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Dune : Spice Wars

Dune : Spice Wars – Arrakis s’offre un beau 4X, mais égare Shai-Hulud

Avec l’adaptation de Denis Villeneuve l’année dernière, l’œuvre de Frank Herbert profite d’une merveilleuse renaissance. D’un point de vue éditorial, les livres ont célébré le cinquantenaire de la traduction. C’est l’occasion de dépoussiérer celle-ci pour s’essayer à de nouvelles collaborations graphiques et linguistiques. Et en tant qu’objet culturel, le jeu vidéo ne s’est pas fait attendre non plus pour profiter de cette vague. Dune : Spice Wars propose ainsi une version 4X, se déroulant sur l’arène politique très ensablée qu’est Arrakis.

Un ver des sables dans Dune : Spice Wars

Un ver des sables dans Dune : Spice Wars

Arrakis entre RTS et 4X

Une planète pas si déserte

Différents acteurs s’affrontent dans le contrôle de la planète, mise aux enchères, peut-on dire, par l’empereur Padisha Shaddam IV. À l’inverse des œuvres cinématographiques et littéraires, où l’empereur offre le poste de gérance à une maison fédérale. Ici, tous les groupes se retrouvent entremêlés sur ce vaste territoire, dans une course à l’hégémonie. Les Harkonnens, les Atréïdes, les Fremens et les Contrebandiers doivent faire preuve de force brute et mentale. Ceci vise à prouver leurs droits exclusifs sur la gestion d’Arrakis.

En guise de première base de lancement, chaque faction dispose alors d’une citadelle, productrice d’unités militaires et aériennes. Ceci prend tantôt la forme d’une métropole, tantôt celle d’un grand Sietch. Les unités sont d’abord modestes, mais viendront très vite s’enorgueillir d’armes plus lourdes et pernicieuses. Malgré leur relative puissance, ces petites escouades sont indispensables, car elles permettent d’acquérir de nouveaux territoires. Le désert d’Arrakis a beau, en effet, étendre son paysage grandiose jusqu’à l’horizon. Il n’est pas pour autant dénué de vie, habité par une bonne quantité de villages.

Ces enclaves fremens tiennent le rôle d’avant-postes, une fois capturées, permettant de répondre à nos exigences expansionnistes et de bâtir certains bâtiments dans leur voisinage direct. On ne découvre cependant pas facilement ces colonies autochtones. Et, même de façon générale, l’ensemble de la planète est invisible sous son épais nuage de poussière, à moins de disposer d’ornithoptères. Ces engins aériens sont les seules entités capables de balayer la carte à la recherche de zones exploitables. Ils devront à ce titre être mis au service dès les premiers temps de la partie. Enfin, un arbre technologique à quatre branches prédispose en toile de fond l’évolution économique, militaire, politique ou diplomatique de chaque maison.

Arbre technologique dans Dune : Spice Wars

Arbre technologique dans Dune : Spice Wars

La guerre sur plusieurs fronts

Ce grand tableau stratégique installe un gameplay qui emprunte à la fois aux RTS (real-time strategy, c’est-à-dire des jeux de stratégie en temps réel) et aux expressions multiples du 4X. Tout y est regroupé pour faire de ce conflit planétaire un échange sanglant spontané, conquêtes après conquêtes, mais qui peut tout à la fois se poursuivre dans l’ombre et la tranquillité des assassinats, l’espionnage ou la politique. Pour vaincre ses adversaires, il est alors possible de les anéantir complètement, par la force armée, ou bien par des d’intrigues d’espionnage. Un tableau de points, menant à l’Hégémonie, permet aussi de remporter Arrakis ; celui-ci se complète par le nombre de régions contrôlées, l’influence politique, les batailles gagnées, etc. Enfin, il est aussi possible de mener une victoire politique, en étant soutenu Gouverneur de Dune par le Landsraad.

L’univers de Frank Herbert est en effet célèbre pour l’omniprésence d’intrigues politiques. La galaxie est découpée en plusieurs gouvernements fédéraux (maisons mineures et grandes maisons) dominés par le Padisha. Une assemblée nommée le Landsraad permet aux maisons de jouer des coudes sur l’échiquier galactique, traitant alors directement avec l’empereur, mais aussi avec des groupes économiques puissants. C’est le cas du CHOM (Combinat des Honnêtes Ober Marchands), qui régule le marché interplanétaire dans l’empire, et de la Guilde Spatiale qui détient le monopole des transports spatiaux. Ces deux entités souffrent, pour leurs affaires, d’une grande dépendance à l’épice, donnant alors sens à l’adage : “Celui qui contrôle l’épice contrôle l’univers.”

Ces éléments de Dune sont présents dans Dune : Spice Wars, minimisés certainement pour une plus grande accessibilité. Le Landsraad se présente ainsi régulièrement pour inviter chaque groupe à voter des lois (taxe sur l’eau, imposition sur l’armement, divers bonus/malus pour telle maison, etc.) ou élire des postes qui octroient certains avantages (Président du Conseil, Syndicat des marchands d’eau, etc.). Quant au CHOM, il maintient une tension permanente dans le jeu en réclamant chaque mois la récolte de l’épice. On pressent que cet élément a été mis en place afin d’engager les conquêtes sur les territoires contenant le précieux mélange. La demande devient par ailleurs de plus en plus importante.

Le Landsraad dans Dune : Spice Wars

Le Landsraad dans Dune : Spice Wars

 

Une adaptation simplifiée de Dune

Décor d’épices

La réclamation toujours plus exponentielle de l’épice par le CHOM n’a d’autre objet qu’alimenter la machine de guerre. Ceci développe inéluctablement les tensions entre voisins. Elle intervient aussi comme un fabuleux métronome, qui bat le rythme d’une partie, mais qui monte en pression au fur et à mesure que celle-ci s’éternise. De fait, la substance gériatrique est un élément du décor, qui enveloppe certaines implications sans pour autant intervenir directement. Il y a bien le Landsraad. Il exprime son mécontentement si une maison manque son dû, bloquant pour celle-ci quelques options politiques. Néanmoins, c’est une conséquence bien peu sévère. C’est pourquoi, le jeu permet tout à fait de mener sa campagne sans répondre aux réclames d’épices.

On est ainsi en droit de se demander si la fameuse guerre de l’épice est d’une quelconque importance. Bien évidemment, sans l’épice, l’économie d’une maison ne profitera pas du même rayonnement. Mais, on aurait apprécié que son usage soit plus conséquent. Pourquoi ne pas l’utiliser afin d’acquérir une vision presciente par exemple ? Ou bien empoisonner l’ennemi par une trop forte dose dans l’air ?

De la même façon, la Guilde Spatiale est présente, mais n’a absolument aucun impact sur le déroulé du conflit. Elle pourrait, en tant que gestionnaire exclusif des transports, permettre l’acheminement de troupes (ou les bloquer) en provenance de Caladan (pour les Atréïdes) ou de Giedi Prime (pour les Harkonnen) en échange d’une somme colossale ou de faveurs. Enfin, à part les votes de lois au Landsraad, rien ne permet de dire qu’il s’agit d’un univers éminemment politique. Dune : Spice Wars rate à ce sujet l’occasion d’inclure des choix gouvernementaux, ou des décisions qui pourraient influer notre réputation sur les peuples d’Arrakis et de l’imperium.

Territoires des quatres maisons dans Dune : Spice Wars

Territoires des quatres maisons dans Dune : Spice Wars

Un canevas à trous

Il est très malheureux en outre de constater d’autres manques, sur des éléments pourtant légendaires. Le passage des vers n’est ainsi pas modélisé ; c’est seulement lorsqu’une moissonneuse d’épice ou des troupes se font avaler qu’on a la chance d’apercevoir sa gueule béante. Les Fremen ont, eux, la capacité de monter les vers afin de se déplacer. Mais, force est de constater que, la modélisation de cet élément est d’une qualité suprenamment relative. On se souviendra des éclairs effrayants qui annonçaient leur venue dans Dune 2000 et qui suggéraient alors qu’Arrakis leur appartenait.

Les tempêtes de sable ou les vers des sables sont, à ce sujet, de petits événements mineurs. Comme, une météo capricieuse ou un éboulement banal, qui déterminent pourtant la destinée de certaines maisons dans l’univers originel. Les plus gros cataclysmes, mythiques, sont traduits en épreuves assez facilement surmontables. Une capacité de l’espionnage, à ce titre, permet de développer l’arme atomique, absolument redoutée et prohibée dans l’univers de Dune. Son usage dans le jeu ne fait néanmoins que des dégâts mineurs. Ainsi, il met le village ciblé aux arrêts pendant une courte période. Toute la dialectique technologique est plus ou moins passée sous silence par ailleurs. Elle fait fi par exemple des boucliers et des lasers, pourtant mythiques. En effet, ces derniers peuventt constituer un élément de stratégie (le tir laser ayant la particularité d’exploser en mini-atomique au contact d’un bouclier).

Pour finir cette longue liste d’absences, on se demande à quoi bon porter un distille puisque les Fremen souffrent des mêmes problèmes dans le désert que les autres factions. Et enfin, il faut noter la très remarquée absence du Bene Gessert ou du Bene Tleilax. Ils sont pourtant deux puissances spirituelles à l’influence considérable, et dont les décisions touchent jusqu’à l’Empereur.

Explosion d'une atomique sur un QG ennemi

L’atomique ne retire qu’1/4 du de la santé d’un QG

Dune, une plage de sables comme une autre

D’une manière plus générale, Dune : Spice Wars soumet un univers herbertien qui semble être amputé de ses particularités les plus pittoresques. Tout porte à croire qu’Arrakis et son fonctionnement dans l’imperium pourrait se substituer à n’importe quel autre univers de science-fiction, avec l’épice comme monnaie, le landsraad comme parlement politique et le reste comme une reproduction des mécaniques à la Civilization.

C’est encore le cas lors des échanges diplomatiques avec les autres maisons qui n’ont malheureusement aucune subsistance sérieuse. Il s’agit de petits échanges commerciaux, ou bien d’interventions agaçantes. Ces derniers viennent simplement commenter une action ou décrire une situation. C’est un appauvrissement presque ridicule de la grande richesse que sous-tend cette forme de guerre fédérale. Il aurait été plutôt naturel d’amener quelques négociations avec les sietchs, afin d’obtenir leur soutien militaire à la manière du Dune de Cryo. À la place, les sietchs indépendants réclament de l’eau pour acheter leur paix, alors que leurs attaques, très aléatoires, ne sont jamais redoutables ; ils sont ainsi relégués à la figure des pirates ou des terroristes qui parasitent faiblement les débuts de partie.

De ce point de vue, Dune agit en tant que fantastique canevas, servant de tapisserie pour un récit, on ne peut plus classique dans la grande famille des 4X. Il est à voir comme un revêtement élégant, autrement dit un vernis sur un gameplay qui est aisément reconnaissable. C’est à la fois un problème et une solution pour les développeurs de Shiro Games. Bien évidemment, c’est une occasion manquée à plus d’un titre pour tous les amateurs de l’univers de Frank Herbert. Mais c’est aussi un moyen efficace d’introduire un gameplay rodé, habituel, sous une couverture nouvelle.

Dialogue dans Dune de Cryo Interactive

Dialogue dans Dune de Cryo Interactive

La belle dune !

Le vaste territoire d’Arrakis est malgré tout une merveille de contemplation. Il frappe, dès la première partie, pour ses textures fines et précises, suggérant une certaine aridité par son grain. Le travail sur la colorimétrie établit un nuancier formidable de la sécheresse, pour un environnement à la fois brutal et merveilleux. Au sujet des personnages et des unités, une tendance graphique s’est tournée vers une atmosphère plus cartoonesque. Ce choix étonne, privilégiant des textures humaines lisses plutôt que des traits durs. Mais, il ne manque pas non plus totalement son but.

La beauté fluide de la planète semble compenser ainsi la complexité du gameplay. C’est un apparat tout à fait séduisant, parfois très juste et réaliste. Ce dernier rappelle ce qu’il y a de poétique dans le désert. Il permet d’assoir une certaine tranquillité avant la brutalité des tempêtes. On sera en effet assez rapidement pris de court dans la gestion des conflits. En effet, les différentes factions n’ont aucun scrupule à harceler leurs voisins.

Dune : Spice Wars, à ce titre, est proche d’une originalité liée à son univers. Ceci sous-entend d’abord de vaincre les événements pour survivre.

Ceux-ci sont assez réguliers et marquent notre existence sur Arrakis, tentant de rappeler la fragilité de nos royaumes. C’est encore le cas avec la pression écologique et climatique qui écrase n’importe quelle unité dans le désert. Même si, les tempêtes de sable ou les vers ne sont pas aussi redoutables qu’on l’aurait espéré, ils font partie des éléments naturels qui dépeignent une Arrakis hostile et agressive. Dune : Spice Wars profite ainsi d’une certaine nouveauté vis-à-vis des autres 4X où la promenade est parfois facile. Shiro Games a réussi à saisir la particularité de cet environnement. Cela lui permet de se distinguer un tant soit peu des autres propositions du genre, même si cela manque d’approfondissement.

Ornithoptère dans Dune : Spice Wars qui dévoile l'épais nuage de poussière

Ornithoptère dans Dune : Spice Wars

Dune : Spice Wars rate la marche mais atterrit dans un beau tas de sable

Pendant une vingtaine d’années, l’univers de Dune a été totalement déserté par la sphère vidéoludique. Les jeux de Cryo Interactive et Westwood Studios ont certes marqué leur époque. Il y a eu notamment des prises de liberté bien accueillies par le public (à l’instar de l’invention de la Maison Ordos). Aujourd’hui, le contexte culturel, initié par Denis Villeneuve, engage à la production de titres nouveaux sur le sujet. Et c’est peut-être tout le problème de Dune : Spice Wars. L’éditeur Funcom a acquis en effet en 2019 les droits d’adaptations auprès de Legendary Pictures pour six ans. Il s’est empressé par la suite d’engager la production de trois jeux.

Cette stratégie commerciale quantitative, profitant de l’élan de Denis Villeneuve, omet peut-être d’offrir aux développeurs le temps nécessaire pour une création originale. Force est de constater aujourd’hui qu’il en ressort un Dune : Spice Wars très en surface de son univers, faisant de celui-ci un prétexte. Toutes les appellations propres au royaume herbertien sont présentes, mais elles sont lavées de toute leur consistance.

Malgré cela, cette critique s’est appuyée à relever ce manque, pour un jeu qui n’a en particularité que son univers. Du reste, Shiro Games parvient tout à fait à exceller dans la mise en pratique du 4X qui épouse savamment les mécaniques du RTS. Rappelons que le projet demeure en accès anticipé, et qu’il verra bientôt apparaître le multijoueur, de quoi raviver l’intérêt autour du jeu. Dune : Spice Wars a tout ce qu’il faut, à ce sujet, pour alimenter des parties stratégiques intenses, mais il est dommage de devoir passer par un usage dérobé de l’objet culturel Dune pour en arriver là.

Vision nocturne du désert dans Dune : Spice Wars

Vision nocturne du désert dans Dune : Spice Wars

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Phebus

J'aime me plonger jusqu'à l'os dans des choses que je ne connais absolument pas, pour rester curieux de tout, toujours le poing levé comme disait une chanteuse de mes folles années de jeunesse. Sinon je fais partie de cette secte, toujours plus réduite, qui croit en la sortie d'un Half-life 3 depuis vingt ans. J'ai cependant d'autres religions comme Dear Esther, Denis Villeneuve, Alien, les chats, le Japon ou la cuisine. Touche-à-tout en jeux vidéo, j'ai tout de même mes limites quand il s'agit de taper dans le ballon rond ou m'infliger du golf ô combien dynamique. Entre toutes ces choses, j'aime malgré tout un peu d'instinct primaire, en me défoulant sur un FPS en ligne, ça finit toujours une journée en beauté. J'aime à penser que j'aurai pu faire une carrière inimaginable dans l'Esport et devenir celui qui connaît le jeu vidéo mieux que tout le monde (pathétique fierté humaine).

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