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Écrivains et jeux vidéo : Neil Gaiman, histoire d’un rendez-vous manqué

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Avoir un écrivain reconnu sur son projet est-il un gage de succès pour un jeu vidéo ? Alors que la sortie d’Elden Ring, auquel George R.R Martin a apporté sa plume, se rapproche, la rédaction vous propose un petit tour d’horizon des plus célèbres collaborations entre romanciers et studios de jeux vidéo. Après une première partie consacrée à Tom Clancy, nous vous proposons de découvrir la tentative contrariée de l’auteur américain Neil Gaiman.

 

gaimanpicNeil Gaiman, de Sandman à American Gods

Tout ce qu’il touche devient de l’or. Neil Gaiman fait partie ces auteurs qui ont largement influence la pop culture depuis les années 90. S’il s’est illustré d’abord dans le domaine des comics, en tant que scénariste de la série The Sandman, l’écrivain a depuis usé de sa plume dans la plupart des médias avec succès. Ses livres cultes, comme American Gods, Coraline, Stardust ou Good Omens, ont vu naître des séries ou des films remarquables, avec une esthétique unique. Pour prolonger encore un peu plus son œuvre, l’auteur s’est même impliqué dans la création de véritables séries audio basées sur les histoires de The Sandman, allant même jusqu’à les narrer lui-même.

Il faut dire que les univers développés par Neil Gaiman se prêtent bien au cross-média. L’auteur aime créer des univers fantastiques, où le grotesque côtoie souvent la magie avec une dose d’humour. La mythologie est du reste presque omniprésente dans l’ensemble de son œuvre. Anges, démons, dieux antiques, créatures légendaires se croisent, se défient et nous amusent autant qu’ils nous questionnent. C’est donc tout naturellement que Neil Gaiman a fini par s’intéresser aux jeux vidéo. En 2013, cet intérêt prend vie sous la forme d’une collaboration avec le studio indépendant The Odd Gentlemen. Le jeu portera le nom de Wayward Manor et sera entièrement écrit par Gaiman.

 

Esprit chasseur

Au moment de son annonce, le jeu soulève des réactions enthousiastes. L’opportunité d’évoluer en immersion dans un monde créé par Gaiman séduit. L’idée du jeu est d’ailleurs plutôt prometteuse. Wayward Manor vous place dans la peau d’un poltergeist dont le but est d’effrayer et de faire fuir les occupants d’un mystérieux manoir victorien des années 1920. Pour atteindre votre objectif, vous devrez résoudre de nombreux puzzles aussi drôles que terrifiants.

Ce scénario est venu à l’esprit de l’écrivain en songeant aux films à l’humour macabre des années 40 tels que Arsenic and Old Lace ou The Man Who Came to Dinner. “J’avais cette idée mais je rencontrais souvent le même problème. Ce que j’écrivais ne ressemblait pas à un roman mais plutôt à quelque chose qu’il fallait expérimenter” révèle Neil Gaiman lors de la vidéo de présentation du jeu. Le lancement du titre se veut ambitieux, avec notamment un concours organisé sur le site internet officiel du jeu pour gagner sa présence dans le jeu ou même un diner évènement avec Neil Gaiman.

 

Bonnes intentions, mauvaise exécution

Malheureusement, au moment de sa sortie l’année suivante, Wayward Manor déçoit la presse spécialisée comme les joueurs. Si l’univers est en effet plutôt singulier et attrayant, l’histoire se révèle assez peu développée et le jeu surprend par son manque de dialogue ou de cut scene. Un comble pour un jeu sous la houlette d’un tel auteur. Pour autant, ce parti pris relève bien d’une vision partagée de Neil Gaiman et du studio.

“Nous voulons raconter une histoire à travers les puzzles. Chaque personnage étant une sorte de puzzle à lui tout seul, l’histoire et le gameplay s’entremêlent, et les conflits des personnages créent des scènes qui sont racontées à travers des actions” révèle Matt Korba, développeur chez The Odd Gentlemen.

Neil Gaiman - wayward manor

 

Korba explique également que Neil Gaiman est intervenu très tôt dans le projet pour écrire ses personnages, leurs problématiques et comment les insérer dans le gameplay. Si l’idée de Gaiman d’adapter son écriture à la spécificité du média est louable, l’exécution du projet est plus laborieuse. Si l’on met de coté les nombreux bugs rencontrés, les tests de l’époque soulèvent le manque de diversité des puzzles, la rigidité du gameplay et la maladresse du game design. La présentation reste sympathique, amusante et originale mais ne suffit pas à compenser les nombreux défauts de Wayward Manor.

 

Un échec malgré une collaboration significative et de bonnes idées

Pour les fans de Gaiman, c’est une déception. Le jeu est pauvre en narration et les puzzles n’apportent finalement pas les éléments supplémentaires promis. Les ventes du jeu sont décevantes et le titre ne récoltent que des notes assez moyennes dans la presse.

Le résultat est-il dû à une méconnaissance du média de la part de Gaiman ou s’explique-t-il par un manque de suivi tout au long du développement? Encore aujourd’hui, il est difficile de savoir à quel moment la machine s’est enrayée. En vertu de bonnes intentions, et quoique fut la cause de son échec, Wayward Manor restera dans les mémoires comme un terrible rendez-vous manqué.

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Sgtkabukimen

Prêtre gamer du Soleil Levant depuis deux décennies, j’aime manier la gunblade, le megabuster, et le fouet pour faire des passes d’armes avec des Cyborg Ninja Vampire dans les ruines de Neo Tokyo. Je délaisse de temps en temps mon cher Japon pour me livrer aux joies du jeu indépendant et exterminer des hordes d’aliens avec l’unité XCOM.

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