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Drapeau ukrainien issu de GSC Game World

Des studios de jeu vidéo affichent leur soutien à l’Ukraine

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Depuis le 24 février dernier, l’Europe connaît l’opération militaire la plus importante depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La fédération de Russie a lancé ces derniers jours une invasion militaire chez son voisin l’Ukraine, avec des sièges qui durent encore aujourd’hui dans les plus grandes villes du pays (Kharkiv, Mariupol, Odessa, Donetsk, etc.). Tenant bon malgré tout, la capitale, Kiev, est le théâtre des affrontements les plus meurtriers. Les actions russes ont subi dès lors des condamnations morales et financières venant de l’international, tandis que la plupart des pays de l’UE ont souligné leur soutien à l’Ukraine, notamment par l’envoi de matériels militaires et humanitaires. Dans le monde vidéoludique, plusieurs studios prennent position et montrent leur solidarité avec le peuple ukrainien, participant même parfois activement à l’effort.

Image de This war of Mine, pour le soutien aux victimes en Ukraine

 

#FuckTheWar

La Pologne ne se fait pas attendre

Au lendemain des premiers combats, l’industrie vidéoludique s’est peut-être réveillée avec des nouvelles peu réjouissantes, mais s’est rappelée du besoin de solidarité dans une telle situation. Le plus remarquable est certainement les messages de plusieurs studios de l’Europe de l’Est, qui appellent à l’union pour la paix dans la région.

C’est particulièrement le cas de 11 bit studios, à qui l’on doit Frostpunk, qui, avec This War of Mine, affichait déjà un engagement politique pacifique. Avec leurs bureaux installés à Varsovie en Pologne, 11 bit Studios est lié à l’histoire de la culture slave et par conséquent directement touché par le conflit. Ainsi, pour une semaine, le studio a déclaré reverser la totalité de ses bénéfices du jeu This War of Mine à la Croix-Rouge ukrainienne.

 

Une déclaration qui a été suivie par un collaborateur éditeur, CD Projekt, lui aussi polonais. En effet, l’éditeur de Cyberpunk 2077 ou The Witcher 3 a montré son soutien, avec un don à l’ONG Polska Akcja Humanitarna (organisme humanitaire polonais qui a récemment lancé des initiatives pour la protection et l’assistance des civils ukrainiens) à hauteur de 216 000 €. L’indépendant polonais Jakub Wasilewski a, lui aussi, emboité le pas de cet élan solidaire, avec le reversement de ses bénéfices sur Slipways à la Croix-Rouge polonaise.

 

Les pays slaves unies face à l’horreur

On note également un mouvement similaire en République Tchèque, avec le studio Amanita Design qui nous avait valu en 2009 Machinarium :

Nous condamnons l’invasion russe de l’Ukraine. Un tel acte d’agression n’a absolument aucune place dans une société démocratique. En soutien de l’Ukraine, nos prochains gains pour la semaine venant de Machinarium, CHUCHEL et Creaks […] seront reversé à People in Need, une association à but non lucratif qui utilisera l’argent pour aider les personnes les plus vulnérables en Ukraine et assister les réfugiés dans les pays voisins.

Même chose du côté suédois, avec l’équipe de Raw Fury qui rappelle “qu’en temps de guerre, il est plus important que jamais de faire preuve d’empathie les uns envers les autres“. Le studio à succès avec Townscraper ou Sable enjoint par la suite chacun à faire un don à la Croix-Rouge ukrainienne.

Autre entité suédoise, Embracer, qui détient la plus grande valeur d’Europe en termes de société vidéoludique, a aussi démontré sa préoccupation, en parallèle d’une assistance considérable. Le groupe Embracer a donné 1 million de dollars pour des ONG humanitaires travaillant actuellement sur le terrain, telles que la Croix-Rouge ukrainienne, SOS Children’s Villages, Act Alliance, etc. Mais loin d’arrêter là cette vague généreuse, le dirigeant d’Embracer Group, Lars Wingefors, met à disposition 1 million de dollars supplémentaires (issu de sa fortune personnelle) afin de protéger et assister ses employés ou calloborateurs ukrainens encore sur place.

 

Discord, outil de cohésion

En vérité, c’est l’ensemble des régions slaves et baltes qui témoigne d’une grande résolution fraternelle. On peut, bien évidemment, reconnaître derrière cet engouement les frayeurs issues de l’Union Soviétique, ravivant chez chaque nation de la région le désir de souveraineté et d’indépendance sur son territoire. Cette histoire est commune et complexe aux pays de l’Europe de l’Est, mais certifie à ce jour d’une belle intelligence dans l’union.

S’il en fallait davantage pour témoigner de cet essor solidaire, il faut mettre en avant une initiative commune qui découle des besoins urgents de mise en sécurité des familles. Par l’intermédiaire de la suédoise Hanna Fogelberg (responsable communication au studio Landfall) et de la danoise Astrid Refstrup (CEO de Triple Topping), un serveur discord a été lancée pour réunir les personnes cherchant refuges ou aide.

Cet outil social est transformé en canal humanitaire, permettant de partager des informations sur les zones de dangers, les visas étrangers, les aides financières, les refuges solidaires ou encore des zones de rendez-vous aux frontières. À destination des Ukrainiens, on y recense de nombreux studios indépendants ou des développeurs en freelance qui cherchent des moyens de fuir le pays.

Pine Creek Games, Lynx Analytics, Bloober Team, Gummy Cat, Rage Quit Games sont une petite liste parmi les nombreux studios étrangers et personnes qui offrent sur ce discord des bureaux, une chambre ou des moyens financiers afin d’échapper à la tragédie. C’est aussi le lieu pour discuter de la situation, son évolution minute après minute, ou même, plus surprenant, d’échanger avec des collaborateurs biélorusses.

 

Une solidarité à l’international

Plus loin, en Californie, c’est l’éditeur Crytivo qui s’est emparé de la crise, avec une grande générosité dans leur discours. L’éditeur de jeux indépendants reversera tous ses bénéfices provenant de son store du mois de février et du mois de mars à la Croix-Rouge ukrainienne. Avec plusieurs employés travaillant en Ukraine, Crytivo est directement concerné par la tragédie européenne.

Ce n’est néanmoins pas un cas isolé, l’Ukraine demeure une zone très importante dans le jeu vidéo qui concentre un grand nombre de sous-traitants. C’est le cas du géant Ubisoft qui affirme prédisposer aux besoins financiers de ses employés sur place, ainsi que de leurs familles. L’entreprise française possède deux succursales importantes situées aux abords des combats : Kiev et Odessa.  Concrètement, il s’agit de fournir de l’argent à leurs collègues et employés ukrainiens pour permettre de fuir les combats ou bien de trouver de nouveaux hébergements.

Ubisoft a déclaré également avancer le versement des salaires, afin de pallier à tous problèmes qui surviendraient avec les services banquiers suite à la chute catastrophique du hryvnia (monnaie ukrainienne).

En France, le spécialiste du jeu vidéo mobile Gameloft dit “suivre de près la situation depuis des semaines et maintient ses relations avec ses studios ukrainiens” situés à Kharkiv et Lviv. De l’autre côté de la Manche, le studio britannique State of Play, qui nous a offert le magnifique Lumino City en 2014, rappelle sa relation intime avec les membres de 11 bit studios. Il déclare du même coup faire le même choix avec une redistribution de ses gains pour la semaine à la Croix-Rouge ukrainienne.

 

L’importance de l’Ukraine dans la scène vidéoludique

Un développement impressionnant depuis dix ans

Aussi bienvenue qu’elle puisse être, une telle ferveur dans le monde vidéoludique n’est cependant pas un hasard. Si l’on étudie rapidement la situation ukrainienne dans le jeu vidéo, ainsi que ses relations de travail avec le reste du milieu, on comprend rapidement qu’il existe un lien fort entre ce pays et les studios du monde. L’usage de studios sous-traitants en Europe de l’Est est à ce sujet très répandu et a participé activement à l’épanouissement technologique de la région.

Rien que pour le domaine industriel de l’électronique, la zone dépassait en 2016 la production de l’Europe de l’Ouest, en constituant 50,3% de la valeur européenne de production électronique en sous-traitance.

Dans le domaine du jeu vidéo, Gameloft figure comme l’un de ces premiers acteurs sur le territoire ukrainien, avec près de 500 employés en sous-traitance. C’est aussi le cas de l’entreprise israélienne de jeux mobiles Playtika, Ubisoft, la société chypriote Wargaming.net, l’américain Innovecs Gaming ou encore Room 8 Studio. Tous emploient un nombre important d’Ukrainiens sur place, c’est-à-dire une moyenne par équipes d’environ 300 personnes.

Selon un rapport de 2018 sur l’Ukraine, les sociétés du pays consacreraient 37,5% de leurs projets à la sous-traitance, autrement dit la seconde activité des studios. La première serait, elle, occupée à la production de leurs propres créations vidéoludiques à 69%, les studios pouvant à la fois faire de la sous-traitance et produire leurs propres licences. En outre, dans les dix dernières années, ce n’est pas moins d’une trentaine de studios de développement qui ont été créé, avec Kiev et Karkhiv comme les principaux lieux d’implantation.

Frise témoignant de l'expansion du secteur vidéoludique en Ukraine

La région ukrainienne témoigne donc d’une grande attractivité. Pour mieux expliquer cette tendance, on peut rappeler que les salaires y sont les plus élevés de l’Europe de l’Est, mais également que les établissements formateurs de qualité participent à l’essor. C’est le cas de l’institut polytechnique de Kiev ou l’Université technologique de Karkhiv. En janvier dernier, Alina Mudrava, dirigeante de l’entreprise Values Value, spécialisée dans le recrutement en jeu vidéo a, à ce sujet, été invité par Wargaming.net. Elle a pu exposer l’expansion du secteur ukrainien, approfondissant davantage les points déjà évoqués. Elle a pu souligner, notamment, l’avantage fiscal pour les sociétés et les employeurs sur le territoire, qui s’ajoute à une population de développeurs de plus en plus talentueuse.

Deux studios ukrainiens pris dans le conflit

En parallèle de toutes les prises de paroles sur Twitter susmentionnées ou des appels aux dons humanitaires, on est en droit de s’interroger sur la situation et la sécurité des studios ukrainiens demeurant actuellement à Kiev. Au plus proche des combats et de ce conflit désastreux, la société GSC Game World va plus loin dans sa communication, appelant le public européen à un soutien “plus concret“. Le studio célèbre pour S.T.A.L.K.E.R. expose sa détermination à résister à l’invasion russe et propose d’y contribuer à sa manière.

Ainsi, il exhorte “tous les collègues de l’industrie du jeu vidéo, les joueurs, blogueurs […] à partager ce message, de ne pas rester à l’écart et d’aider ceux dans le besoin.” La compagnie conclut son annonce avec les coordonnées bancaires de l’armée ukrainienne, pour un soutien directement destiné aux fronts, relevant que “l’Ukraine persévèrera, comme elle l’a toujours fait“.

Le studio ukrainien Frogwares, à l’origine de la série de jeux des Sherlock Holmes et du brillant The Sinking City, s’est, lui aussi, exprimé. L’équipe délivre un message poignant, qui traduit certainement le mieux le désarroi dans lequel la population se trouve actuellement :

On ne peut pas rester les bras croisés. La Russie attaque notre patrie et nie la souveraineté de l’Ukraine. Nous essayons de rester en sécurité, mais c’est la guerre et il n’y a pas deux façons d’y faire face. […] Nous sommes une nation pacifique et durant les années depuis que nous avons gagné notre indépendance, nous n’avons jamais attaqué ou menacé personne. À cause de cette situation, notre travail va être impacté et nos vies ont une chance d’être détruites.

 

Le monde du jeu vidéo milite pour la paix

Il va sans dire que la situation est un drame historique pour l’Europe, alors qu’on ne pensait pas assister à une telle escalade sur le continent depuis près de 80 ans. Au-delà des conflits relevant de la souveraineté culturelle ou géographique des nations, il faut rappeler les principales victimes d’un tel moment, autrement dit les familles et les populations civiles qui se retrouvent très souvent au sein d’une guerre qu’ils n’ont pas souhaitée. Les territoires de Donetsk et Lougansk en sont un témoignage important, étant embourbés depuis 2014 dans des combats ravageurs entre Russes et Ukrainiens.

Le milieu du jeu vidéo rappelle finalement une notion pacifique essentielle, en se constituant en une union déterminée à condamner les actes barbares de ces derniers jours. Finalement, c’est l’équipe de 11 bit studios qui exprime mieux que quiconque cette pensée, en allant droit au but : Fuck The War”.

Par cet élan de solidarité, la culture vidéoludique rappelle ses racines profondément bienveillantes, habitée par une communauté qui prouve de plus en plus sa chaleur humaine. En un éclairage émouvant, on peut conclure sur le rassemblement virtuel des joueurs d’Elder Scrolls Online. En parallèle des marches européennes et mondiales pour la paix qui ont eu lieu le 26 février, les joueurs d’Elder Scrolls ont lancé l’initiative d’une “marche contre la guerre” en Cyrodiil. Une démonstration aussi chaleureuse, rassemblant différentes personnes au travers du monde, apporte un grand réconfort et demeure fondamental pour se rappeler à l’espoir.

Marche contre la gerre dans Elder Scroll Online

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Phebus

J'aime me plonger jusqu'à l'os dans des choses que je ne connais absolument pas, pour rester curieux de tout, toujours le poing levé comme disait une chanteuse de mes folles années de jeunesse. Sinon je fais partie de cette secte, toujours plus réduite, qui croit en la sortie d'un Half-life 3 depuis vingt ans. J'ai cependant d'autres religions comme Dear Esther, Denis Villeneuve, Alien, les chats, le Japon ou la cuisine. Touche-à-tout en jeux vidéo, j'ai tout de même mes limites quand il s'agit de taper dans le ballon rond ou m'infliger du golf ô combien dynamique. Entre toutes ces choses, j'aime malgré tout un peu d'instinct primaire, en me défoulant sur un FPS en ligne, ça finit toujours une journée en beauté. J'aime à penser que j'aurai pu faire une carrière inimaginable dans l'Esport et devenir celui qui connaît le jeu vidéo mieux que tout le monde (pathétique fierté humaine).

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