Chloé Ravallec

Derrière l’écran : Chloé Ravallec, Game Art Teacher et Environment Artist “Raconter des histoires via autre chose que le texte”

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Chloé Ravallec a accepté de répondre à nos questions pour nous faire découvrir le métier d’environment artist.

Peux-tu te présenter ainsi que ton parcours ?

Je suis Chloé Ravallec, Environment Artist freelance de 30 ans. J’ai fait une prépa aux concours des Beaux Arts avant de partir en Master à Supinfogame RUBIKA à Valenciennes. En sortant, j’ai travaillé pour plusieurs boîtes dont la dernière a été Ubisoft Bordeaux en 2018. Depuis, j’ai décidé de devenir ma propre patronne, ce qui me permet de jongler avec mon autre métier de formatrice dans des écoles de Game Art.

 

En quoi consiste le métier d’environment artist ?

Concrètement, il s’agit de créer les décors dans les jeux vidéo. Ça va aller de la montagne dans le fond, à l’arbre, au mur de la maison en passant par la chaise dans la cuisine ou le kit de soin dont le joueur a absolument besoin.

Pour ça, on va passer par plusieurs phases : on va commencer par sculpter l’objet numériquement pour lui donner forme. Ensuite, on va le peindre, lui donner ses couleurs et ses matières. On va peut-être l’animer s’il en a besoin (comme un moulin par exemple). Enfin, on l’intègre dans le moteur de jeu pour le placer dans son décor final.

Chloé Ravallec, quelle est la partie la plus importante de ton travail ?

Je dirais qu’il y en a deux : la communication et l’adaptation aux contraintes du jeu vidéo.

La communication, car un jeu vidéo se fait rarement tout seul et en tant qu’environment artist, je travaille souvent en binôme avec un Level Designer. Le Level Designer est celui qui va réfléchir aux différents niveaux du jeu, pour que le joueur ait une super expérience. C’est un peu comme l’architecte. Moi j’arrive ensuite avec des solutions concrètes et visuelles pour ses idées : “Ah ! Cet obstacle pourrait être une table de banquet”. C’est une partie importante du travail, car pour que l’expérience du joueur soit la plus optimale, il faut faire attention à plein de données comme les dimensions des objets, les couleurs et les formes utilisées, ou encore la position des lumières dans le niveau.

L’adaptation aux contraintes du jeu vidéo, puisque les moteurs de jeu, même s’ils sont de plus en plus puissants, ont plein de particularités qu’il faut prendre en compte quand on crée une simple chaise. Par exemple, dans un jeu vidéo, si vous n’avez pas donné à un objet une collision, le joueur pourra passer au travers comme s’il était un fantôme. Ce sont comme des petits murs invisibles qui vont se placer par-dessus la chaise et qui va permettre au moteur de comprendre que cette chaise est tangible. Bref, plein de détails techniques qui peuvent beaucoup changer la donne !

Chloé Ravallec, comment travailles-tu ?

Depuis que je suis indépendante, je travaille surtout de chez moi sur mon pc fixe. Il est assez puissant pour faire tourner tous mes logiciels en même temps et je l’en remercie, car être environment artist demande d’utiliser de nombreux logiciels différents comme 3DsMax, Substance Painter et Designer, Unreal Engine 5, ou même photoshop pour les tâches plus basiques. Du coup j’ai aussi une tablette graphique.

Mais travailler de chez moi ne m’empêche pas de travailler à “plusieurs”. Même si je n’ai plus souvent directement affaire qu’à mon binôme level designer, j’ai toujours un interlocuteur des boîtes qui m’embauche, à qui poser des questions pour accomplir mon travail au plus près de leurs attentes.

 

Comment devient-on environment artist et quelles sont les compétences requises ?

On peut passer par une école, une formation ou s’autoformer. L’important est d’avoir un portfolio montrant ses compétences. Même si c’est vrai qu’aujourd’hui, vu l’abondance d’écoles disponibles, beaucoup d’entreprises ont de plus en plus tendance à regarder les diplômes avant de faire confiance à un débutant.

Quant aux qualités, je dirais qu’il faut être patient et persévérant, car de nombreuses tâches sont répétitives. Ensuite, comme dans beaucoup de métiers créatifs, il faut avoir un œil pour la composition et être curieux. Mais toutes ces qualités se travaillent !

Qu’est-ce qui t’a donné envie d’exercer ce métier ?

Raconter des histoires via autre chose que le texte. Laisser entrevoir les bribes d’un monde plus grand que ce que le joueur a sous les yeux. Mais aussi travailler à plusieurs pour créer quelque chose de concret et magique à la fois.

 

Peux-tu nous dire quels sont tes trois jeux vidéo préférés ? Et pourquoi ?

Je vais dire :

  • Les SIMS, qui m’ont fait découvrir l’envie de créer des décors pendant mon enfance.
  • Beyond Good and Evil que j’ai finis 14 fois et qui m’a fait découvrir un monde plein de poésie, d’enjeux politiques et d’émotions.
  • Minecraft qui a fait exploser mes possibilités de création quand il est apparu dans mon univers !

 

À quel jeu joues-tu en ce moment ?

En ce moment j’ai attaqué Vampire The Masquerade – Swansong, pour lequel j’ai justement participé en tant qu’environment artist. Je le découvre enfin terminé et c’est une vraie fierté !

Artwork Vampire

Vampire: The Masquerade – Swansong

Quelle est la suite pour toi ?

Je me passionne de plus en plus pour l’enseignement et j’aimerais développer cet aspect de mon travail.

 

Un petit mot pour la fin ?

N’ayez pas peur de suivre un chemin, car les carrefours seront multiples, et le chemin parcouru, une force !

 

Un grand merci à Chloé Ravallec pour cette interview très instructive sur un métier moins connu de l’univers des jeux vidéos et pourtant ô combien nécessaire !

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Shaelle

Gameuse, auteure, lectrice et sérievore, mes journées ne sont pas assez longues pour satisfaire toutes mes passions surtout qu’il faut aussi y caler mon temps de travail. Je joue essentiellement sur PS4 et Switch. Je suis une grande fan de The witcher, Zelda et Horizon, car j’aime être transportée dans l’histoire et époustouflée par l’univers. Je râle beaucoup en jouant mais ça fait partie du jeu, non ?

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