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L’Afrique et le jeu vidéo – partie 3 : Des acteurs ambitieux et talentueux

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A l’occasion de la Paris Games Week et grâce à l’initiative de Paradise Game, la rédaction de Jeu.Video est allée à la rencontre de douze studios du continent pour évoquer avec eux l’état actuel de l’industrie du jeu vidéo en Afrique, ses influences et ses perspectives pour l’avenir. Découvrez la troisième partie de notre dossier consacré à l’Afrique et le jeu vidéo.

 

Malgré les difficultés de formation ou de financement rencontrés par les différents studios africains, leur ambition nous a paru inébranlable. Conscients des enjeux et défis à relever et sans tomber dans l’angélisme, les développeurs avec lesquels nous avons pu échanger nous ont impressionné par leur détermination, leur savoir-faire et leur technique à la pointe de l’art.

 

Des challengers talentueux

Le défi qui attend l’industrie africaine du jeu vidéo est immense mais c’est un combat mené par des professionnels. Mark Ancheta, fondateur du studio marocain Altplay, est notamment passé par Ubisoft avant de créer son studio avec ses ambitions propres. Avant de devenir développeur du serious game Health VR chez Black Dune Studio, Mohamed Bouabidi a déjà œuvré pour d’autres entreprises spécialisées dans la réalité virtuelle. Avant de travailler sur des jeux de son coté, Awatef Mosbeh, impliquée dans le projet Toufoula Kids, a travaillé dans l’illustration de livres pour enfants. Enfin, Shannon Bennetts, développeuse sur Precious Cargo chez Falling Up Studios, est venue au jeu vidéo par l’animation considérant le média comme « la forme d’art ultime ».

Malgré des origines et des parcours différents, créer ou intégrer un studio de développement de jeu vidéo s’est imposé à ces professionnels à la fois comme une évolution nécessaire dans leur art ou leur carrière mais aussi comme une opportunité dans un secteur où tout reste à faire.

Initiatives et reconnaissance

Conscients de cette abondance de talents sur leur territoire, plusieurs initiatives africaines se sont créées pour pousser et encourager les studios. C‘est le cas notamment de Paradise Game, directement impliqué dans la création de l’Africa Corner à la Paris Games Week ainsi que du Festival de l’électronique et du jeu vidéo d’Abidjan. Des hackathons comme la Benin Game Jam 2019 et l’Afric’up challenge pitch ont permis de mettre en lumière des studios tels que Dasco, présent sur le salon avec le jeu Zémidjan. Digital Cultural Experience, de son coté, a bénéficié de la Tunisian Game Factory, un programme de production de jeu vidéo destiné aux start up.

Créé en 2016 à l’initiative de l’ambassade de France en Afrique du Sud, Le Digital Lab Africa (DLA) est un programme qui donne chaque année un coup de pouce à des entreprises africaines dans le secteur du numérique. Vainqueur de la troisième édition du DLA, les membres de Falling Up Studios ont pu profiter de cette précieuse aide. Sur un plan plus international, l’Organisation des Nations Unies a tenu à mettre en avant le studio kenyan Internet of Elephants pour son engagement pour la protection et la préservation de l’environnement et de la diversité animale.

Une mixité bien établie

L’exemplarité de ces studios au point de vue des messages se retrouve également sur le plan humain et social. La plupart d’entre eux, comme Leti Arts, Falling Up Studios, Dasco embauchent régulièrement autant des femmes que d’hommes. Chez Lomay on prétend même avec humour que « les femmes dominent à Madagascar ».

« La mixité au sein d’un studio crée de nouvelles perspectives, qui sont très importantes dans la conception du jeu » soulève Mark Ancheta, fondateur d’Altplay.

« Au Maroc, qui est un pays pourtant assez patriarcal, on retrouve autant de femmes que d’hommes dans les événements liés au gaming. » ajoute-t-il.

En Afrique du Sud, les mentalités évoluent aussi, en témoigne Shannon Bennetts : « Comme beaucoup de filles, j’ai été exposée à la toxicité masculine quand j’ai commencé à jouer en ligne et ça m’a vraiment affecté, mais depuis les choses se sont améliorées. Je fais partie de plusieurs communautés de joueuses en Afrique du Sud et nous essayons de trouver des solutions pour réduire cette toxicité. J’espère que cela va continuer à s’améliorer parce que les femmes peuvent jouer aux jeux vidéo, et un très grand nombre de femmes jouent. »

« En Afrique, nous avons une opportunité à saisir parce que l’industrie en est à ses débuts et nous pouvons démarrer sur des bases plus saines et éviter les erreurs commises ailleurs » poursuit Shannon Bennetts.

Un constat que nuance tout de même, Gautam Shah, fondateur du studio Internet of Elephants : « Quand nous avons cherché à recruter des développeurs pour notre jeu, nous n’avons eu que 5 % des candidatures féminines et dans les conférences de développeurs ou des conventions de jeux vidéo au Kenya, 80% des personnes présentes restent des hommes ». Des différences pas si étonnantes au vu de la grande diversité de cultures et de contextes économiques et sociaux présentes sur le continent africain.

Falling up studios

L’équipe de Falling Up Studios, un exemple de mixité

 

Aujourd’hui l’Afrique, demain le monde !

Les différents studios présents à la PGW se sont tous montrés très enthousiastes à l’idée de nous parler ou de nous montrer leur jeu. Faire connaître les studios et les jeux « Made in Africa » au plus grand nombre était leur raison d’être sur ce stand. Trouver des partenariats, des financements ou juste faire parler d’eux pour attirer l’attention sur leur travail est capital pour le futur de leurs jeux et de leurs entreprises. Si certains jeux sont d’abord destinés au marché local comme Toufoula Kids ou encore Zémidjan, d’autres ont une ambition plus internationale. Le studio Lomay, avec son jeu Dahalo, où les joueurs sont aux prises avec les voleurs de bétail du même nom, espère faire réagir les gamers du monde entier à cette cause. Même son de cloche chez  Internet of Elephants. Leur jeu Wildverse, ne vise pas le marché local ou même africain, mais cherche à sensibiliser le public au-delà des frontières.

Peut-être est-ce la passion ? l’envie de faire ses preuves ? Ou simplement une réelle vision ? Toujours est-il que nous n’avons jamais ressenti une once de défaitisme ou de résignation dans la bouche de nos interlocuteurs. Le futur semble prometteur pour ces studios aussi dynamiques qu’appliqués dans leur démarche. La route vers le succès est encore longue et semée d’embûches mais les fondations sont présentes et le mouvement est bien lancé. Et même si cette année, la plupart des regards se tourneront vers les consoles next gen ainsi que les nombreux titres AAA, nous tacherons de garder un œil sur les jeux découverts à l’Africa Corner.

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