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Persona 5: Royal – Une autre histoire du temps

Persona 5: Royal RPG

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Un an a passé depuis la sortie de Persona 5 Royal sur PS4. Un an, c’est aussi à peu près le temps qui s’écoule entre l’arrivée de Joker au lycée Shujin et le dénouement des aventures des Voleurs Fantômes. Le temps, un élément crucial du game design et de la narration de Persona. Alors, accordons-lui un peu de temps.

Cet article contient des spoilers sur l’histoire de Persona 5 Royal.

 

Le fil du temps

Quand on parle de Persona, on pense RPG, démons, cartes de tarot et à la force des liens qui unissent les êtres humains. Pour moi, Persona est avant tout une histoire de temps. Depuis le troisième épisode, les Persona sont des RPG où vous devez jongler entre votre vie quotidienne de lycéen et vos combats contre les ombres, vos amitiés et vos loisirs. Les jours filent et il faudra faire des choix. Que faire de votre matinée? votre après midi? votre soirée?

Chaque jour, vous devez gérer au mieux votre temps avec, dans un coin de votre tête, toujours une date butoir, comme une menace fatale et inéluctable. Ces échéances calendaires ponctuent aussi bien votre progression que la narration du jeu. Cette prépondérance du temps est ce qui fait des Persona des jeux de rôle à la structure unique.

 

Un voyage temporel

Dans la plupart des RPG, vous allez découvrir de nouvelles contrées, partir à l’autre bout du monde dans un voyage initiatique. À l’inverse, les Persona jouent sur une unité de lieu et racontent une histoire de temps.

Dans Persona 5 Royal, en dehors de quelques jours passés à Hawaï à l’occasion d’un voyage scolaire, toute votre aventure se déroule à Tokyo, voire dans une partie relativement réduite de la capitale nippone. Le périple de votre héros consiste simplement à terminer sa période de probation dans le lycée où il a été envoyé après décision de justice.

Persona 5 - classe

 

Chaque jour, vous partez simplement à la découverte de votre nouvel environnement, de vos camarades mais aussi de vos futurs adversaires. Le temps passé avec eux vous ouvrira les portes de leurs palais. C’est un autre voyage, à petits pas, dans les tréfonds de votre inconscient et de celui des autres. Une abnégation quotidienne pour explorer un donjon aussi étendu que familier.

Cette proposition trouve sa plus parfaite démonstration dans le Tartarus de Persona 3 ou encore dans le Memento du cinquième opus. Le premier est une véritable ziggourat dont le sommet semble inaccessible, le second un métro psychique dont les profondeurs paraissent s’étendre jusqu’aux entrailles dans la terre. Les deux endroits sont proches de nous, ils demeurent à nos côtés mais leur forme ne cesse de changer. Ce n’est qu’au fil des saisons que ces endroits vous révéleront tous leurs secrets ainsi que leur rôle véritable. À cet égard, l’entrée de Tartarus est d’ailleurs symbolisée par une immense horloge.

Persona 5 - Persona 3 Tartarus

 

Une narration à contretemps

Le temps fait office à la fois d’adversaire, sans cesse à votre poursuite, mais aussi d’allié pour construire votre histoire, vos relations, votre aventure. D’un point de vue narratif, la structure temporelle de l’œuvre se démarque également face à la concurrence.

La plupart du temps, les relations entre les personnages dans les RPG évoluent très rapidement. La nature épique et/ou tragique des évènements que vous traversez sert de catalyseur aux liens qui unissent vos personnages. Dans Final Fantasy XIII, Tales of Berseria ou encore Ys IX Monstrum Nox, c’est une malédiction qui va, par exemple, unir votre groupe d’aventuriers. Une autre facilité d’écriture consiste également à placer un ou plusieurs amis d’enfance du héros dans votre équipe (Tifa dans Final Fantasy VII, Sue dans Grandia ou bien Lucca dans Chrono Trigger). Ainsi, un laps de temps s’est déjà écoulé pendant lequel plusieurs protagonistes ont déjà créé un lien, ce qui permet à l’histoire de démarrer plus rapidement.

L’écume des jours

Dans Persona tout est à construire, une journée après l’autre. Votre héros arrive dans un environnement inconnu. Il arrive qu’un ou deux personnages se connaissent mais leur relation est souvent naissante. En les côtoyant chaque jour, vous apprendrez petit à petit à les connaître. Même si votre aventure vous réserve des moments exceptionnels, ce sont bien souvent les petits instants, a priori insignifiants, qui vont permettre de vous apprivoiser et de vous rapprocher.

Dans Persona 5 Royal, la meilleure illustration de cette progression réside peut-être dans le personnage de Sojiro. Au début du jeu, il vous accueille dans son café un peu malgré lui. Sojiro se méfie de vous, vous considère comme un voyou et ne fait aucun effort pour vous rendre la vie plus facile. Pire, il guette la moindre erreur de votre part pour pouvoir vous mettre dehors à la moindre entourloupe.

Au fil des jours, Sojiro s’attache à vous, vous apprend à faire du curry, vous délivre tout son savoir sur le café. Le propriétaire du Leblanc s’ouvre sur son passé meurtri par le décès de Wakaba et sa relation conflictuelle avec Futaba. Quand l’aventure s’achève, et si vous avez su accorder à Sojiro suffisamment de temps et d’attention, vous devenez presque à ses yeux le fils qu’il n’a jamais eu. Cela peut paraître surprenant mais cette progression fonctionne car la temporalité du jeu imprime son rythme sur le joueur tout en lui laissant de l’espace.

Persona 5 - Leblanc

 

Faire que chaque instant compte

Peu importe ce que vous décidez de faire de vos soirées, celles-ci commencent toujours par votre retour au Café Leblanc et un mot de Sojiro. Si vous faites du café le soir, il vient donner son avis sur votre mixture. En période d’examens, il est attentif à vos résultats. Certains jours, il fait appel à vos services pour une corvée de vaisselle. Les jours de canicule, Sojiro se plaint de la chaleur, s’il y a un typhon, il vous déconseille de sortir.

Tous ces petits moments auraient difficilement leur place dans un récit traditionnel, mais prennent tout leur sens dans l’histoire quotidienne de Persona 5. Jour après jour, saison après saison, sans vous en rendre compte, vous vous rapprocherez de Sojiro, tout comme votre personnage.

Le temps comme condition du réel

La conclusion de Persona 5 Royal vient souligner une fois de plus l’importance du temps dans l’œuvre de Katsura Hoshino et de son équipe. L’un des principaux ajouts de cette version Royal est son trimestre supplémentaire, qu’il est d’ailleurs possible de manquer si vous ne réunissez pas les bonnes conditions.

Dans ce trimestre, le docteur Maruki a façonné une nouvelle réalité où les problèmes de chacun n’existent plus. Conscients de ce changement, les voleurs fantômes se battent pour retrouver leur réalité et reprendre leur identité et leur vie, dont leurs troubles et leurs angoisses font intimement partie.

Ce qui définit la vie de nos héros, ce sont tous les instants vécus, quels qu’ils soient, même si cela signifie parfois devoir dire adieu à un proche ou assumer ses erreurs. Le temps est ce qui les lie et ce qui les construit.

 

Persona 5 est à l’épreuve de notre temps

Quand j’ai terminé Persona 4 à sa sortie, j’avais 23 ans et j’étais dans mon ultime année d’études universitaires. Je ne m’en rendais pas forcément compte mais c’était la dernière fois que je vivais une année scolaire, avec sa rentrée, ses partiels, ses vacances et sa validation. Même si je n’étais plus un lycéen, il y avait alors un véritable effet miroir entre la temporalité de Persona et celle de ma propre existence.

Plus de dix ans ont passé et ma vie étudiante me paraît bien lointaine. En vieillissant, les années n’ont plus le même rythme et les changements que nous vivons n’ont souvent que peu de choses à voir avec la succession des saisons. Depuis un an, nous évoluons même sur le faux rythme imprimé par la pandémie entre télétravail, confinement, couvre-feu et distanciation sociale. Dans ce contexte, mon année au lycée de Shujin dans Persona 5 Royal m’a encore plus touché.

Persona 5 Cast

 

Une année vécue en 160 heures

Chaque jour renfermait son lot de nouveautés, d’échanges inédits et de rencontres impromptues. Tout a commencé le jour où Sojiro m’a recueilli et s’est achevé par un signe de la main sur le quai de la gare de Shinjuku à bord du Shinkasen.

J’ai noué des relations sincères, j’ai pris le temps de connaître l’autre, de l’aider et de le laisser poser son empreinte dans mon quotidien. Je leur ai dit au revoir en espérant peut-être les revoir un jour. Comme le chante l’artiste Sapphire dans sa reprise en anglais du titre Heaven issu de l’OST de Persona 4“je ne peux chasser de mon esprit tous ces précieux souvenirs”.

Je n’oublierais ni les après-midi à la salle d’arcade avec Shinji, ni les moments d’ivresse gênants d’Ohya, ni les discours de Toranosuke, ni même le parfum de la lessive de Kawakami. Cela n’a duré « que » 160 heures mais pour moi ce fut une année riche en émotions. 365 jours qui vous rappellent que même quand la routine paraît délétère, le temps et son armée de petits instants peuvent vous aider à écrire les plus belles histoires auprès de ceux qui vous entourent. Mécaniquement, narrativement et émotionnellement, Persona 5 Royal est plus que jamais une magnifique histoire du temps.

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Sgtkabukimen

Prêtre gamer du Soleil Levant depuis deux décennies, j’aime manier la gunblade, le megabuster, et le fouet pour faire des passes d’armes avec des Cyborg Ninja Vampire dans les ruines de Neo Tokyo. Je délaisse de temps en temps mon cher Japon pour me livrer aux joies du jeu indépendant et exterminer des hordes d’aliens avec l’unité XCOM.

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