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Runner Party – L’arène se mêle au circuit de course

Runner Party COURSE

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Après quelques jeux sur mobile en 2013, la petite équipe familiale de CreartStudio, à Tours, a réorienté ses envies, pour se tourner vers des sources plus personnelles. En réunissant quelques amis et son fils, François Boggio a souhaité redonner un certain souffle à la culture de son enfance. Ainsi, il plonge tête baissée dans le grand bain cinématographique et vidéoludique de la fin du siècle. Ce désir a pris la forme d’une course. Avec le doux nom de Runner Party, cela suggère des batailles musclées pour la ligne d’arrivée.

Course endiablée au pays des eighties

La pop culture au top départ

Avec un tel nom, Runner Party annonce tout de suite la couleur. Il s’inscrit dans la grande famille des party games, autrement dit les jeux qui ont la vocation d’exalter une soirée entre amis, sur un temps relativement court et dont la prise en main facile invite les plus néophytes à la fête. Avec la proposition de CreartStudio, ladite bringue se prédestine à quelques remues-ménages, emmenant les participants dans une course délirante. Il est possible de réunir alors 4 amis, autour d’un circuit en 2D, avec l’évidente règle d’obtenir la première place.

Cependant, Runner Party diffère en bien des points du banal rallye en plein air. Ici, le ton est beaucoup plus frénétique, avec la possibilité d’envoyer valser ses concurrents derrière soi. En effet, cela peut être effectué à l’aide de missiles ou bombes bien placées. Pour une ambiance qui rappelle Mario Kart, les avatars, eux, revêtent des masques de la pop culture, incarnant tantôt Ellen Ripley, Terminator ou le célèbre Prince de Perse.

À ce sujet, les cartes en elles-mêmes sont compactes et circulaires, fusionnant toute une gamme de références vidéoludiques. Monkey’s Islands, Donkey Kong ou Mario Bros figurent parmi les nombreuses accointances qu’entretiennent ces cartes avec la pop culture. Et, cela se découvre également dans la musique, orchestrée par le fils de François Boggio : Emmannuel Boggio. Il mêle les tendances électro des années 1980 à certains sons emblématiques de ces modèles.

Vous l’aurez compris. L’atmosphère de Runner Party est chargée d’un cocktail savoureusement pop, qu’il serait vain d’expliciter davantage l’étendue. Retenons simplement que cette richesse culturelle est une volonté très marquée de l’équipe. Dès le début, elle a exprimé cette envie d’un retour aux néons fluos et autres excentricités chromatiques de la fin de siècle. Elle compose ainsi un contenu vidéoludique suprêmement riche et dense, qui n’en est pourtant qu’à ses débuts.

Les personnages dans Runnner Party

Si Usain Bolt jouait des coudes

En tant que concurrent, on peut en effet être rapidement saisi par l’apparat extrêmement coloré qui compose les fondations de chaque circuit. On serait même tenté parfois d’arrêter quelques minutes notre délire marathonien pour apprécier un décorum très habité. Ce dernier surprend par sa réalisation intégralement faite au dessin.

Malgré tout, le gameplay nous absorbe instinctivement. Comme si, un tapis roulant déréglé nous obligeait à ne plus jamais nous arrêter. Toujours de forme circulaire, on est mené à parcourir l’écran de gauche à droite, grimper, puis reparcourir l’écran de droite à gauche, débouler et recommencer ainsi de suite. Comme une sorte de Battle Royale du galopeur, celui qui ne parvient pas à rattraper son retard peut, à terme, terminer hors de l’écran. Cela l’exclut a fortiori de la course.

Les bords de l’écran prennent ainsi la forme d’une frontière morbide. En effet, il faut redouter la sentence éliminatoire. Plus qu’une course pour le podium, Runner Party ressemble finalement à une fuite en avant. Les armes, nombreuses, maintiennent un certain degré d’aléatoire dans la compétition, en même temps qu’elles ajoutent à l’angoisse euphorisante de se rapprocher du précipice. Enfin, pour ne rien gâcher à l’expérience, tout cela s’exécute à grands coups de sauts et de grappins. Aussi, le chemin est miné de diverses plateformes, tantôt obstacles, tantôt tremplins.

Pour un développement qui n’a commencé qu’en 2019, Runner Party peut s’enorgueillir d’un départ en trombe, qui jongle parfaitement entre des concepts d’agilité et de course agressive. Actuellement en version alpha, il est encore sous le joug des tests et devra malgré tout évoluer vers une meilleure précision de ses dynamiques, en même temps qu’aplanir le cadre de ses références.

Les armes dans Runner Party

Ne pas dépasser le contenu vidéoludique recommandé

Il faut évidemment saluer le travail gargantuesque qui est mené jusque-là, en termes de contenu et d’univers. Et, dont l’élan se confirmera certainement dans les projets d’enrichissement à venir. La petite équipe de CreartStudio profite à ce titre d’une ferveur très féconde, qui force à l’admiration. Faire le choix d’univers à ce point habité peut même étonner, pour un genre qui préfère parfois les ambiances épurées. Dans l’objectif de focaliser les intérêts du jeu vers la frénésie et le dynamisme, les équipes ont tendance à limiter les informations graphiques à l’écran qui peuvent se révéler être des parasites visuels.

Runbow ou Speedrunners, pour ne citer qu’eux, ont compris l’importance de cet équilibrage, dont la célérité et l’accessibilité reposent sur un affichage clairsemé, à l’identité graphique qu’on pourrait qualifier de pauvre, mais qui révèle en creux une efficacité technique. Pour les jeux de plateforme, cette notion est presque un adage obligé, qui suppose de lier gameplay et cohérence graphique.

Runner Party n’est pas totalement dénué de ces qualités. Ainsi, on ressent qu’un travail sur les lumières ou les couleurs a été réalisé afin de baliser le chemin à prendre. Néanmoins, les tableaux sont gorgés de détails qu’il est parfois facile de confondre un objet actif (avec lequel on peut interagir) avec un objet passif (un objet de décoration ou qui constitue le second plan). De la même façon, à bien des endroits, les premiers et seconds plans manquent de frontières plus franches, menant à ignorer certaines plateformes ou à s’acharner sur un élément fantôme. Heureusement, avec quelques tours de circuits en main, ces lacunes disparaissent vite. Mais pour une première introduction au jeu, cela peut dérouter les moins patients.

On comprend nettement que la charge visuelle qui compose les cartes est un bon moyen de raviver notre mémoire des premiers jeux de plateforme, qui suggéraient souvent une grande générosité dans leur direction artistique (Chip’n Dale (1989), Tortues Ninja (1989), Sonic (1991), Earthworm Jim (1994), etc.). Cependant, il faut savoir aujourd’hui apaiser cette grande dose créative, troublée de références en tous genres, et se souvenir plutôt qu’un peu moins d’artistique, c’est beaucoup plus pour le gameplay.

Carte des glaces dans Runner Party

SpeedRunners : apprendre et désapprendre

Enfin, pour qui souhaite saisir le concept de Runner Party, doit s’intéresser à ses origines. Faisons preuve d’honnêteté intellectuelle, en redonnant à César ce qui est à TinyBuild. Car le studio américain a bien avant, en 2016, fixé les fondations qui jalonnent ce type de course, avec une proposition inédite : SpeedRunners. La course prend place ici dans une galaxie fictive qui mélange tout ce qui a trait aux superhéros et à la disco des années 1970. La musique s’accorde superbement à l’esprit de la course, habitant un rythme dont les envolées atteignent parfois des sensations de vertige.

Le studio tourangeau CreartStudio opère finalement une réécriture de cet esprit avec Runner Party, absorbant en grande partie les attraits de SpeedRunners. Les circuits chez l’un sont épurés à l’extrême. Il réduit les phases d’obstacles à une infime proportion, provoquant une accélération considérable de la compétition. Chez l’autre, se frotter aux murs est un accro relativement quotidien. Ceci ralentit dramatiquement l’intensité générale.

Runner Party appuie encore davantage ces aspects avec une musique très installée, qui détonne parfois avec l’action à l’écran. Des sensations de glisse, dans les dérapages, viennent écarter toute prétention de dextérité. On pressent que CreartStudio a davantage misé sur les plateformes et les rencontres agressives, intégrant de l’aléatoire en bonne proportion.

Pour le dire franchement, Runner Party imagine une refonte des principes établis dans SpeedRunners, comme s’il se plaçait en contradiction avec son mentor. Pour une inspiration vidéoludique qui en appelle plutôt aux joueurs émérites, qui manient avec précision la manette et le sang-froid, Runner Party semble au contraire s’engager vers une proposition beaucoup plus accessible. Sa motricité plus apaisée en fait un instrument à la portée du plus grand nombre et les coups bas, nombreux, peuvent transformer une course au plus adroit en une bataille familiale.

Speedrunners

Runner Party, le ring d’un marathonien

L’équipe tourangelle CreartStudio s’est donnée, somme toute, un défi honorable : faire, à partir d’un canevas célèbre et réussi, un modelage à la fois nouveau et fidèle. L’élan créatif dont témoigne Runner Party promet d’être gagnant de ce point de vue. Il porte à l’enthousiasme pour son esprit extrêmement fécond, mais conserve bien des aspects réussis vis-à-vis de son modèle.

Malgré tout, sa très grande générosité prend parfois la forme d’un puits sans fond, qu’il est urgent de sécuriser, sans quoi il pourrait prendre les traits d’une certaine exubérance. Son bagout graphique peut malheureusement parfois être sourd face à des questions de compréhension de l’espace. Ceci dit, en allégeant légèrement son contenu, Runner Party peut allègrement convoiter une place sur le podium.

Il est une réécriture très inventive du genre de la course, avec une propension familiale non négligeable. Pour un genre qui a souvent été soigné et destiné aux plus aguerris, le jeu de CreartStudio réussit à inviter tout le monde à la fête. C’est, tout compte fait, une production parfaitement adaptée aux soirées entre amis. Ainsi, il rassemble en un seul endroit le circuit de course et l’arène d’une mêlée.

Les cartes dans Runner Party

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Phebus

J'aime me plonger jusqu'à l'os dans des choses que je ne connais absolument pas, pour rester curieux de tout, toujours le poing levé comme disait une chanteuse de mes folles années de jeunesse. Sinon je fais partie de cette secte, toujours plus réduite, qui croit en la sortie d'un Half-life 3 depuis vingt ans. J'ai cependant d'autres religions comme Dear Esther, Denis Villeneuve, Alien, les chats, le Japon ou la cuisine. Touche-à-tout en jeux vidéo, j'ai tout de même mes limites quand il s'agit de taper dans le ballon rond ou m'infliger du golf ô combien dynamique. Entre toutes ces choses, j'aime malgré tout un peu d'instinct primaire, en me défoulant sur un FPS en ligne, ça finit toujours une journée en beauté. J'aime à penser que j'aurai pu faire une carrière inimaginable dans l'Esport et devenir celui qui connaît le jeu vidéo mieux que tout le monde (pathétique fierté humaine).

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