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Pitaya

Le studio prometteur Pitaya se forme à La Réunion

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Pitaya, le studio au nom sucré, s’est bâti à Sainte-Marie, au nord de l’Île de la Réunion, avec une petite équipe qui promet déjà un premier jeu : GIFTED The Playhouse, prévu pour 2022.

 

Des ressources réunionnaises qui ne demandent qu’à être exploitées

C’est l’histoire d’une rencontre entre trois grands esprits : Loïc Manglou, Stéphane Belus et Rémi Voluer. Les trois fondateurs partagent un même engouement pour leur île et souhaitent voir éclore des initiatives qui manquent à La Réunion. Loïc Manglou, game designer et formateur à l’Institut de l’Image de l’Océan Indien (ILOI) déplore en effet que ses étudiants ne reviennent pratiquement jamais sur l’île et préfèrent travailler en métropole. Sur le site d’information réunionnais Freedom, il argumente ainsi :

En Hexagone 1 étudiant sur 2 trouve un emploi dans le jeu vidéo l’année suivant la fin de ses études alors qu’à La Réunion seul 1 sur 8 travaille dans ce secteur.

Stéphane Bélus et Rémi Voluer, eux, sont deux entrepreneurs qui voient à La Réunion un potentiel essor vidéoludique. Selon le baromètre annuel du Jeu Vidéo 2020 (SNJV), La Réunion et Guadeloupe constituent 0.4% des organismes vidéoludiques du pays (éditeurs, développeurs distributeurs, etc.). Un chiffre qui peut paraître bas, mais qui est à recontextualiser au nombre d’habitants dans ces régions : 800 000 pour La Réunion et 400 000 pour la Guadeloupe. Dans ces deux DROM, les 0.4% sont en très grande majorité des développeurs indépendants, qui travaillent à distance pour des studios à l’international. L’évolution dans la région, en revanche, est réelle puisqu’il s’agissait de 0.1% en 2015.

L’île semble maintenant prête à regrouper ses talents en studio. Selon Rémi Voluer, sur Freedom :

Pour faire face aux enjeux du marché, il est désormais nécessaire de constituer des équipes pluridisciplinaires rassemblées au sein de studios.

Extrait du baromètre du jeu vidéo par le SNJV

 

L’importance d’investir dans des studios comme Pitaya

Le studio Pitaya s’est constitué en une équipe de neuf personnes, avec une majorité de talents revenus sur l’île après une expérience en métropole. Car c’est un fait, même si le taux de chômage sur l’île de La Réunion tend à baisser ces dernières années, il est toujours important avec, pour 2020, un taux à 25% environ. Pour Rémi Voluer, au micro de la radio Réunion Première :

Le nombre de porteurs de projets au nombre d’habitant est largement supérieur à ce qu’on trouve en Métropole, les gens n’ont pas peur de créer et d’innover, [surtout] que l’on manque d’emplois donc les gens ont souvent du temps, des gens très qualifiés. Au final, la peur [d’entrepreneuriat] se situe au niveau de nos interlocuteurs politiques et économiques.

Loïc Manglou confirme ce manque d’investissements de la part des acteurs économiques, et d’investissements financiers notamment. Bien heureusement, Pitaya a bénéficié du soutien, financier et moral, du footballeur réunionnais Guillaume Hoarau (actuellement au club de Sion) dès 2019. Ce soutien en a déclenché un autre, en 2020, appuyé par le syndicat réunionnais Bouftang : celui du conseil régional et de la préfecture de la Réunion.

 

Un premier jeu à l’horizon 2022

Pour baptiser le studio, l’équipe souhaite alors sortir en 2022 Gifted the Playhouse, un jeu casual et compétitif sur mobile, qui permettra aux joueurs de se défier les uns aux autres sur des quiz ou des jeux de plateaux classiques comme le Mahjong. Dix mini-jeux seront proposés en tout et ils permettront de remporter de vrais cadeaux physiques, voire des sommes d’argent.

Pas besoin d’être connecté 24/24, Gifted se jouera en confrontation asynchrone, laissant le temps à chacun de participer. Des matchs d’ampleurs seront également de la partie, avec des tournois rassemblant des centaines de joueurs.

Enfin, le studio Pitaya souhaite intégrer un système social à la limite du RPG, où chaque joueur possèdera, en dehors des matchs, une Gifthouse. Sorte de foyer personnel et virtuel, la Gifthouse sera personnalisable et publique et s’installera dans un village où les voisins favoris (amis et contacts) seront rassemblés.

Affiche du jeu Gifted Playhouse : un trésor au sommet d'une pyramide

 

La tentative de NP Cube

Il faut rajouter que même si Pitaya profite d’un épanouissement jamais vu dans un DROM COM, il ne s’agit pas du premier studio de jeu vidéo réunionnais. Pixel Sunset, Chromatic Dreams et Funky Monkey sont trois autres studios éparpillés sur l’Île du Piton depuis 2015. Cependant, ils restent modestes dans leur constitution, et il faut avouer que Pitaya a une envergure moyenne qui ne s’était pas vue depuis longtemps dans la région.

Pour être plus exact, le tout premier studio de jeu vidéo réunionnais qui a fait parler de lui ainsi date de 2002. Formé par quatre personnes, dont trois issus d’Infogrames, le studio a été nommé selon un savant mélange des initiales de chacun. Cela a donné NP Cube, qui a développé un temps le MMO Dark and Light (redistribué ensuite à la société chinoise Snail Game). Après des débuts prometteurs, le studio s’est cependant écroulé très vite, du fait de litiges importants entre les membres fondateurs eux-mêmes, ainsi qu’avec leur éditeur mauricien Farlan Entertainment.

Certains membres de l’équipe, issus de la société VWORLD conceptrice de logiciels de rendus, ont fini par attaquer NP Cube et Farlan en 2007 pour “contrefaçon de logiciel, non-respect du droit au crédit et à la paternité, concurrence déloyale et parasitisme”. Le studio NP Cube, en effet, prétendait utiliser un logiciel de la technologie SCAPER pour son moteur 3D Mafate, mais il s’agissait tout compte fait d’une utilisation déguisée et non déclarée de la technologie V-world. Le procès s’est terminé en 2008, avec 50 000 euros de dommages et intérêts à reverser à la société VWORLD.

L’histoire a plongé NP Cube dans l’oubli, avec ses principaux acteurs partis avant que le navire ne coule.

Capture du jeu Dark and Light

Dark and Light a aujourd’hui bien progressé sous la main de Snail Game

 

Une histoire à bâtir

La Réunion profite donc d’un terrain quasi vierge, et la navrante histoire de NP Cube intervient à une époque où l’île devait se débrouiller avec ce qu’elle avait sous la main, sans beaucoup d’investisseurs. En outre, l’octroi de mer, une taxe importante dans l’import à la Réunion, a été un grand frein dans la construction d’une industrie (10,5% pour les jeux, et les machines en lien avec le ludique, avec une TVA à 8,5%. Pour une PS5 à 499€, on se retrouve donc à la payer 606€ sans les frais de port, selon le calculateur d’OtakuGame).

Aujourd’hui, la situation est très différente. Le dématérialisé devient presque inhérent à la production vidéoludique, et les compétences peuvent facilement se partager sur des fuseaux horaires différents (il n’est pas rare aujourd’hui de voir un studio rassembler des postes de graphistes, sound designer, game dev, etc. à différents endroits du monde). Même si Rémi Voluer en appel aux politiques et aux organismes pour investir dans le jeu vidéo insulaire, le collectif Bouftang dont il fait partie est un bel exemple de l’évolution du marché sur La Réunion.

Loïc Manglou fait, à ce titre, partie des fondateurs du collectif. En rassemblant les professionnels de cette micro-industrie et en constituant une équipe moyenne pour un studio, il dessine les premières étapes d’une petite économie du jeu vidéo Outre-mer. C’est aussi la clé pour acquérir la confiance des organismes publics. En ce sens, Gifted permettra, à coup sûr, une stabilité financière, et une garantie du talent du studio Pitaya. Ce premier fruit, on l’espère, en fera mûrir d’autres dans les années à venir.

L'équipe de Pitaya dans ses locaux à La Réunion

L’équipe de Pitaya dans ses locaux

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Phebus

J'aime me plonger jusqu'à l'os dans des choses que je ne connais absolument pas, pour rester curieux de tout, toujours le poing levé comme disait une chanteuse de mes folles années de jeunesse. Sinon je fais partie de cette secte, toujours plus réduite, qui croit en la sortie d'un Half-life 3 depuis vingt ans. J'ai cependant d'autres religions comme Dear Esther, Denis Villeneuve, Alien, les chats, le Japon ou la cuisine. Touche-à-tout en jeux vidéo, j'ai tout de même mes limites quand il s'agit de taper dans le ballon rond ou m'infliger du golf ô combien dynamique. Entre toutes ces choses, j'aime malgré tout un peu d'instinct primaire, en me défoulant sur un FPS en ligne, ça finit toujours une journée en beauté. J'aime à penser que j'aurai pu faire une carrière inimaginable dans l'Esport et devenir celui qui connaît le jeu vidéo mieux que tout le monde (pathétique fierté humaine).

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