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No Straight Roads

No Straight Roads – Une mélodie entraînante aux accords imparfaits

Teasé depuis trois ans dans de multiples conférences, No Straight Roads était un jeu attendu à la fois pour sa direction artistique, son univers musical et en raison du pedigree de son équipe de développement. Derrière ce beat them rock’n’roll, se trouve en effet Wan Hazmer, ancien game designer principal sur Final Fantasy XV et Daim Dziauddin, artiste connu pour son travail sur Street Fighter V. Le duo a-t-il produit un concert d’anthologie ou une assourdissante cacophonie ? Réponse dans, 1, 2, et 1, 2, 3, 4 !

 

Le rock à l’index

Le rock est interdit. La sentence est tombée ce matin. Je n’arrive pas y croire. Le rock, ma musique adorée qui a vu naître des artistes exceptionnelles comme Kul Fyra et les Goolings. Pourtant c’est arrivé. Hier pourtant, tout semblait possible. Nous étions en direct dans un télécrochet organisé par No Straight Roads (NSR), l’entreprise à la tête de notre chère Vinyl City. Ma guitare était accordée comme jamais et Zuke, mon batteur, était prêt à matraquer ses fûts. Et on a… assuré comme des bêtes! Du jamais vu à Vinyl City.

Maintenant que j’y repense, on en a peut-être même trop fait. Un par un, les juges nous ont recalés. Tatiana, la patronne de NSR m’a regardé dans les yeux et m’a dit : “Mayday, tu n’es pas au niveau”. Mais pour qui se prend-elle franchement ? La vérité c’est que nous sommes trop rock et pas assez branchés Electro Dance Music (EDM), le style de musique privilégié par NSR. Zuke et moi, nous étions frustrés mais loin de se douter que cet événement jetterait le rock aux oubliettes. Pour le travail que nous avions accompli, pour la liberté, pour le rock et pour Kul Fyra, nous ne pouvons pas en rester là. Il n’y a qu’une seule solution : nous devons renverser NSR.

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Aussi bien cartoonesque, que dystopique et satirique, cette introduction à l’univers de No Straight Roads est très représentative du jeu lui-même. Dans votre quête pour le retour du rock contre l’EDM, vous contrôlez donc Mayday et Zuke, les membres du groupe Bunk Bed Junction, la première est guitariste, le second batteur. Votre mission consistera à aller saboter les concerts des plus grands artistes EDM de Vinyl City pour reprendre la ville des mains de NSR.

 

Une ville en manque de vie

Le jeu se déroule en deux phases. La première consiste à explorer Vinyl City pour partir à la rencontre des artistes de NSR mais aussi à… rétablir le courant. Oui car à Vinyl City, le courant électrique est alimenté par la musique. Ne me demandez pas comment ça marche, je n’en sais rien et le jeu n’a pas vraiment l’air de le savoir non plus. Un détail anecdotique mais qui est assez symbolique des problèmes qui minent le jeu.

Vinyl City est une ville qui en jette de prime abord. Chaque quartier, dédié à un artiste, propose une esthétique soignée avec des références bien senties et des couleurs tantôt chatoyantes tantôt aseptisées. L’exploration de ces lieux a évoqué en moi des images de Beyond Good and Evil, Jet Set Radio ou encore Okami. Des références illustres que No Straight Roads n’arrive jamais à égaler. Vinyl City est attrayante mais trop petite et limitée en termes de level design. Il n’est possible de discuter qu’avec une poignée de PNJs, certes plutôt charismatiques mais qui n’ont pour la plupart aucune importance. Une fois le double saut débloqué, l’exploration offre un peu plus de liberté mais cette feature n’en est que plus révélatrice de la faiblesse du level design. Et pourtant, je me suis attaché à Vinyl City et j’aurais voulu en voir davantage, comprendre ses habitants, son fonctionnement, son passé. Le jeu nous fait miroiter parfois un début d’explication mais ne va jamais aller au-delà de la surface.

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Un système de combat classique et efficace

Peut-être parce que le cœur de No Straight Roads, ce sont les sabotages de concert et les combats qui s’en suivent. Dans ces affrontements à la mise en scène grandiose, vous devrez triompher des plus grands artistes EDM de Vinyl City avec un gameplay de beat them all à la Devil May Cry.

Vous devez alterner entre combo, esquive et tir de projectiles pour charger votre barre de super et déclencher des attaques spéciales. Ces pouvoirs causeront plus de dégâts à l’adversaire ou permettront de vous soigner. A tout moment, il est possible de passer de Mayday à Zuke. Si les gameplay des deux personnages sont assez proches, les coups de guitare de Mayday sont plus puissants mais Zuke peut produire des combos de batterie plus dévastateurs. Si les deux jauges de super sont pleines en même temps, vous aurez alors la possibilité de lancer une attaque ultime en duo. Enfin une dernière touche active la transformation d’objets par le pouvoir du rock. Lors du second boss du jeu par exemple, des projecteurs installés sur la scène se changeront alors en mitraillette.

Vous l’aurez compris, les options sont variées et il est possible petit à petit d’établir sa tactique de combat favorite et de la faire évoluer au fur à mesure des compétences acquises. Notez également qu’il est possible de jouer à deux, ce qui rajoute une bonne dose de fun aux combats. Seul bémol, une caméra fixe qui rend parfois l’action un peu brouillonne.

Les Boss font le show

Chaque sabotage se termine par une rencontre avec le boss de la zone. Ces combats qui comportent en général deux ou trois phases, introduisent de nouveaux éléments de gameplay et un challenge intéressant. Explosions, changements de décors, distorsions de la réalité, le spectacle est total et le joueur en prend plein les mirettes. Esquives, parades, observations des pattern et du terrain, tout est mis à contribution pour ne jamais s’ennuyer. Tous les boss ne sont pas de la même qualité mais on sent que l’équipe de Metronomik a particulièrement travaillé ce point.

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Un tempo en retrait

Et la musique dans tout ça ? No Straight Roads portait la promesse de joutes musicales où le sens du rythme importeraient autant que la dextérité. La réalité est un peu moins convaincante. Les mélodies de chaque boss sont plutôt bien conçues mais elles n’ont finalement qu’un impact limité sur le combat et ne sont pas inoubliables. Certaines attaques se calent sur le rythme mais ne vous attendez pas à devoir synchroniser vos attaques avec le tempo ou à voir évoluer les BPM au fur à mesure de l’intensité du combat. Rien à avoir avec des jeux comme Crypt of the necrodancer, Cadence of Hyrule ou encore Metronomicon. On a quand même le droit à des combats d’une grande intensité, comme celui contre la pianiste néoclassique Yinu, mais on ne peut pas s’empêcher de ressentir une petite frustration. A l’image de cette jauge en haut de notre écran, dont l’aiguille oscille entre Rock et EDM sans que cela n’ait aucun impact sur la musique.

 

Instants de grâce

Ces rencontres avec les boss sont tout de même l’occasion de retrouver les meilleures scènes de dialogues du jeu, somptueusement doublées par des comédiens de talent (comme Donald Regnoux en VF). Ces instants entre personnages charismatiques dans des décors dantesques donnent presque plus de corps à Vinyl City et NSR que toutes les phases d’explorations réunies. On retrouve pas mal de thématiques sur l’importance de l’art, l’indépendance, l’évolution d’un artiste et ce qui le pousse à faire de la musique. Quel dommage qu’elles souffrent d’énormes défauts de synchronisation labiale. Par moment, il peut arriver d’avoir presque dix secondes de décalage entre une parole et le plan où la réplique était censée être dite. Malgré ce désagrément, ces moments sont des instants de grâce où No Straight Roads laisse entrevoir une vraie réflexion avant à nouveau d’alimenter notre frustration.

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No Straight Roads : un beat them all sympathique au goût d’inachevé

No Straight Roads aspire à être plus qu’un simple Boss Rush et veut raconter quelque chose mais il n’a pas les moyens de ses ambitions. La quête de Mayday et Zuke ne dure que 5 et 6 heures et même si Vinyl City s’agrandit tout au long de l’aventure, les nouvelles zones débloquées sont toutes aussi belles que vides et restreintes. Les personnages sont attachants et brillent par instants mais leur traitement reste toujours très superficiel. La musique est sympathique mais aucun titre ne reste réellement en tête une fois la partie terminée. Le rock, même s’il est défendu à cor et à cri par Mayday, est finalement assez peu présent dans le jeu. J’ai parfois l’impression que c’est plus l’image de cette musique, souvent associée à la rébellion, qui était mise en avant plutôt que la musique en elle-même.

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Au terme d’un dernier quart d’heure de jeu franchement bâclé, le titre m’a laissé un vrai goût d’inachevé. J’avais envie que le rock vibre à nouveau dans Vinyl City, je voulais voir la ferveur des fans, comprendre ce qui avait conduit mes antagonistes à rejoindre les rangs de NSR et faire de l’EDM. Je voulais régler le conflit entre Zuke et son frère DK West (et leurs raps battle au gameplay atypique). Je n’ai finalement rien obtenu de tout cela. Comme si le jeu n’osait pas vraiment transcender son cadre humoristique et n’assumait qu’à moitié son propos. Le potentiel était immense et la déception l’est tout autant.

Malgré ce constat, No Straight Roads est loin d’être un mauvais jeu. Sa direction artistique fait mouche, le gameplay en solo ou à deux est très efficace et les combats de boss plairont sans problème aux fans du genre. No Straight Roads est un jeu sympathique, mais il aurait pu être tellement plus que ça.

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Sgtkabukimen

Prêtre gamer du Soleil Levant depuis deux décennies, j’aime manier la gunblade, le megabuster, et le fouet pour faire des passes d’armes avec des Cyborg Ninja Vampire dans les ruines de Neo Tokyo. Je délaisse de temps en temps mon cher Japon pour me livrer aux joies du jeu indépendant et exterminer des hordes d’aliens avec l’unité XCOM.

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