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Jennifer Lufau, Afrogameuses : “Les discriminations n’épargnent pas le monde du gaming”

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Jennifer Lufau est une jeune femme travaillant dans le marketing digital. Aimant le jeu vidéo depuis son enfance, elle a commencé à jouer sur ordinateur à des jeux comme Tarzan ou Luxor. Mais c’est surtout Prince of Persia qui l’a beaucoup marquée. Elle a par la suite suivi l’évolution de la saga.

En passant du temps sur d’autres jeux aussi comme par exemple DOTA, AION, Neverwinter, Jennifer s’est vite rendu compte que les joueurs ne laissaient que très peu de place aux joueuses. Ont suivi alors des remarques déplacées comme quoi elle n’avait rien à faire ici et que la place d’une femme n’était pas derrière un clavier ou une manette.

Le temps passe mais malheureusement les choses ne changent pas, en plus de jouer, elle a décidé de se lancer dans le stream. Durant ceux-ci il est arrivé plusieurs fois que certains énergumènes soient venus justes pour l’insulter en vue de sa couleur de peau. C’est la goutte de trop pour notre gameuse qui a décidé cet été de lancer son association nommé Afrogameuses. J’ai eu l’occasion de poser quelques questions à Jennifer pour en apprendre plus sur cette nouvelle initiative.

 

Pouvez-vous présenter votre association ?

L’association Afrogameuses est une communauté internationale de joueuses, professionnelle et créatrice de contenu afrodescendantes. Grâce à notre communauté on souhaite rendre visible les minorités (youtubeuses, streameuses etc). Notre association encourage les jeunes femmes à se lancer dans l’aventure et vise aussi à ce que les femmes racisées aient une meilleure représentation dans toutes les couches de l’industrie. Nous luttons afin que plus de femmes obtiennent des postes importants dans les entreprises et encourageons les jeunes femmes afrodescendantes à intégrer le milieu afin qu’il soit multiculturel. Ensuite on propose aussi des pistes, et des aides pour les créatrices de jeux vidéo.

Afrogameuses lutte aussi pour une meilleure représentation des femmes afrodescendantes au sein même du jeu vidéo, c’est-à-dire plus de personnages principaux noirs. On souhaite sensibiliser les concepteurs de jeux vidéo à revoir la manière dont ils créent les personnages féminins noirs. Ceux-ci sont souvent mal conçus ou bien très stéréotypés.

Enfin, notre association travaille à ce que les métiers du jeu vidéo soient plus démocratisés pour proposer aux jeunes filles un avenir dans une branche qui les passionne, on sensibilise aussi les entreprises afin de parler de la toxicité du quotidien des femmes noires dans certaines entreprises.

 

Comment est née l’idée d’Afrogameuses ?


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Une publication partagée par Femmes noires gameuses & geek (@afrogameuses) le

Le but était de créer une communauté d’entraide. J’ai pu m’apercevoir de la toxicité de certains joueurs, c’est compliqué d’être une femme et d’être gameuse et ça l’est encore plus lorsqu’on est une femme noires. D’après certains, on n’est pas à notre place, on est donc sous-estimées et on subit des remarques vraiment déplacées (commentaires haineux, sexistes et racistes). Mais les personnages noirs dans le jeu vidéo sont souvent caricaturés ou moches. Tout ceci m’a donc fait comprendre qu’il fallait réagir. Il ne faut pas se taire !


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Comment fonctionne Afrogameuses ? Quel(s) rôle(s) y jouent ses membres ?

C’est une association qui fonctionne sur les réseaux. On est né sur Instagram puis on s’est popularisé sur les autres réseaux sociaux par la suite. Nous avons aussi un Discord où nous nous entraidons, jouons mais cela nous permet aussi d’échanger et de débattre. Il faut savoir que tout le monde est le bienvenu, homme, femme, d’origine africaine ou non, c’est un lieu de partage. Certaines streameuses ou professionnelles sont là pour répondre aux questions des plus jeunes et des personnes dans le besoin (travail, conseil, parcours, etc). D’autres sont ambassadeurs afin d’apporter une aide régulière et spécifique à l’association. On est aussi à la recherche de sponsors et de partenaires pour financer nos actions et organiser nos événements.

 

Comme d’autres secteurs du divertissement, le jeu vidéo a un biais de représentation des minorités. Les femmes afrodescendantes n’échappent pas à la règle, mais cette sous-représentation vient-elle des mêmes causes ?

Elles viennent exactement des mêmes causes, les discriminations quelles qu’elles soient sont le reflet de notre société. C’est d’autant plus choquant de voir ça dans un domaine comme le monde vidéoludique, le jeu vidéo est là pour nous faire rêver, pour que l’on puisse s’évader et échapper pendant quelques heures à notre quotidien. On est capable de créer tellement de choses et quand il s’agit de refléter la réalité c’est malheureusement très pauvre.

Les personnages noirs ne sont pas bien conceptualisés, ce sont souvent des personnages non jouables et la plupart du temps assez stéréotypés. Et quand on demande pourquoi ? On nous répond que ces personnages sont plus longs à créer ou bien que le jeu ne fonctionnera pas auprès d’un public majoritairement masculin et blanc. Les choses commencent à évoluer petit à petit même si les personnages racisés sont très rares. Avant, on avait majoritairement des personnages principaux qui étaient des hommes blancs, on commence depuis quelques années à voir des femmes blanches apparaître.

C’est en bougeant et en changeant le monde que nous verrons plus de personnages noirs à l’écran et que l’on verra des jeux comme Broken Age. Un point’n click, un jeu narratif où l’on incarne une jeune fille noire (bien dessinée et bien conçue). C’est grâce à ce genre de jeux que l’on peut faire bouger les choses mais il faut aussi faire appel à des personnes racisées lors de leurs créations pour s’assurer que ces jeux soient réalistes et authentiques, à l’instar du jeu français ARISEN qui s’inspire de l’histoire de l’esclavage.

 

Quelles sont, selon vous, les pistes pour améliorer la place des femmes afrodescendantes dans l’univers du jeu vidéo ?

L’éducation ! Tout passe par là, il faut éduquer et informer les jeunes filles aux métiers du jeu vidéo. Si cela les intéresse, il faut qu’elles poussent et qu’elles ne se désintéressent pas. Il faut leur montrer qu’elles peuvent y arriver et comment y arriver (entreprises, écoles, parcours scolaire etc.). Un réel effort doit aussi venir des entreprises, celles-ci doivent sensibiliser leurs salariés à la diversité et élargir leurs canaux de recrutement afin de trouver des profils issus des minorités. La clef c’est d’apprendre aux jeunes femmes noires de créer leur propre jeu si elles le souhaitent, on doit se sentir capable de faire les choses. 

 

En plus d’entendre votre message, comment la communauté du jeu vidéo peut-elle vous aider ?

La communauté peut nous aider en nous soutenant sur les réseaux premièrement. Deuxièmement en adhérant à l’association, c’est gratuit sauf pour les entreprises. Il faut aussi parler de nous, si vous voyez des femmes noires jouer aux jeux vidéo dites leur qu’on est présent, taguez-nous afin que la communauté s’agrandisse. Si votre portefeuille le permet, vous pouvez aussi effectuer une donation, plus on aura de membres, plus on aura de dons, et plus nos actions auront du poids dans l’industrie…

 

Que fait activement l’association pour sa communauté ?

Notre première action pour le moment est de donner la visibilité aux joueuses et streameuses noires, afin que l’industrie se rende compte que nous existons. Sur notre instagram nous diffusons régulièrement des profils d’Afrogameuses, nous relayons automatiquement les lives de nos streameuses sur notre twitter.

On organise une masterclass le 18 novembre sur Twitch afin de démocratiser et informer les gens sur les métiers et l’industrie du jeu vidéo. Nous faisons appel à des professionnels du secteur qui viennent bénévolement pour échanger et discuter de leurs métiers et leurs parcours. Pour les jeunes qui souhaitent s’informer sur comment fonctionne et comment rejoindre l’industrie du jeu vidéo, c’est un rendez-vous à noter.

Une autre de nos actions est de fournir des ressources aux entreprises afin qu’elles conceptualisent au mieux les personnages racisés, quelles sont les choses à faire et à ne pas faire. Nous allons créer des guides antiracisme, antisexisme et anti-harcèlement qui seront pour les joueurs et joueuses victimes de haine lors de leurs parties ou de leurs stream.

Nous travaillons activement à soutenir les filles au vu de la toxicité existante au sein des différentes communautés de joueurs. On essaie aussi de mettre en relation nos joueuses avec des entreprises afin qu’elles réalisent des tests de jeux. De ce côté-ci il doit y avoir une grande diversité afin d’obtenir un large panel et le point de vue de communautés différentes.

 

C’est grâce à ce genre d’initiatives et à des personnes comme Jennifer que les mœurs changent. Il faut que les choses évoluent, nous sommes tous égaux et chacun d’entre nous devrait avoir sa place au sein d’une entreprise. Chacun devrait pouvoir exercer sa passion sans être jugé. Il ne faut pas se taire !

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