de jeu vidéo est quasi inexistante. Nous voulions que cela change alors nous avons décidé de créer notre studio, sous forme de start up puis de SARL, avec la volonté de créer des jeux mobile sur des thématiques locales pour rassembler les parents et les enfants », révèle Hermann Assevi, fondateur du studio.

Leur premier jeu, intitulé Zemidjan en référence aux moto-taxis omniprésents au Bénin, veut mettre le joueur dans la peau de ces travailleurs qui sont au cœur de la société béninoise. Et pour que le jeu génère des revenus, des annonceurs pourront mettre en avant leurs marques dans la Cotonou virtuelle traversée par le joueur, géolocalisé en temps réel.

dasco zemidjan

Crédit Photo : Agence pour le Développement Numérique du Bénin

 

Le jeu vidéo, vecteur d’apprentissage

Si l’envie de proposer des divertissements vidéo-ludiques adaptés pour le public africain est bien présente, d’autres studios ont vu dans le jeu vidéo et les nouvelles technologies des outils éducatifs ou à visée professionnelle. C’est le cas du projet tunisien Toufoula Kids. “Nous avons créé un éditeur de contenu éducatifs pour les enfants de 4 à 10 ans, le tout en langue arabe, explique Awatef Mosbeh. “A la base, je viens du domaine de l’illustration du livre d’enfants, puis de la création de dessin animé et le jeu vidéo m’a semblé comme une continuité naturelle, notamment grâce à la réalité augmentée”.

Chez Black Dune Studio, également basé à Tunis, on voit encore plus loin. La réalité virtuelle peut aider à apprendre un métier.”J’ai toujours voulu travailler dans la réalité virtuelle et quand j’ai rencontré les autres membres du studio, il y a eu un vrai de coup de foudre entrepreneurial et nous avons décidé de nous lancer dans la niche des Serious Games” s’enthousiasme Mohamed Bouabidi.

« Nous développons actuellement Health VR, une solution qui regroupe plusieurs modules d’apprentissage en médecine comme l’anatomie, la chirurgie, l’accouchement ou encore la réanimation », ajoute Mohamed Bouabidi.

Avec une passion palpable et un vif désir de reconnaissance, les studios africains que nous avons eu le plaisir de rencontrer veulent créer un jeu vidéo, différent, unique, local et utile.

Le chemin semble encore long et semé d’embûches mais l’envie de faire naître et vivre une industrie du jeu vidéo l’emporte sur la crainte. Au cours de nos interviews, nous avons été agréablement surpris par l’enthousiasme de ces créateurs, jamais gagnés par le défaitisme malgré les difficultés techniques ou financières, et toujours motivés à l’idée de développer de nouveaux récits inspirés de la culture de leurs pays respectifs ou de donner de nouveaux usages à un média qui les fascine. Nous reviendrons sur ces points dans les prochaines parties du dossier !

« Quand l’Afrique sera capable de raconter sa propre histoire dans le jeu vidéo, elle pourra rivaliser avec l’Europe et les Etats-Unis », conclut Eyram Tawia.

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Sgtkabukimen

Prêtre gamer du Soleil Levant depuis deux décennies, j’aime manier la gunblade, le megabuster, et le fouet pour faire des passes d’armes avec des Cyborg Ninja Vampire dans les ruines de Neo Tokyo. Je délaisse de temps en temps mon cher Japon pour me livrer aux joies du jeu indépendant et exterminer des hordes d’aliens avec l’unité XCOM.

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