Lootmygame.com - Faites vous plaisir pour seulement 0.50€, La box gaming gagnante à tous les coups ! Lootmygame.com - Faites vous plaisir pour seulement 0.50€, La box gaming gagnante à tous les coups !
PGW 2019 MO5

PGW 2019 : Entrevue avec l’association MO5

Partagez sur

Cette édition 2019 de la Paris Games Week fut riche en rencontres et en partage. Entre les espaces dédiés à l’esport, aux jeux indépendants et les grands éditeurs, les stands de jeux rétro n’étaient pas en reste et accueillaient de nombreux visiteurs de tous âges. Parmi eux se trouvaient le stand de l’association française MO5.com, toujours fidèle au rendez-vous annuel Parisien. Nous avons eu l’honneur de nous entretenir avec Tristan Young, responsable du stand MO5 à la PGW qui a échangé avec nous sur le jeu vidéo et le travail passionné de ces bénévoles férus de pixels !

 

Bonjour, pourriez vous vous présenter à nos lecteurs et nous parler de l’objectif de l’association MO5 ?

Bonjour ! Alors, je m’appelle Tristan, membre de l’association MO5.com depuis 9 ans, cela fait 8 ans que je participe à la PGW avec l’association, donc je connais assez bien le salon ! MO5 est une association qui lutte pour la préservation du patrimoine vidéo culturel et ludique, pour faire plus simple on collectionne les jeux vidéo ! Et notre but à terme serait d’ouvrir un musée du jeu vidéo et de l’informatique qui serait jouable. Quand on parle de musée habituellement, les objets sont sous vitrines et personne ne peut y toucher, mais là le but serait de faire un musée interactif.

PGW 2019 - Interview - MO5 - 4

 – La vision d’un musée, d’après MO5 –

 

Comment définissez vous le terme rétro au sein de MO5 ? A-t-il une pertinence aujourd’hui ?

Je pense que oui, c’est un terme pertinent, mais la limite du « retro » est un peu floue, c’est un peu subjectif. Par exemple, pour nous la Gamecube est rétro, mais certains ont grandi avec et ne vont pas être d’accord. Quand on parle de rétro, les gens ont en tête les vieux Mario, les jeux NES, donc je pense que c’est à cause de ça que la définition est floue. Nous, avec l’association on s’est mis au point sur le terme, ce qui est rétro est tout ce qui n’est pas la génération actuelle.

 

Est-ce nécessaire d’avoir des associations de préservation de ce patrimoine ? Les éditeurs n’ont-ils pas déjà des techniques de conservations ?

L’image contient peut-être : écran et intérieurPour répondre à cette question j’ai une anecdote assez amusante, c’était il y a quelques années pour l’anniversaire des 30 ans d’Ubisoft. Ils ont voulu faire une grande rétrospective, mais ils se sont rendus compte qu’ils n’avaient gardé aucun jeu original. Par exemple, les premiers Rayman d’époque, ils ne les avaient plus, du coup, ils ont fait appel à nous parce qu’on se connait, on a fait pas mal de partenariats avec eux. Ils nous ont demandé « est-ce que vous pouvez ressortir vos collections et venir faire un événement chez nous ?» Et au final ils ont eu leur espace rétrospective grâce à nous.

Pour l’aspect purement conservation, il y a la BNF qui conserve plusieurs copies de chaque jeu qui sortent en France en format physique. Mais là où, personnellement, je ne m’associe pas trop avec la BNF, c’est que ce qui entre chez eux ne ressort pas. C’est à dire qu’ils vont prioriser le côté préservation en vitrine, mais sans l’interactivité. Ce qui est dommage car c’est un peu le but d’un jeu vidéo.

 

On voit que les stands de rétrogaming comme celui de MO5 attirent beaucoup de monde et en particulier de jeunes joueurs. Comment expliquer un tel engouement ?

PGW 2019 - Interview - MO5 - 2C’est une question compliquée. Je vais prendre un exemple. Sur notre stand il y a Tekken 3 qui est jouable toute la semaine. Les gens connaissent la série, les personnages, tout est installé et prêt à fonctionner, ils s’installent et jouent directement à Tekken. Maintenant, s’ils veulent faire ça chez eux, il faut acheter la console d’occasion, acheter le jeu en espérant que le CD ne soit pas rayé, etc… S’ils se tournent vers l’émulation, il faut bien configurer l’émulateur et espérer que se manette soit compatible, etc…c’est très compliqué. Sur nos stands, tout est déjà prêt et ils en profitent !

 

Les consoles mini n’apportent elles pas également ce confort ?

Oui, c’est vrai, mais la sélection des jeux y est limitée sur ces consoles mini. Donc si on veut jouer à des titres moins connus comme du Vagrant Story sur Playstation 1, ça devient difficile. A moins d’être doué en informatique impossible de jouer à l’intégralité du catalogue rétro.

L’image contient peut-être : 8 personnes, intérieur

 

Est-ce que les remake et remasters qui sortent régulièrement ne procurent pas un engouement pour le jeu rétro ?

Alors, oui et non. Ça dépend de quels remakes ou remasters on parle et le soucis c’est que ces termes ont mal été définis à la base. Par exemple, les compilations Crash ou Spyro, même si c’est en HD et que c’est plus joli, ça reste le jeu d’origine et donc le côté nostalgique joue beaucoup et pourrait donner envie de rejouer aux anciens. Spyro Reignited Trilogy est plus joli que la version PS1 mais le personnage est toujours maniable comme un camion-benne. Mais si je prends FF7, avec le remake on est sur un tout nouveau jeu et ça n’a presque plus rien à voir avec le jeu d’origine. Il pourrait donner envie de tester la version d’origine, mais on va pas se mentir, FF7 sur PlayStation 1 a quand même vieilli.

 

Est-ce qu’un service de Netflix du jeu vidéo axé sur le rétro pourrait apporter quelques chose au monde du rétrogaming ?

PGW 2019 - Interview - MO5 - 1Oui, mais il faudrait que ce soit bien fait. Je pense à Stadia par exemple, certes il y aura que des jeux récents dans un premier temps, mais rien n’empêche d’avoir des jeux plus anciens. Après, je trouve que le business-model est un peu flou. On peut acheter un jeu, ou bien un abonnement, que se passe-t-il si on n’est plus abonné et qu’on a acheté un jeu par exemple ? On a aussi tout le débat autour du dématérialisé, qui est un sujet qui revient beaucoup entre nous dans l’association.

En plus, imaginons qu’il y ait un stadia rétro, comment ça va se passer au niveau de la jouabilité ? Si avec la fibre, les utilisateurs ne verront pas la différence, les connexions plus modestes risquent d’avoir plus de difficultés. Imaginez sur un jeu de plate-formes ou tout se joue à un quart de seconde, si vous jouez à Super Mario Bros sur NES et que vous avez un lag de 320ms, vous allez dans une autre direction, Mario se retourne, tombe et vous perdez une vie… La question de la couverture de la fibre en France s’applique autant sur les jeux récents bien sûr.

Si ça se fait un jour, il faudrait que ce soit bien réfléchi à la base, pour que l’expérience de jeu soit bonne.

Mais c’est sûr que pour les jeunes joueurs et notamment les ados, ce genre de service (NDLR: un peu comme le service Nintendo Switch Online avec les jeux NES et Super NES) leur permettrait de découvrir ces jeux. Mais en attendant qu’un service généralisé se développe et soit 100% fonctionnel, notre association est là pour parler de ces jeux et c’est ce qu’on fait notamment sur nos stands !

 

Que pensez vous de l’émulation ? L’utilisez vous pour réaliser vos animations ?

Ça nous arrive mais on tente de l’éviter au maximum. Notre but est de faire jouer les gens sur le matériel d’origine, tant qu’on le peut. Sur notre stand à la PGW toutes nos machines et nos jeux sont d’origine. Il y a un exemple que j’ai en tête où on est obligé de passer par l’émulation, c’est quand on veut faire jouer les visiteurs à des jeux Intelevision. C’est une machine de l’époque Atari, donc assez ancienne. Le problème avec ces machines est que les composants à l’intérieur étaient très usés et même si on en prend très soin, toutes ces machines sont HS, donc pas le choix d’utiliser un émulateur. Mais ça reste très exceptionnel. On recherche toujours à procurer les sensations de jeu d’origine.

 

PGW 2019 - Interview - MO5 - 2

 

Est-ce que le jeu vidéo, c’était mieux avant ? Quel est votre avis personnel ?

Je vais faire une réponse de politicien : je n’ai pas d’avis sur le sujet ! (Rires)
C’est compliqué de répondre car il y a beaucoup de jeux récents que j’aime beaucoup. Le soucis c’est qu’énormément de jeux essaient de faire de l’esport, bon, j’aime bien ça aussi, mais ce serait bien si on pouvait retrouver des RPG à l’ancienne. Longtemps je ne trouvais pas de RPG qui me plaisaient et il y a Dragon Quest 11 qui est sorti ! Très content, mais il faudrait plus de jeux comme ça !

 

Plusieurs membres de MO5 sont archivistes ou historien du JV, est-ce que c’est une activité qui permet de gagner sa vie actuellement ?

Actuellement non. Il en a été question un moment, de professionnaliser ma situation, lorsque j’étais responsable des expositions. Mais ça ne s’est pas fait en partie à cause de l’absence d’aides régionales. Travailler dans le milieu associatif c’est extrêmement compliqué. Si on arrive pas avec un projet clef en main à présenter aux responsables régionaux, cela n’abouti pas.

 

PGW 2019 - Interview - MO5 - 6

 

Nous essayons depuis des années de nous mettre en relation avec le ministère de la culture pour discuter de l’ouverture d’un musée interactif. En 2011, on a fait une exposition au grand palais à Paris. A l’époque on était employé là bas, et comme l’exposition à beaucoup plu, on a eu de très bons contact avec le ministre de la culture, à l’époque c’était Frédéric Mitterrand. Quelques mois plus tard, il y a eu un remaniement ministériel et tout ce travail est reparti de zéro. Et à chaque changement, c’est ça, les ministres changent et leurs priorités changent également. Cela varie grandement d’un élu à l’autre, et la culture c’est quelque chose de subjectif, donc parfois, le contact ne se fait pas.

 

Les choses n’ont donc pas évolué depuis le temps ?

Cela commence doucement a changer, parce que parmi les hommes politiques plus jeunes, certains ont grandi avec les JV. Il y a un bon exemple récent, je pense au député Denis Masséglia (NDLR: député Maine-et-Loire) qui est passé nous voir sur notre stand cette année et avec qui on s’entend très bien. Le souvenir que j’ai de lui cette été : nous étions à la Japan Expo, on a fait une animation sur scène avec lui, il a joué avec Dragon Ball Butoden 2 (SNES) et il a mis une rouste à tout le monde ! (Rires)

Les choses progressent, mais nous ça fait plus de 10 ans qu’on y travaille et on commence à voir du changement au bout de 10 ans, dans 10 ans on l’aura notre musée ! (Rires)

PGW 2019 - Interview - MO5 - 8

Un grand merci à Tristan Young pour le temps qu’il nous a accordé et pour sa bonne humeur !

Nous tenons également à remercier sincèrement tous les bénévoles de l’association MO5 qui réalisent un travail formidable et qui contribuent à faire de notre passion un véritable moment de partage pour toutes les générations de consoles et de joueurs !

Pour découvrir toutes les activités de MO5, rendez-vous sur le site officiel !

 

Interview réalisée par Pargonis et Vertigoh
Credits photos : Vertigoh, Page Facebook et site officiel de MO5 

Tags

Partagez sur

Pargonis

Tombé dans le jeu vidéo depuis tout petit, j'ai connu Kirby avant qu'il ne devienne rose, une époque ou Sonic ne savait pas encore parler et où les micro-ordinateurs étaient les consoles de jeu du futur. Grand fan de Nintendo à la base, mais joueur acharné sur tous les supports possibles, j'offre ma plume au service de l'art vidéoludique sous toutes ses formes. J'aime analyser, spéculer, rager, écrire tout un tas de choses et partager ma passion à chaque occasion. Parfois ronchon et de mauvaise foi in-game mais souvent grozours à l'écrit.

Vous aimerez sûrement ces articles...

Réactions sur l\'article “PGW 2019 : Entrevue avec l’association MO5”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *