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BLASPHEMOUS UNE

Blasphemous – Un sublime et douloureux chemin de croix

Difficile de faire sa place dans un genre aussi concurrentiel que le metroidvania. Au lancement de son Kickstarter en 2017, Blasphemous avait pourtant tapé dans l’œil des gamers grâce à son pixel art très soigné et son ambiance gothique. Divin présage ou funeste prophétie?

 

Pénitent Simulator

Bienvenue à Custodia, pénitent. Un long pèlerinage de souffrance t’attend pour rencontrer le funeste Miracle. Tu rencontreras une humanité difforme et corrompue sur ta route aux cotés de créatures maudites et estropiées. Trempe ton estoc dans le sang, enduis ton armure de bile et arpente ton vain chemin de croix.

Dans Blasphemous, l’espoir n’est pas de mise. Le jeu s’ouvre d’ailleurs au milieu de la confrérie du chagrin silencieux. Une salle, remplie de cadavres vêtus de la même coiffe conique que vous arborez, accueille votre arrivée. A peine êtes vous armés, que déjà une énorme créature se dresse face à vous sans aucune pitié. Serez-vous l’élu ou un simple martyr de plus?

Pour construire le royaume de Custodia, le studio The Game Kitchen a puisé dans ses racines espagnoles avec des personnages et une atmosphère qui évoquent la sainte inquisition ou encore la Semana Santa de Séville, ville dont sont originaires les développeurs. Cet événement mondialement connu est le théâtre d’immenses processions menées par des pénitents pour commémorer le chemin de croix du Christ et exhorter les fidèles à expier leurs péchés.

BLASPHEMOUS BG2

 

Rendez-vous en terres impies

Si la religion catholique n’est jamais évoquée dans Blasphemous, votre personnage est en quête de rédemption dans un monde dévasté et croulant sous le poids de la culpabilité du péché. Sur votre chemin, les suppliciés traînent leurs instruments de torture et jouent de leur fouet sur vous comme sur eux-même. Les dévots fanatiques brandissent leur lance devant votre silhouette impure, les aliénés hurlent et les monstres en disgrâce implorent votre pitié. Leurs corps tombe sous le courroux de votre épée, la bien nommée Mea Culpa, et ensuite vient le temps de récolter leurs larmes d’expiation, un tribut sacré qui vous servira de monnaie.

Des rues sinistrées de la ville d’Albero aux plus hauts lieux de la religion du Miracle, le pèlerinage du pénitent est servi par un splendide pixel art, tant au niveau de son bestiaire extrêmement varié que dans ses arrière-plans à couper le souffle. Certains boss sont impressionnants de décadence et de corruption comme Exposito, bébé maudit dont on affronte le cordon ou encore l’Archevêque Melquiades, porté lâchement par les mains des ces fidèles. Ce défilé des saintes horreurs, né de l’imagination de l’artiste Juan Miguel Lopez Barea, est magnifié à chaque instant par les compositions de Carlos Viola, où claviers, violoncelles et guitares jouent délicieusement avec les codes de la musique sacrée.

BLASPHEMOUS EXPO

 

Une prière à deux saintes reliques

En jouant à Blasphemous, plusieurs parallèles se dressent avec deux grandes séries du jeu vidéo : Castlevania et Dark Souls. A la première, le jeu emprunte son ambiance gothique, une certaine pesanteur dans le gameplay et des éléments de level design. Comparé au chevalier de Hollow Knight ou au Ninja de The Messenger, le pénitent est un personnage à la physique plus lourde et aux déplacements plus lents. Un choix qui pourra faire rager certains lors de certaines phases de plate forme mais qui sied bien à l’allure du personnage. Les ressemblances avec la saga de From Software se situent davantage dans l’austérité du jeu, les références religieuses, et un système de combat où esquives et parades jouent une place prépondérante. A l’image d’une douloureuse procession sacrée, Blasphemous réclame votre patience et votre souffrance. La mort vous attend en chemin, à de nombreuses reprises: votre héros, surtout en début de partie, est particulièrement chétif et le jeu est rempli de puissants monstres et de pièges.

Progression non linéaire oblige, vous pouvez aussi vous retrouver très rapidement (comme votre serviteur) contre un boss un peu trop puissant. Toutefois, en étudiant bien le comportement de vos adversaires et le level design, le trépas se fait plus rare et le titre se révèle plus exigeant que réellement punitif. En explorant Custodia et en accumulant les larmes d’expiation, le pénitent peut petit à petit augmenter sa vitalité, acheter des potions de biles et améliorer Mea Culpa. Votre héros dispose également d’une jauge de ferveur, qui lui permet de lancer des attaques magiques sous forme de prières. A chaque fois que vous mourrez, vous perdez une partie de votre ferveur. Pour la récupérer, il faudra soit se rendre sur le lieu de votre mort ou obtenir votre pardon moyennant finance auprès d’un confesseur. Une subtile référence au trafic des indulgences opéré par les prêtres catholiques au moyen âge. Enfin certains artefacts vous permettent d’atteindre de nouveaux endroits jusqu’ici inaccessibles comme dans tout Metroidvania qui se respecte.

Blasphemous BG

Le terres enneigées du “Cimetière des cimes” vont pleurer vos nombreuses chutes

 

Un péché de timidité

Cependant, contrairement aux éléments de la combinaison de Samus dans Metroid ou aux transformations de Castlevania, les améliorations que vous débloquez dans Blasphemous sont totalement optionnelles et il est très possible de passer à coté d’une bonne partie d’entre elles lors de votre première partie. Si certains argueront qu’il s’agit d’un choix privilégiant la jouabilité, difficile de ne pas y avoir une erreur de game design. Sans ces compétences supplémentaires, La panoplie de mouvements du pénitent est somme toute réduite et l’exploration perd une partie de son intérêt. Ce parti pris est symptomatique de différents problèmes du jeu. Blasphemous est difficile mais n’ose pas l’être trop, propose de nombreuses quêtes annexes, mais ne pousse pas vraiment à explorer. De nombreux pouvoirs sont disponibles mais se révèlent assez inutiles pour la plupart.

Autre exemple : une partie du jeu vous conduit dans une macabre prison. Vous vous attendez à subir un dédale tortueux de salles et le level design vous conforte dans cette voie pour finalement vous mener très rapidement vers le boss des lieux sans qu’il soit réellement possible de vous perdre. Ce sont des défauts qui ne ternissent pas l’expérience de jeu mais qui trahissent un léger manque d’audace global en terme de gameplay, surtout en comparaison avec la créativité de la direction artistique. Avec une plus grande prise de risque, le périple du pénitent aurait atteint des cimes encore plus sacrées.

culpa blasphemous

Sur les lieux de vos différentes morts, vous pourrez récupérer des fragments de votre ferveur perdue (à gauche en bleu) enfin en théorie. Bon courage pour celui ci!

 

Blasphemous: les premiers pas réussis d’un pèlerinage à initier

Avec sa bande son troublante et son pixel art malsain, Blasphemous est un titre qui mérite le pèlerinage, lumières tamisées et casque sur les oreilles. La geste de ce pénitent en disgrâce est fascinante et les paysages de Custodia ne devraient pas vous laisser indifférents. Si le gameplay n’atteint pas les sommets du genre et se révèle plus timoré que sa direction artistique, le studio The Game Kitchen réussit tout de même un premier metroidvania très prometteur dont on espère une suite encore plus désinhibée.

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