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Jeux vidéo et médiatisation (1/4) : Daily Mirror et Fortnite

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Depuis de nombreuses années, la place des jeux vidéo n’a cessé de croître dans nos vies. Pratiquant de ce loisir ou non, on ne peut ignorer l’importance que revêt le média vidéoludique dans notre société, aussi bien d’un point de vue économique, social et culturel, au même titre que la musique ou l’art cinématographique. Au delà d’une industrie mondiale qui s’est développée, il s’agit pour beaucoup d’individus d’une passion parfois dévorante qui définit une partie de leur personnalité. Mais comme tout phénomène de société majeur il regroupe ses adorateurs et son lot de détracteurs. L’image du jeu vidéo a énormément évolué, cependant, force est de remarquer que les stéréotypes ne s’éteignent jamais vraiment. A travers ce dossier rédigé en quatre parties, nous aborderons l’image du jeu vidéo à travers le prisme des médias et leur manière de traiter et de percevoir ce sujet.

Dans la première partie, comme rien ne vaut une démonstration par l’exemple, nous aborderons le cas d’une publication récente du Daily Mirror qui a secoué la sphère des joueurs passionnés.

 

I/ L’affaire Daily Mirror

Avant toute chose, nous tenons à préciser qu’à travers cet exemple, nous traiterons d’une certaine facette dont le jeu vidéo est traité par une tranche précise de la presse. Le cas qui vous est présenté n’est en aucun cas représentatif des méthodes employées par la presse d’information en général, ni de la manière dont tous les médias choisissent de représenter le jeu vidéo. Néanmoins, l’affaire ayant récemment fait grand bruit auprès de la communauté de joueurs et l’article publié faisant office de caricature de la critique des jeux vidéos, il nous fournira un excellent point de départ dans notre analyse.

 

Un gros titre qui fait polémique

Le Daily mirror est un quotidien Britannique que l’on retrouve dans la catégorie des Tabloïds, ces petits formats de parution qui sont souvent classés dans la même catégorie (parfois à tort) que la presse à scandale. En effet, bien que le quotidien s’en défende, il s’est forgé une réputation de presse “à sensations” par le biais de gros titres juteux et de photos “chocs” pour attirer le chaland peu amateur de lecture.

Le 31 juillet 2018, la une du Daily Mirror en aura fait bondir plus d’un avec un titre des plus racoleur : “Fortnite made me a suicidal drug addict” ou dans la langue de Molière “Fortnite m’a rendu suicidaire et toxicomane”. Rien que ça.

Jeux video et médias

Vous l’aurez compris , il sera question ici du jeu d’Epic Games, Fortnite, extrêmement populaire ces derniers temps et forcément, une cible de choix pour les critiques. Avec cette Une, même si vous n’êtes pas joueur de Fortnite, vous comprenez déjà aisément ce qui pose problème. Le titre ressemble à s’y méprendre à un Troll du Web, un raccourci totalement arbitraire entre un loisir distrayant et une situation extrêmement grave dans le seul but de faire du buzz. Pour autant, ne jugeons pas le contenu trop hâtivement, l’article est peut-être plus posé et réfléchi que son titre.

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Fortnite, ce jeu tueur d’adolescents…

Hélas, le peu d’espoir diminue au fil de la lecture. Le journaliste Matthew Barbour relate l’histoire de Carl un adolescent de 17 ans et de sa descente aux enfers. Le jeune garçon est véritablement mordu de Fortnite, il passe beaucoup de temps à jouer en ligne, quitte à passer des nuits blanches et à sacrifier des pauses-pipi pour ne pas s’arrêter de jouer. Fatigué de ce rythme, au lieu de décider d’arrêter les frais, Carl vole de l’argent à ses parents. Puis encouragé par ses camarades de jeu – des individus fort peu recommandables – il se procure régulièrement des amphétamines pour booster sa concentration. L’adolescent déclare avoir toujours été contre la drogue mais qu’il ne voyait pas d’autres moyens de continuer à pratiquer son jeu favori.

La situation s’envenime au point où, un soir d’avril, totalement désespéré et probablement en pleine crise de manque, le pauvre jeune homme tente de mettre fin à ses jours en voulant se jeter par la fenêtre. Une double page est d’ailleurs consacrée à la description précise de sa tentative de suicide si alléchante, comme quoi, se débarrasser de son éthique morale permet malgré tout de faire un bon travail de journaliste…

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Carl, photographié par le Daily Mirror dans une mise en scène dramatique…

Son père est heureusement parvenu à saisir son fils à bras le corps l’évitant de commettre l’irréparable. Si l’histoire a bien failli finir mal, les parents n’ont cependant pas l’intention de prendre la responsabilité de la sécurité et du bien être de leur enfant. L’article stipule que la famille reproche directement le cours de ces évènements au jeu Fortnite et à ses créateurs, quoi de plus normal n’est-ce pas ?

 

L’enquête de Chris Bratt

Faute d'avoir obtenu l'accord de Chris Bratt, voici une photo de Chris Pratt

Faute d’avoir obtenu l’accord de Chris Bratt, voici une photo de Chris Pratt

L’histoire choisie et la volonté de transformer l’article en échafaud du jeu vidéo sont déjà discutables. Mais ce n’est pas le nœud du problème, on peut critiquer le jeu vidéo, c’est déjà le cas depuis des années. Ce qui a vraiment fait gronder les joueurs sur les réseaux sociaux, ce sont les méthodes de sélection des témoignages qui discréditent totalement ce genre de publications, et l’étude de ce cas va nous le prouver.

En effet, Chris Bratt, vidéaste et ancien journaliste chez Eurogamer a exposé, via son compte Twitter, les méthodes de l’auteur de l’article : Matthew Barbour,  journaliste en freelance. Bratt, copies écran d’e-mails à l’appui avait en effet déjà enquêté sur les procédures que Barbour utilise dans son travail. Le journaliste a en effet pour habitude de procéder par des appels à témoins sur des sujets similaires, bien souvent sur des affaires qui tournent au drame. Là où cela pose problème, c’est que les témoignages fournis et retenus sont rémunérés par le journaliste. Ainsi si votre histoire est suffisamment tragique et qu’elle est retenue pour la rédaction, vous obtiendrez une rétribution de 100 ou 200€.

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Chris a alors tenté l’expérience il y a deux ans de contacter Barbour directement. Ce dernier préparant un article sur Pokemon GO, a émis une offre rémunérée d’appel à témoin demandant à toutes les personnes chez qui le jeu avait eu des conséquences négatives sur leur vie personnelle de le contacter. A noter que la rémunération proposée peut être envoyée directement à une oeuvre de charité, ce qui rend la proposition moins malhonnête.

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Notre ami Chris a choisi d’inventer une histoire cousue de fil blanc racontant ses difficultés conjugales dues à des sessions intensives et répétées de Pokémon Go. D’abord attiré par le potentiel racoleur de son récit, Barbour s’intéresse au cas et demande des détails et rappelle plusieurs fois son “témoin” par téléphone. Finalement, l’histoire fictive n’a pas été retenue faute d’avoir pu recueillir les réactions de son épouse et que le récit ne s’est pas terminé comme une tragédie grecque : pas de séparation, juste des disputes de couples. La dernière réponse du journaliste est révélatrice d’une méthode peu scrupuleuse “[…]si seulement vous aviez rompu, etc…”.

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Cet exemple démontre d’une part un manque clair d’objectivité : l’unique but est de vendre et non d’informer ; et d’autre part, il soulève la question de la véracité des propos retranscrits dans ce papier : les faits ont ils eu lieu ou alors les “témoins” y ont ils vus un moyen facile de se faire un peu d’argent de poche ? Impossible de le savoir dans de telles conditions d’enquête.

Matthew Barbour est, semble t-il, coutumier du fait. Officiant pour d’autres revues (en plus du Daily Mirror) comme Sun, il a par le passé cherché le témoignage d’un expert, prêt à affirmer que les tatouages provoquent le cancer pour aller dans le sens de son dossier de presse. Mais outre l’exemple dénoncé par Chris Bratt, la méthode qui semble bien rodée est déjà utilisée par de nombreux tabloïds à scandales, que ce soit la presse people ou la presse générale. Certaines agences sont mêmes spécialisées dans le domaine et recrutent des personnes à situations insolites pour les vendre au journal le plus offrant.

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Certains sites vous aident à vendre votre histoire aux journaux…

Nous nous éloignons quelque peu du sujet initial. Néanmoins il faut bien comprendre que l’image du jeu vidéo ne peut pas changer avec ce genre de pratiques. Rappelons que le Daily Mirror est le quotidien populaire le plus lu au Royaume-Uni, user de subterfuges pour présenter une tranche de “vérité” aux lecteurs revêt un manque flagrant de responsabilité des auteurs.

 

Un constat seulement négatif ?

Tout l’article n’est cependant pas à jeter, si on fait abstraction de la direction générale voulue par l’auteur. Certains passages font intervenir la psychologue Linda Papadopoulos, qui répond à quelques questions avec bon sens : “les parents doivent être conscients de l’activité de leur enfant et fixer des limites, C’est la même chose que de varier son alimentation: un enfant ne devrait pas faire qu’une seule activité en permanence”. Simple et pertinent.

Il est aussi très important de souligner que la parution “papier” du Daily Mirror est totalement désolidarisée de la rubrique “gaming” du Daily Mirror version web qui, elle, est rédigée par une équipe spécialisée compétente. Le plus étrange étant que le Mirror Online publie régulièrement des articles sur Fortnite de manière tout à fait positive et intègre, c’est assez surprenant de voir qu’au sein d’une même enseigne une publication dénigre indirectement une partie du travail de ses collègues. Un constat qui est cependant symptomatique du traitement paradoxal réservé aux jeux vidéos : Un domaine artistique de plus en plus mis en valeur et d’un autre côté, un sous-média lapidé en place publique.

Pourquoi tant de haine vis à vis de notre loisir favori ? Nous nous pencherons sur ces raisons lors de la seconde partie de notre dossier…

A suivre…

Envie de vous frotter à Fortnite malgré tout ? Le titre est même disponible à l’achat sur switch !

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Pargonis

Tombé dans le jeu vidéo depuis tout petit, j'ai connu Kirby avant qu'il ne devienne rose, une époque ou Sonic ne savait pas encore parler et où les micro-ordinateurs étaient les consoles de jeu du futur. Grand fan de Nintendo à la base, mais joueur acharné sur tous les supports possibles, j'offre ma plume au service de l'art vidéoludique sous toutes ses formes. J'aime analyser, spéculer, rager, écrire tout un tas de choses et partager ma passion à chaque occasion. Parfois ronchon et de mauvaise foi in-game mais souvent grozours à l'écrit.

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