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Paradise Killer Maison de Lady Love dies

Paradise Killer – Le paradis à portée de joystick

Paradise Killer, petit joyau poli par les soins de Kaizen Game Works, est sorti le 4 septembre 2020 sur PC, Mac et Switch. Aventure aux attraits de visual novel, le jeu est cependant disponible seulement en anglais pour l’instant, mais ne requiert pas un haut niveau de maîtrise. C’est le tout premier jeu du studio, né en 2018, qui regroupe Phil Crabtree et Oli Clarke-Smith.

 

Liste des suspects : Clarke-Smith et Chabtree

Les deux joaillers n’en sont cependant pas à leur première expérience. Oli Clarke-Smith a réalisé ses faits d’armes sur Until Dawn et Harry Potter et les reliques de la mort en tant que game designer. Quant à Cartbree, il règne sur la programmation, avec des conquêtes comme Drop Dead ou Flick Golf.

Avec Paradise Killer, Kaizen Game Works fait le choix de la nouveauté, essayant d’aller au-delà des habituelles plates-bandes pour proposer la marguerite qui parfumera encore longtemps l’histoire du jeu vidéo.

 

En quête du crime

Le mystère est épais dès l’introduction du jeu. Ce mystère aura tendance même à se transformer en véritable brouillard dans les premières heures, tant l’univers et l’intrigue sont en dehors de nos habitudes.

On apprend ainsi que l’on incarne Lady Love Dies, né en l’an 1000 sous le signe de Kiss me to The Moon. Cette dernière subit l’exil depuis près de 3 004 769 jours, enfermée dans un palace survolant les cieux. Un jugement qui a été rendu il y a 8000 ans et qui a fermé le service dont elle était en charge : Psycho Unit.

Mais en plus de ces appellations pour le moins étranges, quelque chose ne va pas au sortir du lit ce matin. Paradis 24, ce monde étrange, aurait déjà dû disparaître pour laisser place à Perfect 25. La transition était prévue hier soir.

Paradise Killer Arrivée dans l'île

 

Un intrus s’est d’ailleurs immiscé dans notre chambre, un petit diable bleuté qui prend plaisir à nous lancer des doigts d’honneur. Il nous explique très vite qu’il faut que l’on s’empare de notre compagnon d’investigation Starlight, un ordinateur portable. Une fois celui-ci rebooté, c’est le Juge qui nous interpelle, nous informant qu’un meurtre a été commis ici-bas. Le Conseil du Syndicat a été tué ! Et pour couronner le tout, c’est à nous que revient la tâche d’enquêter et de plonger corps et âme dans Paradis 24, un saut ni plus ni moins de 3 km. ça fait beaucoup au réveil non ?

 

Une complexité faussement infernale

Il ne faut pas s’inquiéter d’être un peu perdu dans cet univers. Il est ô combien atypique, sa forme open world n’arrange rien et une grande quantité d’informations sont à digérer dès les premières minutes. L’écriture peut paraître assez hermétique en effet, mais elle est, pour qui sait attendre, assez habile pour que par la suite on soit aussi à l’aise sur cette île qu’un ange au paradis.

L’histoire saura nous imprégner doucement, sans jamais nous infliger le choc d’un tutoriel artificiel ou d’un rappel abrupt des mécaniques du jeu. Elle se construit dialogue après artefact, sans jamais s’imposer comme un bloc scénaristique indigeste. Ce sont en fin de compte de petits riens, des détails, et des promenades innocentes, qui nous feront habiter pleinement Paradise Killer.

PK Starlight

Starlight est un véritable allié technique dans cette enquête

 

Une fois les premières formalités détaillées auprès dudit Juge, on se retrouve totalement libre de nos mouvements. Paradise Killer offre l’occasion de s’emparer de l’île à notre façon au bout d’une dizaine de minutes seulement. Comme un passage obligé, le Juge n’intervient que pour introduire l’affaire, à la façon d’un prélude d’un livre d’Agatha Christie.

On pressent donc dans cette introduction au Juge un format obligé, qui ne convient peut-être pas à l’expérience très émancipée qu’on propose. Car pour le reste, c’est la grande liberté de l’expérience qui fait la valeur première de la création de Kaizen Game Works. Cela ne gâche pas pour autant l’invitation du Juge qui s’ensuit : “Paradise Island est vôtre !”

 

25 nuances de Paradise Killer

Ces fameuses îles paradisiaques ont un fonctionnement bien à elles. Elles sont un microcosme social fort et ne comptent qu’un demi-millier de personnes environ. Pourtant, sur ces 500 personnes, en jeu on ne se retrouve qu’avec dix protagonistes et pas nécessairement les plus agréables.

Des fondations divinement bien structurées

Paradise Killer Temple aux sacrificesComme dit plus haut, Perfect 25 est prête à accueillir les habitants de Paradis 24. Perfect 25 est une version supérieure de l’île actuelle et d’autres versions, qui seront évoquées au cours du jeu, ont existé.

Le Syndicat règne sur ces Paradis et les Citoyens ont à charge la manutention et la vénération des dieux. Ils travaillent dans de petites usines qui fournissent confort et luxe au Syndicat.

Ajoutons à cela qu’au-dessus du Syndicat se trouvent les susnommés dieux et nous avons une hiérarchie sociale parfaitement verticale. Pour illustrer cette situation politique, écartés de l’île, se sont élevées des pyramides, censées accueillir les personnages divins. Elles sont à l’horizon, les pieds dans l’eau, mais une seule est réellement habitée, par sa divinité Crying Grudge.

Une dichotomie paradisiaque

Le Syndicat est immortel, tandis que les Citoyens sont mortels. L’existence de ces derniers s’apparente fortement à de l’esclavage. Pour dessiner un tableau plus cruel encore, les Citoyens sont tous massacrés à chaque destruction de Paradis, dans un grand temple pastel qui sert de sacrifices aux dieux. Pour légitimer cette situation, une histoire d’énergie cosmique et de cycle éternel nous est racontée. Un format on ne peut plus classique pour donner du sens au sang versé.

Dans un monde aussi politique que Paradis 24, les mécaniques religieuses sont aussi présentes que les lois arbitraires. Cette élite hyper privilégiée séjourne au sommet d’une montagne, à l’image de l’Olympe, et interfère dans la vie des mortels comme on joue avec des poupées. Cela n’est pas sans rappeler L’Odyssée ou L’Iliade où les dieux fomentent, séduisent, détruisent pour le plaisir et par fierté.

Une liberté d’enquête

PK persosLe poisson est cependant trop gros pour être pêché. Le jeu n’indique pas une bonne ou une mauvaise solution, il est assez subtil pour indiquer qu’il s’agit là d’une victime du système. Mais après tout, encore ici, la liberté est offerte de manier l’enquête comme on l’entend.

Et pourquoi pas défendre les intérêts de tous les membres du Syndicat, dont on fait nous-mêmes partie ?

 

Un crime au Paradis 24

L’origine du méfait

Concernant l’affaire, il s’agit du meurtre de masse du haut conseil, atrocement perpétué lors d’une réunion de méditation. Leader Montserrat, entre autres, baigne dans une mare de sang. Par ici un couteau, par là deux gardes assassinés, des pétales qui jonchent le sol. Tout cela compose le tableau du crime. Starlight est une aide précieuse à l’identification de ces éléments, comme un carnet façon  Obra Dinn ou L.A. Noire.

Pour résoudre le mystère, il faut se faire tantôt psychanalyste, tantôt détective pour recueillir les témoignages et affres des suspects. Sur la liste, une dizaine de personnes s’offrent à nos analyses, et il sera important de croiser les informations. C’est ainsi qu’un alibi, une heure de passage, une confidence sauront être confirmés, nuancés ou brisés.

 

 

PK Leader Montserrat

Leader Montserrat

 

Au gré des preuves

Durant nos balades, il faudra aussi garder l’œil, ou l’oreille, bien ouvert. Une bibliothèque entière d’objets en tout genre semble en effet avoir été éparpillée sur l’île. Ils aideront à percer le mystère ou enrichir notre connaissance et compréhension de l’univers Paradise Killer.

Un paiement peut être effectué à certaines bornes pour enrichir notre collection, sous la forme de cristaux de sangs. Ces cristaux sont dissimulés sur l’île et sont assez nombreux pour qu’on en déniche un tous les dix mètres. Ces objets et ces cristaux de sangs sont comme des glitchs dans cette simulation paradisiaque et prennent la forme d’amas de pixels détériorés, dégageant un bruit blanc informe. Ce qu’ils offrent va de l’objet le plus futile au plus utile, de la canette de soda à l’arme du crime, du texte divin à la petite chanson qui agrémentera notre playlist.

Vers les dernières heures du jeu, on peut cependant regretter d’avoir autant d’artefacts à collecter, sans la garantie qu’ils offriront une aide à notre enquête. On peut alors se sentir dépassé, et renoncer à compléter un catalogue de joyeusetés inutiles.

 

Vaporwaves et crustacés

Paradie Killer Crystal de sang

Cette collectionnite sert cependant à enrichir un esthétisme brillant. Les objets composent le monde pour mieux en dégager sa substance. Ce paradis est en effet imprégné d’une sauce vaporwave, qui recouvre tout bâtiment, mausolée, reflet, texture. Il est un voile sur tout ce qu’on touche ou regarde. C’est un bonheur pour notre pupille et fait la sensation d’un cocktail graphique.

C’est peut-être le plus grand effet créé par Paradise Killer qui lui permettra de rester gravé dans notre mémoire longtemps après avoir lâché la manette. Oli Clarke Smith revendique un fait main, une mise en scène créée au petit soin du développeur. De cette façon, il rejette une génération procédurale, qui aurait pu convenir pour l’open-world qu’il nous propose. Il sublime ainsi davantage le signifiant du décor, en même temps qu’il construit un signifié lourd de propos.

Dans notre expérience, on se rend rapidement compte que l’enquête est du même goût : les témoignages sont ampoulés, magnifiques, baignent dans une euphorie joyeuse. Ils concernent pourtant un meurtre de masse, au déroulement barbare. Cette surface aura alors tendance à s’effriter à nos yeux. De même que pour le décor, qu’on dépossédera inévitablement de sa saveur.

Au final, cet univers qui flatte notre œil nous invite à y regarder à deux fois : les apparences peuvent être trompeuses. Et comme le dit si bien Lady Love Dies, La vérité et les faits ne sont pas les mêmes.”

 

L’utile et l’agréable

C’est un enchantement réel de découvrir Paradis 24. L’enquête, même si elle bien menée, laisse la place à une découverte très personnelle du jeu. On prend en effet plus de plaisir à balayer l’île de notre regard que d’élucider un mystère complexe. D’autant plus quand on sait que ce mystère peut être manipulé à notre guise. L’enquête devient une quête de notre vérité, celle que l’on veut raconter.

Si l’on souhaite être pleinement honnête et sortir de cette affaire avec notre intégrité, il faudra compter une vingtaine d’heures pour rassembler toutes les preuves, témoignages et découvertes. L’usage de la manette est étrangement encouragé par les développeurs, ce qui alourdit pourtant le pas et les interactions. L’immersion sera bien plus importante, à mon sens, avec la liberté et le dynamisme d’un ZQSD et d’une souris.

Paradise Killer est un cocktail à siroter, autant qu’un puzzle à assembler. Ses saveurs sont tellement riches, qu’on agrémentera alors nos promenades d’influences japonaises, occidentales, antiques et pop. Pour finir, je vous laisse apprécier une citation de Suda 51, qui a compté énormément dans la création de Paradise Killer pour Oli Clarke-Smith :

Dans No More Heroes, vous vous asseyez sur les toilettes pour sauvegarder le jeu – Je pense que créer un jeu pour moi c’est un peu comme ça. Quand vous coulez un bronze, tout ce que vous avez consommé est mixé ensemble, il y a toutes sortes de choses là-dedans – et c’est le même genre d’idée, je pense.

Paradise Killer île lointaine

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Phebus

J'aime me plonger jusqu'à l'os dans des choses que je ne connais absolument pas, pour rester curieux de tout, toujours le poing levé comme disait une chanteuse de mes folles années de jeunesse. Sinon je fais partie de cette secte, toujours plus réduite, qui croit en la sortie d'un Half-life 3 depuis vingt ans. J'ai cependant d'autres religions comme Dear Esther, Denis Villeneuve, Alien, les chats, le Japon ou la cuisine. Touche-à-tout en jeux vidéo, j'ai tout de même mes limites quand il s'agit de taper dans le ballon rond ou m'infliger du golf ô combien dynamique. Entre toutes ces choses, j'aime malgré tout un peu d'instinct primaire, en me défoulant sur un FPS en ligne, ça finit toujours une journée en beauté. J'aime à penser que j'aurai pu faire une carrière inimaginable dans l'Esport et devenir celui qui connaît le jeu vidéo mieux que tout le monde (pathétique fierté humaine).

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